Scientific MOOCs follower. Author of Airpocalypse, a techno-medical thriller (Out Summer 2017)


Welcome to the digital era of biology (and to this modest blog I started in early 2005).

To cure many diseases, like cancer or cystic fibrosis, we will need to target genes (mutations, for ex.), not organs! I am convinced that the future of replacement medicine (organ transplant) is genomics (the science of the human genome). In 10 years we will be replacing (modifying) genes; not organs!


Anticipating the $100 genome era and the P4™ medicine revolution. P4 Medicine (Predictive, Personalized, Preventive, & Participatory): Catalyzing a Revolution from Reactive to Proactive Medicine.


I am an early adopter of scientific MOOCs. I've earned myself four MIT digital diplomas: 7.00x, 7.28x1, 7.28.x2 and 7QBWx. Instructor of 7.00x: Eric Lander PhD.

Upcoming books: Airpocalypse, a medical thriller (action taking place in Beijing) 2017; Jesus CRISPR Superstar, a sci-fi -- French title: La Passion du CRISPR (2018).

I love Genomics. Would you rather donate your data, or... your vital organs? Imagine all the people sharing their data...

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China uses space technology to modify artificial heart (just like French Carmat did)



More than 2 million people need organ transplants in China... (source: BFM Chine Hebdo, 18/05/2013 and Wikipedia).

China uses space technology to modify artificial heart
May 14, 2013
TIANJIN, May 14 (Xinhua) -- "A sheep implanted with a new type of artificial heart developed by Chinese scientists using cutting-edge aerospace technology has lived for 62 days thus far, the heart's developers announced on Monday.
The development of the heart was jointly conducted by scientists from the China Academy of Launch Vehicle Technology and TEDA International Cardiovascular Hospital in north China's Tianjin Municipality.
The sheep, nicknamed 'Tianjiu,' is in sound condition after receiving the blood pump on March 14, said Liu Xiaocheng, president of the hospital."
Source:

Coeur artificiel : les essais cliniques débutent dans 6 mois

Le coeur artificiel Carmat est prêt pour les essais cliniques ...

Paris, France - "Après des résultats encourageants sur l'animal, la première implantation sur l'homme du cœur artificiel complet développé par la société Carmat devrait être effectuée d'ici six mois, à condition d'avoir obtenu les autorisations nécessaires, notamment de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), a annoncé le Pr Alain Carpentier (HEGP, Paris) directeur scientifique de la société, lors d'une intervention [1] aux XXIIIèmes Journées européenne de la Société française de cardiologie (SFC), qui se sont déroulées du 16 au 19 janvier, à Paris.

Des biomatériaux de même nature que ceux utilisés pour les valves

22 juin : journée nationale du Marketing Social du Don d'Organes

Le Don d'organes dans tous ses états ... Une présentation que j'avais faite en octobre 2010, mais toujours d'actualité, et que je dédie à la mémoire de Steve Jobs, l'ancien patron d'Apple, greffé du foie au printemps 2009 et décédé en automne 2011 ...

J'ai bien peur que malgré tout, Steve Jobs ait commenté cet article en disant : "Not good enough..."
http://www.destinationsante.com/Il-etait-un-foie-la-transplantation.html

Pourquoi cette présentation ? J'ai la folle prétention de penser que le futur se prépare non pas demain, mais aujourd'hui ...

Greffes et Transplantations : la Biotechnologie au service de la médecine

Une imprimante 3D capable d'imprimer un rein pas encore transplantable, mais il le sera : voir ... La question n'est pas de savoir si cela se fera, car cela se fera ... La question est de savoir quand ... C'est vous, ingés biotech', qui avez la réponse - en bonne intelligence avec médecins et chirurgiens ...
 
Samedi 16/06/2012 j'ai reçu ce courriel :

"Chaque année, les élèves-ingénieurs en biotechnologie de l’école Polytech Marseille, anciennement ESIL, organisent un forum sur les biotechnologies dans le cadre de leur association Proving Forum à Marseille. Cet événement est destiné à favoriser les rencontres entre étudiants, chercheurs et industriels autour d'un thème lié à l'actualité des biotechnologies. Les 25 et  26 octobre 2012 se tiendra la 13ème édition de ce forum intitulé :

Greffes & Transplantations :
La Biotechnologie au service de la médecine (Programme)

Votre expérience en médiation éthique ainsi que vos publications à l’adresse http://ethictransplantation.blogspot.fr/ ont particulièrement éveillé notre intérêt. C’est pourquoi nous nous permettons de vous solliciter pour une intervention lors de ce forum dans une partie consacrée l’enjeu humain et les problèmes bioéthiques que soulèvent les greffes et dons d’organes. Nous serions très honorés de recueillir vos connaissances sur ce sujet et de pouvoir vous compter parmi nos conférenciers.

Ce Forum s'adresse aux étudiants des campus universitaires de la région, aux laboratoires de recherche, aux interfaces technologiques (conseillers technologiques, centres techniques, cellules de valorisation, incubateurs ...) ainsi qu'aux industriels du secteur des biotechnologies."


Ma réaction : ben c'est sympa à eux de m'inviter ... Je suis scénariste et bosse avec les USA et la GB (où je vais souvent) ... J'aimerais y être à condition qu'il n'y ait pas de conflits d'agenda ... mais je me demande si on va me payer des frais de déplacement sur Marseille juste pour parler d’éthique et de sciences humaines sur le "don" d'organes ? J'en doute fort, car ces sujets n'intéressent pas grand monde en France, d'ordinaire ... Ce n'est pas un sujet grand public, et les professionnels des transplantations n'ont pas intérêt à ce que l'on en parle ... 

Simple bloggeuse (loisirs), j'ai pourtant réussi à intéresser Steve Jobs, l'ex-patron d'Apple, avec de tels sujets ... Comment cela se fait-il ? Il y a eu un chirurgien qui a parlé de micro-turbine à débit continu en remplacement de la transplantation cardiaque ... en 2004 ... Il parlait de "changement de paradigme" ... Il n'avait pas réussi à intéresser les ingénieurs biotechs à l'époque (pour sa présentation de 2004, c'est ici) ... Avec Steve Jobs on a trouvé très intéressant de réfléchir à la question (tiens, il y aura bientôt un an de cela) : pourquoi cette micro-turbine - une alternative opérationnelle à la transplantation cardiaque - n'a-t-elle pas pu s'imposer à l'époque ? Et même encore aujourd'hui ... "Réparer l'homme, c'est bien. L'augmenter, c'est mal" ... Voilà ce que disent les comités bio-conservateurs gaulois : des bio-ringards s’autoproclamant "comité national bioéthique", loin de tout consentement démocratique éclairé, pourtant ... (Sans avoir la moindre parcelle du génie de Steve Jobs, je suis teigneuse comme lui, ce qui expliquerait, peut-être, qu'avec ma "niaque", j'aie pu l'intéresser alors qu'il se trouvait dans un état dépressif du  à la gravité de sa maladie) ... En clair, cela veut dire : industrialiser le don d'organes, c'est bien. Industrialiser des machines ou organes artificiels, c'est mal ... Or l'ère du séquençage du génome, de la convergence entre les nano et les biotechs, l'Internet et les sciences humaines (ce que l'on appelle NBIC), les imprimantes 3D d'objets et de matériau humain ou biologique ... tout cela arrive, et vise à augmenter l'homme ... rendant caduque la profession de foi de nos aimables comités bio conservateurs (ceux à qui je fais la nique au quotidien en écrivant ce blog, sorte de "Canard Enchaîné" du "don" d'organes) ... Avec Steve Jobs on s'est dit que la bio-Inquisition, que ces bio-conservateurs européens et américains "allaient l'avoir dans le cul", car voici (peut-être) venir la profession de foi inverse : "augmenter l'homme c'est bien ; le réparer, c'est mal"

Qu'est-ce que le "don" d'organes ? Faut-il parler de don ou de sacrifice ? Les organes vitaux d'un mort-et-archi-mort peuvent-ils soigner quiconque ? La médecine a le pouvoir de déterminer la mort ... Pour autant, le concept scientifique de "mort encéphalique", mis au point à Harvard en 1968 afin de permettre aux transplantations d'organes de prendre leur essor, est aujourd'hui battu en brèche par ... Harvard ... Pourtant, comment aller dire aux familles que le donneur d'organes n'est pas mort alors qu'on a été affirmer le contraire depuis le début des transplantations ? Les familles des "donneurs" donneraient-elles si elles savaient toutes les réalités du "don" d'organes ? Les chirurgiens transplanteurs parlent du "bloc des esclaves" pour désigner le bloc opératoire où ont lieu les prélèvement d'organes vitaux à partir de patients dont le cerveau est diagnostiqué comme étant dans un état de dommage irréversible ... Et ils parlent du "bloc des maîtres" pour désigner le bloc opératoire où les patients attendant une greffe de rein, foie, cœur, poumons, sont opérés afin de recevoir le nouvel organe vital qui va "leur sauver la vie" ... Steve Jobs avait découvert (car greffé du foie un peu plus de deux ans avant son décès) que la transplantation n'efface pas la maladie ... Elle la prolonge, donne un sursis (plus ou moins long) ... Les médicaments immunosuppresseurs ont des effets secondaires redoutables ... Ils sont pourtant indispensables pour les patients greffés, afin d'empêcher leur organisme de rejeter l'organe étranger ... De nombreux patients greffés se retrouvent en insuffisance rénale (et donc, ô ironie, en attente de greffe de rein), ou développent un cancer (notamment de la peau) du fait de ces médicaments ... Pour autant, le monde médical ne communique pas volontiers sur ces sujets (c'est le moins que l'on puisse dire) ... Les laboratoires pharmaceutiques leaders mondiaux du médicament antirejet non plus ... 

Mettre à jour ce blog depuis 7 ans m'a obligée à changer de métier (quitter le milieu médical) ... La convergence NBIC ne va pas de soi, n'est pas bien accueillie ... Le séquençage du génome reste interdit en France ... Les sociétés qui s'en occupent sont priées d'aller le faire ailleurs (voir l'expérience de la société Portable Genomics par exemple) ... Alors, si on repose la question, comme ce courageux chirurgien en 2004 : "Est-on prêts à un changement de paradigme ?", la réponse en France est clairement : NON. Le refrain ne change pas : "réparer l'homme, c'est bien ; l'augmenter, c'est mal". Avez-vous entendu parler de cette micro-turbine en remplacement de la transplantation cardiaque ?  A la télé, dans les journaux, à la radio, sur Internet ? Non, bien sûr ... Une étrange omerta bio conservatrice occupe le terrain, toujours et partout. Ce n'est pas un complot, c'est juste la normale protection d'intérêts financiers ... La transplantation cardiaque est la tête de gondole dans le supermarché du Don d'organes ... D'autres lobbies bio conservateurs sont à l’œuvre ... et font leur boulot : faire croire à la population que les avancées scientifiques actuelles sont 100% éthiques, tandis que celles du futur se situent dans une zone grise sur le plan de la déontologie et de l'éthique ... "Réparer l'homme, c'est bien ; l'augmenter, c'est mal" ... Et on y croit (réparer, on sait faire ; augmenter, pas bien encore) ... Steve Jobs est mort en étant persuadé que le statu-quo (prôné par nos aimables comités bio-conservateurs) n'est pas éthique ... et que la médecine régénérative, la génomique, et autres réalisations qui seront le fruit de la convergence "NBIC" vont permettre plus d'éthique et de déontologie ... 

Peut-être, afin de suivre ce cheminement de pensée de celui qui fut "le prince de la disruption" (la formule est de Jean-Michel Billaut), faut-il commencer par expliquer que le "don" d'organes n'est pas industrialisable, parce qu'il s'agit d'un sacrifice ... Peut-être faut-il commencer par expliquer aux profs et étudiants en médecine et biotechs qu'il convient d'insuffler à leur entreprise une déontologie ou "éthique" échappant à la médiocrité et au mensonge ... dire que le "donneur" d'organes est mort ... Il est pourtant anesthésié au début de l'opération ... enfin cela n'a pas toujours été le cas à ce qu'il paraît, et il est difficile de savoir si c'est toujours le cas aujourd'hui ... des familles me posent la question ... je ne puis leur répondre ... Que se passera-t-il si on insuffle une éthique inappropriée (médiocre et mensongère) aux étudiants et aux professionnels de la santé ? Les biotechs ne se développeront pas (comment comprendre qu'il faut une alternative au don d'organes ? Il suffit de pousser les gens à donner plus, de dénoncer un manque de générosité, et l'on aura porté remède au mal) ... Le biomarché va exploser (il explose déjà) : les pauvres vendent un rein ... On est passés du trafic d'organes localisé à quelques pays (lointains) à un biomarché mondial, poussant des Européens appauvris à vendre un rein (Europe = chez nous) ... dans de TRÈS mauvaises conditions sanitaires ... et bien sûr en étant sous-payés (de l'argent dont, bien souvent, ils ne voient pas la couleur) ... La loi interdit le trafic d'organes ; elle n'interdit pas le chômage des jeunes et des séniors, ni la crise ... Enfin, des professionnels de la santé effectuant des prélèvements d'organes (conformément aux valeurs qui leur ont été inculquées) vont être en plein désarroi lorsqu'ils vont se retrouver la cible de procès en justice à la chaîne (à mon avis de plus en plus de familles de "donneurs" vont porter plainte, car la pénurie d'organes pousse le corps médical à ANTICIPER le décès de potentiels donneurs de plus en plus) ...  La greffe de rein est rentable : elle permet à la Sécu d'économiser 10 années de dialyse par patient (durée moyenne de vie d'un rein greffé, provenant de donneur dit "cadavérique" : 10 ans) ... Le rein est l'organe le plus demandé au monde ... Un rein provenant d'un donneur vivant a une durée de vie beaucoup plus longue (30 ans voire plus) ... (Source de ces deux chiffres : Agence de la biomédecine).

Une imprimante 3D capable d'imprimer un rein pas encore transplantable, mais il le sera : voir ... 

La question n'est pas de savoir si cela se fera, car cela se fera ... La question est de savoir quand ... C'est vous, ingés biotech', qui avez la réponse - en bonne intelligence avec médecins et chirurgiens ...

Insuffisance cardiaque : ces lobbies qui empêchent de soigner les patients

Le lobbyisme vient de ce que des gens payés pour défendre des intérêts financiers travaillent les législateurs américains au corps (afin que les lois votées aillent dans le sens des intérêts financiers défendus) ... pour cela ils passent beaucoup de temps dans le lobby des institutions politiques américaines ... d'où leur appellation ... Où l'on découvre que le lobby de la chirurgie cardiaque mini invasive est un poids plume en comparaison de celui de la cardiologie et de la transplantation cardiaque, poids lourd ...

J'aimerais revenir sur les propos d'un chirurgien cardiaque membre de l'Académie Nationale de Médecine, en date de mars 2012 (Destination Santé) : "Tous les systèmes d’assistance circulatoire fonctionnent et sont miniaturisés. Mais surtout, on commence à savoir régénérer les tissus. Avec l’évolution du génie génétique, de la thérapie cellulaire, de la pharmacologie, on implantera de petites pompes provisoires, le temps de réparer les cellules cardiaque endommagées ou malades', se réjouit Daniel Loisance, chirurgien cardiaque, membre de l'Académie Nationale de Médecine. 'C’est le paradoxe de l’évolution de la science : on aura travaillé 40 ans sur le cœur artificiel et le marché disparaît, puisqu’on saura réparer le cœur'."

Quand j'ai vu cette phrase en rouge, "Tous les systèmes d’assistance circulatoire fonctionnent et sont miniaturisés", j'ai été voir sur l'Internet les articles scientifiques ou "white papers" publiés sur le sujet ... par le chirurgien interviewé (ici), ou par d'autres médecins et chirurgiens ... Il existe 1.857 articles scientifiques sur la micro-turbine à débit continu pour assister un cœur défaillant, et donc le réparer, un ventricule après l'autre ... voir sur le site internet de PubMed ... Pour autant, hier encore sur BFM, dans l'émission "Check-up santé" du 29/04/2012, on a répété que l'insuffisance cardiaque n'est pas traitée ... ou trop peu, ou trop mal ... Même problème aux USA : "40% des patients souffrant de maladies des artères coronaires reçoivent, au sein de notre système de santé dans son ensemble, des soins incomplets, voire inappropriés". (Atul Gawande, TED Conference, mars 2012 : Comment pouvons-nous soigner la médecine ?)
 
"En Europe, 14 millions de patients sont concernés par l'insuffisance cardiaque (nombre à réviser à la hausse du fait du vieillissement de la population, il s'agit là d'une tendance lourde). La majorité de cette population n'est aujourd'hui pas traitée ... La neurostimulation représente un espoir pour ces patients, à horizon 2017 ou 2022" (lire) ... 

C'est de comprendre ce laps de temps entre maintenant et d'ici 5 à 10 ans qui m'intéresse ... Pourquoi ne fait-on rien si des "systèmes d'assistance circulatoire fonctionnent et sont miniaturisés", ce qui permet d'apporter une réponse au problème de l'insuffisance cardiaque ? Question embarrassante ... Je me suis glissée à l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière, Service de chirurgie cardiaque, pour poser mes questions "patate chaude" ... Les chirurgiens m'expliquent la chose de manière on ne peut plus directe : "Eh bien, on ne doit pas trop parler des micro-turbines ... faut continuer sur la transplantation ..." Je suis perplexe, car j'ai bien lu ceci : "La transplantation (...), si elle est magique au plan individuel, est un non-sens épidémiologique. Il y a en effet bien trop peu de greffons pour tous les malades en attente de greffe. D’où viendra donc le salut pour le cœur ? Tous les systèmes d’assistance circulatoire fonctionnent et sont miniaturisés." (article de "Destination Santé" cité plus haut) ... En insistant auprès d'un chirurgien que je connais un peu mieux que les autres (c'était lors d'un congrès, et bien sûr je ne vais pas révéler l'identité ni le lieu où travaille ce chirurgien), il m'explique, en 2010 : "on nous a demandé de la fermer pendant des années, pour ne pas gêner les transplantations. Demander un cœur, c'est sexy ... Vous voulez qu'on leur demande quoi, au grand public, des reins ? des pancréas ? Y a que le cœur qui sauve ..." Traduction : le développement et l'usage de la micro-turbine ont été freinés pour ne pas gêner la transplantation cardiaque ... Questions de sous ... ceux des médicaments immunosuppresseurs ... car avec la turbine, plus besoin de médicaments ... 

Je me dis qu'en attendant la neurostimulation, on pourrait utiliser la micro-turbine, et retourne donc au service de chirurgie cardiaque à la Pitié Salpêtrière ... "Oui, faut que je réclame des sous à ADICARE", me dit le chef de service de chirurgie cardiaque là-bas ... C'était en 2011 ... Je suis sur le cul ... ADICARE ?!!? Mais c'est le bastion de la transplantation cardiaque ! Impossible que ce chirurgien l'ignore !! Quand vous arrivez sur le site internet d'ADICARE, on vous accueille aux doux mots de : "Bienvenue sur le site de l'innovation en cardiologie". Innovation, mon cul !! Baiser de la mort, oui ! Lorsque je parle du "baiser de la mort" au Professeur Loisance (le chirurgien interviewé dans l'article de "Destination Santé"), il me regarde d'un drôle d'air, pensant : "décidément, cette fille n'est pas nette !" Je lui explique que le "baiser de la mort" est une expression de journaliste, employée aussi dans le monde des services secrets : elle équivaut à enterrer un dossier : on prend un dossier et on déclare, haut et fort, qu'on s'en occupe ... pour mieux ne rien faire ... Les grandes entreprises sont très fortes dans ce domaine : le service X de l'entreprise X se dit en charge d'un dossier, il se l'accapare, afin d'être bien sûr que personne d'autre (service rival, donc service Y, ou entreprise concurrente, donc entreprise Y) ne va le traiter vraiment ... car si quelqu'un traitait vraiment le dossier, ce ne serait pas dans l'intérêt du service X de l'entreprise X ... si vous me suivez ... Les commissions gouvernementales en télémédecine et e-santé (l'ASIP et autres, qui s'occupent des systèmes d'information en santé) sont aussi très forts dans le domaine ... Le dossier médical personnel électronique (DMP), cela fait 12 ans qu'on en parle ... et dans les faits, la montagne a accouché d'une souris, à grands frais (ceux du contribuable) ... Pourtant si vous allez sur le site internet de l'ASIP santé, vous verrez que les objectifs et autres ambitions affichés sont de niveau stratosphérique ... C'est que les gens en place veulent leur salaire ... et donc continuent à clamer haut et fort qu'ils font ... pour pouvoir tranquillement ne rien faire ou presque ... aux frais du contribuable ... Vous avez le même phénomène dans l’Éducation, la Justice, la Santé ...

Mais revenons aux propos du chef de service de chirurgie cardiaque de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière ... Je lui pose la question du financement des micro-turbines ... Il m'explique qu'il a demandé à des banques, mais comme ces micro-turbines ne coûtent pas cher, elles ont dit que les montants demandés n'étaient pas assez élevés pour qu'elles autorisent le financement de ces appareils ou "device" ... En revanche, le dossier de financement pour CARMAT, nécessitant de très gros montants, a rencontré l'intérêt des banques ... CARMAT, c'est le projet du cœur artificiel ... Un projet super-hyper-méga ambitieux, mais qui ne va pas être abouti avant les 5 prochaines années ... échéance à laquelle une solution alternative (ou concurrente, sans doute moins coûteuse, mais à vérifier) verra le jour : la neurostimulation ... Donc : refus de financement pour la "modeste" micro-turbine ... "Je me suis donc tourné vers ADICARE pour une demande de financement", poursuit mon interlocuteur, le chirurgien cardiaque ...  Je suis à nouveau sur le cul ... ADICARE a pris le dossier pour lui faire le coup du "baiser de la mort" ... et ce type brillant, chirurgien cardiaque bac + 20, n'a pas eu l'idée de faire un montage financier en se groupant avec d'autres petites structures demandant un prêt, afin que les sommes soient plus conséquentes ... et ensuite, aller s'adresser à la Caisse d’Épargne, ou autre banque ?!? Ledit chef de service me fait vite comprendre avec mépris qu'il n'est pas là pour les questions de fric ... certes, certes ... mais du coup, où est la personne compétente pour faire le montage financier et aller présenter le dossier à la BNP, à la Caisse d’Épargne ou ailleurs ? Ben ... nulle part, puisqu'ADICARE détient le dossier en otage ...

Comprenez-moi bien. Qu'il existe des lobbies est de bonne guerre. Les "labos" ont beaucoup investi pour développer leurs médicaments immunosuppresseurs et qu'ils aient financé des lobbies pour sécuriser leurs intérêts (France ADOT etc.) est bien normal. C'est de bonne guerre, j'insiste. Là où le système déraille dangereusement, c'est qu'il n'existe pas de contrepoids à ces lobbies ... Et tout le monde s'y résigne ... sauf les patients ... Encore faut-il qu'ils soient informés, ce qu'empêchent justement les lobbies en place ... Sur le sujet de la micro-turbine, LES PATIENTS NE SONT PAS INFORMES ... Il y a deux mois, j'ai rencontré une jeune mère de famille désespérée : elle souffre d'insuffisance cardiaque, a vu les plus grands spécialistes (cardiologues) ... qui lui conseillent d'attendre jusqu'à ce que son état soit suffisamment critique pour qu'on la transplante ... Prendre le cœur d'un mourant pour le greffer sur un autre mourant, bel (et coûteux) exploit que celui de la greffe cardiaque dans sa réalité la plus brutale. Pourtant la presse nous parle toujours de ces jeunes qui ont été sauvés (par miracle) par une greffe cardiaque ... On oublie de parler de tous ces patients que l'on transplante alors qu'ils ont déjà un pied dans la tombe ... C'est que la greffe est victime de la pénurie : le "greffon" cardiaque n'est pas industrialisable, et souvent on attend que l'urgence soit aiguë pour demander un "greffon" cardiaque ... Bien entendu, je me suis empressée d'adresser cette jeune et charmante maman en plein désarroi au service de chirurgie cardiaque à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière ... Là je sais qu'elle a été prise en charge ... En Europe, 14 millions de patients sont concernés par l'insuffisance cardiaque ... 

Un lobby pour défendre les intérêts financiers de la chirurgie mini-invasive ?

Il me semble qu'un lobby en faveur de la micro-turbine et autres techniques de chirurgie mini-invasive pourrait voir le jour ... En Angleterre, ils auraient aussi grand besoin d'un tel lobby (lire l'expérience de Tal, ingénieur anglais en R&D) ... Si je monte un dossier financier pour demander un prêt, une chose est sûre : c'est pas à ADICARE que je vais aller m'adresser avec mon dossier sous le bras ... Bon, j'ai rendez-vous à la Harvard Medical School de Boston dans moins d'un mois pour parler de tout ça ...

Disparité des diagnostics de mort (prélèvement d'organes dit "post mortem") entre les différents pays

On connaissait l'humour anglais ; voici l'humour allemand : "La Danse Macabre" ("Totentanz", par le compositeur allemand Liszt) en ... live !
Humour déplacé et de mauvais goût ? Voici donc la question déplacée et de mauvais goût : comment récupérer des organes vivants sur un mort ? Vous pensez qu'il n'y a qu'une seule forme de mort ? Vous allez être supris : dans le monde de la transplantation d'organes dite "post-mortem", il y a la mort "cérébrale", la mort par "arrêt cardio-respiratoire persistant" : autant de critères de diagnostics de décès qui ne s'appliquent qu'à l'humain et ne se trouvent jamais chez l'animal ... De plus, ces critères de diagnostic de mort, établis à des fins de transplantation d'organes, ne font pas consensus au sein de la communauté médicale scientifique internationale ...

Vous pouvez poser vos questions sur les transplantations d'organes sur la plateforme http://www.vosquestionssurlagreffe.fr/ jusqu'au 28 juin 2011. Cette plateforme est l'oeuvre de l'Agence de la biomédecine, dans le cadre de la journée nationale de réflexion sur le don d'organes (22 juin). Voici ma question au Docteur Alain Atinault, Agence de la biomédecine :

Bonjour Dr. Atinault,

Je voulais vous rapporter ici une petite conversation avec Steve Jobs (le patron d'Apple, greffé du foie en été 2009) pour illustrer cette disparité dans le diagnostic de mort d'un potentiel donneur d'organes vitaux d'un pays sur l'autre. Pensez-vous que ces dispartiés soient rassurantes pour l'usager de la santé ?

Je résume : en gros, le don d'organes made in cocorico est l'inverse de celui made in Harvard : les Gaulois disent que le donneur d'organes est mort quand il est en mort encéphalique (qui équivaut à une incompétence du cerveau), tandis que les Yankees, en particulier les experts de Harvard, ne reconnaissent plus la mort encéphalique comme critère de mort, depuis août 2008 ...

Pour ce qui est des prélèvements à coeur arrêté, c'est-à-dire un prélèvement de reins et de foie (Steve a été greffé du foie voilà deux ans) à la suite d'un arrêt cardiaque dit contrôlé, les USA préconisent de prélever des organes vitaux sur des donneurs pour lesquels on a décidé l'arrêt des traitements, qui ne sont plus dans leur intérêt ... vu dans l'état où ils se trouvent, à ce moment-là, prélever leurs organes ne peut plus constituer un mal pour eux étant donné leur état neurologique irréversible ... Bien sûr, une anesthésie est prévue ... Cela s'appelle "Maastricht III" ... Et c'est précisément ce dont les Gaulois ne veulent pas entendre parler ... Pour eux, une situation d'arrêt cardiaque dit non contrôlé (quelqu'un s'écroule dans la rue, suite à un arrêt cardiaque, les manoeuvres de réanimation échouent) peut permettre un prélèvement d'organes (reins et foie) : on réanime le patient pour ses organes et on court au bloc ... Cela s'appelle "Maastricht I, II, IV", je vous passe les détails ...

Les Gaulois font Cocorico ! avec "Maastricht I, II, IV" et la "mort encéphalique" ; les Yankees font Booouuuuhhh !

Les Yankees font Yessss ! avec "Maastricht III" ; les Gaulois font Boooouuuhh !

En clair, un patient se trouvant en mort encéphalique n'est, en France, plus un patient : son constat légal de décès est signé ; aux USA en revanche, ce patient, dans un état identique, reste un patient, donc quelqu'un qui a les droits de la personne ... car on considère que cet état est distinct de l'état de mort, puisque la mort encéphalique est un coma dépassé ...

... ce qui est applaudi en matière de prélèvement d'organes aux USA (Maastricht III) est sifflé en France et ce qui est applaudi en France (mort encéphalique, Maastricht I, II, IV) est critiqué aux USA ... Happy globalization!

http://ethictransplantation.blogspot.com/2011/06/ca-bouge-cupertino.html

Salutations courtoises (et le bonjour de Steve). C. Coste

  ==> Voir la réponse institutionnelle de l'Agence de la biomédecine ... qui finalement ne renseigne en rien sur les disparités pourtant clairement exposées dans la question - disparités en ce qui concerne les critères du diagnostic de décès d'un potentiel donneur d'organes, selon qu'il s'agisse de la France ou des USA ... Y aurait-il plusieurs morts ? Mort encéphalique, mort par arrêt cardio-respiratoire ? Comment obtenir des organes vitaux sur un mort ? En tordant et en manipulant la définition de la mort ? ...

Le business de la transplantation cardiaque en France expliqué aux acteurs de la e-santé

Je dédie cette chronique bioéthique (ma 70ème depuis 2007) au Professeur Bernard Devauchelle, pionnier de la greffe du visage.

  ==> Lire cette chronique bioéthique sur AgoraVox, journal citoyen en ligne. 

Mesdames et Messieurs les acteurs du monde 2.0 en général et de la e-santé en particulier, nul besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer les rôles de l'Hadopi, d'Orange-France Télécom, de Google et d'Apple dans le domaine de la téléphonie et de l'internet. Pourquoi en irait-il autrement dans le business de l'internet que dans celui de la transplantation ? Les Gaulois transplanteurs, leurs grands chefs à plume 1.0 et leur culture de la grande entreprise et de ce qui va avec (la culture du secret) ont aussi leur Hadopi & Cie ...

Dans le monde des transplantations, l'Hadopi, c'est le lobby Agence de la biomédecine, institution gouvernementale chargée de promouvoir et d'encadrer l'activité des transplantations d'organes dans les hôpitaux de France et de Navarre. L'Agence a la main sur les lois bioéthiques réglementant les transplantations d'organes et de tissus, puisqu'elle dépend directement du ministère de la Santé. Les patrons de l'Agence, c'est Roselyne et Nicolas. Les lois bioéthiques, depuis le début de l'activité des greffes, ont inscrit le consentement présumé dans la loi : nous sommes tous présumés consentir au don de nos organes à notre mort. Le "consentement présumé" est en fait un consentement obligatoire ; la mission du lobby Agence de la biomédecine est d'assurer l'acceptation sociétale (politique) de ce consentement obligatoire. Orange-France Télécom, ce sont les laboratoires pharmaceutiques (suisses essentiellement) qui fabriquent et qui vendent les médicaments immunosuppresseurs que doivent prendre quotidiennement tous les patients greffés, à vie. Dans le cas d'une greffe cardiaque, cette prise quotidienne représente 20 à 30 comprimés par jour ! Ces labos pharmaceutiques - essentiellement Novartis, Roche, Pfizer, Astellas - sont de grands employeurs en Europe en général et en France en particulier, pour l'analyse qui nous intéresse ici - nul besoin de vous rappeler le taux de chômage des pays d'Europe, où chez les jeunes il avoisine les 40 pour cent ... Malaise ... Les labos pharmaceutiques, ils ne s'en cachent pas, financent en grande partie les actions des associations chargées de faire la promotion du don d'organes. Autrement dit, nous avons un discours public sur le don d'organes financé par les grands labos pharmaceutiques. Résultat des courses : promotion = information. Equation certes quelque peu curieuse, pour le moins biaisée, manquant de déontologie médicale et de rigueur ... Les conflits d'intérêts et les lobbies sont à tous les coins de rue, comme dirait la e-Michu ...

Il faut savoir que les grandes orientations économiques se sont décidées, dans le domaine de la transplantation d'organes, dans les années 80, avec l'efficacité confirmée des médicaments immunosuppresseurs, empêchant le rejet de l'organe étranger chez un patient greffé. Même si ces médicaments ont de terribles effets secondaires, comme ce qui est de causer un cancer (de la peau, notamment), du diabète, de l'insuffisance rénale (cercle vicieux dans le cas d'une greffe de rein !), la médecine de remplacement (l'homme réparé, on n'en est pas encore à l'homme augmenté) était née, ainsi que le partenariat labos pharmaceutiques-médecins et chirurgiens. Dès 1980, on décida d'investir dans la greffe.

Avec la chronique bioéthique intitulée "Le business de la transplantation rénale en France expliqué aux acteurs de la e-santé" (lire), on a vu que la tendance lourde (à l'échelle internationale) est de faire la promotion du don d'organes en vantant la transplantation cardiaque, alors que l'organe qui constitue le nerf de la guerre ou le coeur des transplantations, l'organe le plus greffé, le plus recherché, ce n'est pas le coeur, c'est, de très loin, le rein. Mais voilà, c'est plus sexy de demander un coeur que de demander un rein, ou un pancréas. La transplantation cardiaque, vitrine du business de la transplantation d'organes - il n'y a qu'à voir comment, dans la presse, on relaie, aujourd'hui encore (alors qu'il a 84 ans passés !) les exploits (datant de 1968) du pionnier de la transplantation cardiaque en Europe : le chirurgien français Christian Cabrol. La transplantation rénale, c'est pas assez glamour ; la transplantation cardiaque, c'est glamour. Derrière ce discours savamment marketé par l'Hadopi du don d'organes - rien n'est laissé au hasard, pensez au savoir-faire en la matière d'Orange-France Télécom, qui s'y entend pour nous vendre cher un service médiocre - se cachent d'autres réalités, avec lesquelles il serait temps que les acteurs de la e-santé - les vendeurs de logiciels et géants du 2.0 tels IBM, Microsoft, Apple, Google, Dassault Systèmes Santé - fassent connaissance. Vous êtes prêts ? Allons-y.

Il existe une alternative à la transplantation cardiaque depuis près de 10 ans. Les chirurgiens ont la consigne de l'utiliser peu - voire pas. Oui, vous avez bien lu. Alternative, késako ?? Il s'agit d'une micro-turbine pour suppléer à la fonction défaillante d'un ventricule cardiaque gauche, le temps qu'il se repose et qu'il se répare. Une fois que c'est fait, le ventricule droit peu récupérer à son tour. Le coeur est réparé, le patient n'a plus besoin de transplantation. Comment se fait-il que ces vérités scientifiques soient largement inconnues du grand public ? Qui dit plus de transplantation dit plus d'immunosuppresseurs. Qui dit plus de coeurs à demander à l'opinion publique pour la transplantation dit effondrement de la tête de gondole dans le grand supermarché du don d'organes. Cette micro-turbine est prête depuis au moins 2004, elle coûte assez peu cher, vous vous imaginez bien que ce ne sont pas les labos pharmaceutiques qui vont en financer l'usage, ni la promotion. De courageux chirurgiens cardiaques français ont été voir nos banques gauloises, lesquelles leur ont dit : "De combien avez-vous besoin, pour votre micro-turbine ? ... C'est tout ?!? Ah bon, ce n'est pas une bien grosse somme, finalement ... Désolés, on ne peut rien pour vous. Nous, tout ce qu'on sait faire, c'est trouver de très, mais vraiment très, grosses sommes. Revenez nous voir quand vous aurez plus de fric à demander ... En attendant, on a vu Carmat (l'entreprise née de l'alliance du Pr Carpentier, chirurgien cardiaque, et de la société Matra), ils mettent au point un coeur artificiel. Les essais cliniques vont commencer en 2012. On leur a prêté beaucoup d'argent, vous voyez, ça, on sait faire ... "
Février 2011, Paris : j'assiste à une présentation des travaux de Carmat, par des ingénieurs anciens élèves de l'UTC de Compiègne, prestataires pour Carmat dans le cadre de la mise au point du coeur artificiel. Beaucoup de moyens déployés (en informatique), mais les ingénieurs professeurs à l'UTC de Compiègne ne sont pas emballés par les présentations de leurs ex-élèves : cela n'a pas vraiment l'air au point ... Il reste beaucoup à faire ... Des essais cliniques (essais sur l'humain) en 2012, vraiment ? Ils ont l'air d'en douter ... Mais sont enthousiastes. Certes ! ... Mai 2011, hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris. Un chirurgien cardiaque me confirme le point de vue des experts de l'UTC Compiègne : "Carmat a un super service marketing. Ils promettent beaucoup, mais c'est encore loin d'être au point, hélas ..." Ledit chirurgien me rappelle que la micro-turbine pour assister un coeur défaillant, en remplacement à la transplantation cardiaque, est au point, quant à elle, depuis 2004 ... Pourtant, elle reste peu utilisée ... Pourquoi ? D'après lui, les obstacles sont culturels. Les chirurgiens cardiaques ont, de leur propre aveu, échoué à expliquer aux cardiologues et à la population que la réponse à l'insuffisance cardiaque terminale n'est pas la transplantation. La réponse à l'insuffisance cardiaque terminale, c'est la micro-turbine pour assister un coeur défaillant. Question : qui va financer la micro-turbine pour assister un coeur défaillant ? Christian Cabrol (président d'ADICARE) ? Cela n'a pas l'air très efficace, aux dires de certains chirurgiens acteurs des transplantations ... Pourquoi ? C'est là que l'obstacle culturel (et, léger détail, financier) intervient : la transplantation cardiaque, on l'a vu, est la tête de gondole dans le grand supermarché du don d'organes. On peut pourtant s'en passer, il existe une alternative depuis 2004, comme on l'a vu ... Mais voilà, on ne veut pas. Voilà la consigne dans le milieu : continuer... à vanter la transplantation cardiaque dans le discours public - le but est en fait d'obtenir des reins à greffer : 15.000 patients en attente de greffe en France, les 2/3 attendent un rein ... Diabète et hypertension endommagent les reins ...

Christian Cabrol est le pionnier de la greffe cardiaque en Europe (1968). Pourquoi la micro-turbine pour assister un coeur défaillant, en remplacement de la transplantation, ne s'est-elle pas imposée depuis 2004 ? Demandez la réponse aux labos pharmaceutiques vendeurs d'immunosuppresseurs (médicaments antirejet que les greffés doivent prendre quotidiennement), et éventuellement à Christian Cabrol, figure de proue de France ADOT, association de collecte d'organes financée par les labos pharmaceutiques ... Comme quoi, si le don d'organes est un geste profondément éthique, le discours public sur le don d'organes ... l'est un peu moins ... Il est aux mains de lobbies ... Alors, la micro-turbine, vous comprenez, cela traîne ... On nous la promet pour demain, ou après-demain ... en disant qu'on y croit beaucoup ... pour bientôt ... mais ce n'est pas encore prêt ... La vérité est qu'elle est prête depuis avant-hier, cette foutue micro-turbine ...

Je vais à présent vous rapporter les propos d'un chirurgien membre de l'Académie Nationale de Médecine, recueillis en mars 2009. Qu'ai-je fait entre mars 2009 et le 12/06/2011 ? Il m'a fallu tout ce temps pour aller enquêter, suite à ces propos, auprès de cardiologues experts auprès des tribunaux, de médecins généralistes et autres personnels de santé, de patients greffés ... Tous les témoignages recueillis vont dans le même sens. Cela concerne le marché de l'insuffisance cardiaque. Un énorme marché, puisque la durée moyenne de la vie augmente, nos populations européennes vieillissent - avec le cortège de maladies chroniques que cela suppose - dont l'insuffisance cardiaque. Ce ne sont pas les quelque 340 coeurs prélevés par an en France (moyenne annuelle sur les 5 dernières années, source : Agence de la biomédecine) qui vont répondre aux besoins de cet immense et juteux marché, comme vous vous en doutez. Alors il faut bien se résoudre à parler des abus de ces cardiologues qui gardent des patients en insuffisance cardiaque bien plus longtemps qu'ils ne le devraient (encore une petite pilule, encore un petit stent) alors que ces patients auraient dû être montrés depuis longtemps à un chirurgien (mais ces patients pour le cardiologue, c'est mieux qu'un livret A ...) ... si bien que quand le chirurgien cardiaque les voit, c'est trop tard ... Le "stent" (petit ressort qu'on met dans un vaisseau pour le dilater ou le retendre) n'est pas la panacée ... à terme, il cause ... l'insuffisance cardiaque ... et là, c'est trop tard pour opérer. Pourtant, certains cardiologues n'hésitent pas à implanter 15 stents dans un même patient ! Les laboratoires pharmaceutiques qui fabriquent ces stents ont un savoir-faire en marketing aussi redoutable que celui d'Orange : ils recrutent des cardiologues prestigieux, baptisés leaders d'opinion, grassement payés, qui vont de congrès en congrès chanter les mérites de ces stents "nouvelle génération" accompagnés de médicaments (Paclitaxel par ex.) - or ces mérites font débat - ainsi que de très jolies (et disponibles) expertes en marketing pour charmer les cardiologues présents à ces congrès. Marketing rime avec dream team. Au fait, je salue au passage mon ancien patron (eh oui j'ai travaillé dans une de ces sociétés américaines qui fabriquent des stents), qui avait à l'époque quelques problèmes d'alcoolisme ... sans doute parce qu'il voyait et comprenait ce manège peu déontologique ... Ce Monsieur qui m'a expliqué bien des choses a toute mon admiration. Je me rappelle cet entretien que nous avons eu en privé, dans un restaurant où nous étions tous deux assis, silencieux et graves, tête baissée. Il a fini par me dire que la société ne me gardait pas uniquement à cause de mon incompétence dans mon travail, et non parce que j'avais déjà 34 ans, que j'aimais un peu trop mon mari ("ah, l'amour !"), que je n'étais pas habillée assez sexy pour le boulot, et que je n'étais pas assez "gentille" avec les cardiologues aux congrès ... Un temps de silence ... Je suis interloquée ... Il ajoute : "Vous avez fait un super boulot. Merci." Sur le coup, je l'ai mal pris et ai été quelque peu vexée. Avec le recul, j'apprécie son humour à sa juste valeur. Que ne l'ai-je fait avant ... Mais poursuivons ... Nous avons donc des patients en insuffisance cardiaque, pris en otage (à leur insu) par leur cardiologue, un petit stent par ci, une pilule par là ... Je salue au passage le cardiologue de mon mari, expert auprès des tribunaux, excellent médecin, et qui m'a confirmé tout ceci ...

Scénario 1) Un jour le patient en insuffisance cardiaque finit par aller voir un chirurgien (le stent, pour l'implanter, faut juste un trou d'aiguille. Faut dire que c'est mieux qu'une large incision comme celles qui sont pratiquées en chirurgie cardiaque ...) ... qui lui dit que c'est trop tard ... C'est comme cela qu'aujourd'hui des patients qui ont déjà un pied dans la tombe se retrouvent transplantés cardiaques (autant vous prévenir, les résultats ne sont pas fameux ...)
Nombre de chirurgiens transplanteurs français se plaignent que des patients se trouvant dans un état qu'ils jugent très (trop) grave bénéficient tout de même d'une transplantation cardiaque, coûteuse et ne servant finalement pas à grand-chose ... Propos recueillis aux Journées de l'Agence de la biomédecine, Paris, mai 2011.

Scénario 2) Un jour le patient en insuffisance cardiaque s'écroule dans la rue, il fait ce qu'on appelle un "arrêt cardiaque non contrôlé". Vous savez qu'on manque de reins à transplanter. Regardez comme la nature est bien faite, pourvu que la main de l'homme y pourvoie de temps à autre : depuis la loi du 21 avril 2005 - certes il a fallu attendre 2007 pour que ce décret de loi entre en application -, une situtation d'arrêt cardiaque peut faire de chacun de nous un donneur ... de reins ... selon un protocole que les experts américains (et certains français) trouvent largement contestable, si ce n'est choquant. Il s'appelle : "prélèvement 'à coeur arrêté'". Que dire du fait que l'usager de la santé n'est informé en rien de cette situation, alors qu'il est présumé, de par la loi, consentir au don de ses organes à sa mort ? Dr. Jean Leonetti (éminent cardiologue et maire d'Antibes), vous qui êtes l'homme clé des lois bioéthiques 2011, pourriez-vous nous éclairer sur ce point ? Par avance merci ... Voici donc le protocole français : vous faites un arrêt cardiaque dans la rue. Quelqu'un prévient les secours. On tente de vous réanimer une petite demi-heure. Si cela ne marche pas, on débranche tout, les toubibs gaulois se croisent les bras et attendent 5 mn. Au bout de 5 mn (on dirait la cuisson d'un plat au micro-ondes) ... Ding !  ... c'est prêt ! ... le patient est déclaré en état de mort par "arrêt cardio-respiratoire persistant". On va pouvoir l'emmener au bloc et prélever ses organes (reins et foie). Pour cela, au bout de ces fameuses 5 mn, une autre réanimation est entreprise, non plus dans l'intérêt du patient (il est dit "mort"), mais dans le but de conserver ses reins pour les prélever. Inutile de préciser que cette réanimation au profit des organes vitaux est invasive ... douloureuse ... J'ai vu des toubibs s'énerver grave quand ils ont eu connaissance de cette pratique (un certain médecin réanimateur au CHU de Brest, notamment que je remercie pour ses explications) ...

Vous êtes malade, sur le bord de la route, les secours arrivent. Est-ce pour vous réanimer, vous ? Ou pour vous déclarer mort et prélever vos organes ? Terrible ambiguité, n'est-ce pas ? Pénurie de reins et de coeurs à greffer, vieillissement de la population, très forte augmentation des maladies chroniques (diabète, hypertension, insuffisance cardiaque), stents, non-utilisation de la micro-turbine pour assister un coeur défaillant, prélèvements "à coeur arrêté" ... tout est lié ... Voici donc les protagonistes de l'Hadopi du don d'organes ... Et ... pour illustrer cette petite histoire de l'Hadopi du don d'organes, voici l'histoire d'Aline Feuvrier-Boulanger, jeune (et jolie) auteure du livre "Mon coeur qui bat n'est pas le mien" : son père est décédé (jeune) d'une maladie génétique causant une malformation cardiaque. Aline a eu la même maladie, mais les médecins qui la suivaient ont fermé les yeux. Ils ont attendu qu'elle décède d'un arrêt cardiaque (à 19 ans) pour la rattraper in extremis, lui poser un "coeur artificiel" lourd et contraignant, faisant des bruits effrayants, la transplanter en hyper-urgence dans la foulée ... Bien des chirurgiens m'ont dit que si on avait utilisé la micro-turbine pour assister un coeur défaillant ... on aurait pu éviter à Aline tout ce calvaire ... Son histoire a été récupérée pour faire la promotion du don d'organes ("donnez-votre-coeur") ... J'ai fait un travail sur l'histoire d'Aline pour l'Académie Nationale de Médecine en février 2010 ... ils ont été intéressés ... surtout les chirurgiens spécialistes du coeur ... Vous voyez, chers acteurs du 2.0, qu'il reste bien du chemin pour accompagner des changements nécessaires ... J'ai écrit à Aline ... J'ai rencontré Aline ... Une jeune femme très attachante, très sympathique ... J'ai bien du mal à cacher l'émotion que son histoire - toutes ces injustices - ont suscité et suscitent encore en moi ...

La semaine prochaine vous pourrez lire sur ce blog un "Post" intitulé : "Le business de la transplantation faciale en France expliqué aux acteurs de la e-santé". Je plaisante. La vérité est qu'il n'y a PAS de business de la transplantation faciale en France. Avez-vous vu des photos d'Isabelle Dinoire défigurée, avant sa transplantation ? Isabelle est la première patiente qui a subi une greffe des tissus composites de la face. La transplantation faciale n'est pas un business de chirurgie esthétique ... Les photos de cette jeune femme au bas du visage mangé par son chien auraient donné envie de vomir à une pierre ... Jeter le discrédit sur la transplantation faciale est un exercice dans lequel les grands gaulois transplanteurs 1.0 très médiatisés tels que le Professeur Christian Cabrol, pionnier de la transplantation cardiaque en Europe, excellent. Dire que la transplantation faciale, c'est mal, tandis que la transplantation des reins et du coeur, c'est noble, cela détourne l'attention du VRAI business de la transplantation, qui concerne le coeur et les et reins, pas les visages. Mesdames et Messieurs, le coeur et les reins : c'est là que se trouvent, en matière de médecine de remplacement, toutes les zones grises de l'éthique et de la déontologie médicale : on industrialise le don, afin de servir les intérêts de certains acteurs du marché (les laboratoires pharmaceutiques), tout en prétendant que l'on fait le contraire (le don est généreux, il y a pénurie, c'est donc que l'on ne greffe pas assez) et que les dérives dans le business de la greffe seraient à chercher du côté de la transplantation faciale (greffe futile) ... Greffe utile contre greffe futile ... Loin de l'Hadopi du don d'organes, quelque part dans le Nord de la France (au CHU d'Amiens), le Professeur Bernard Devauchelle et son équipe créé l'institut européen Faire Faces, qui ouvrira ses portes en 2012. E-learning, microchirurgie ... saluons cette initiative ...

Transplantation cardiaque : A trop se muscler dans la posture du Don, voici ce qui arrive ...

En matière d'éthique et de transplantation d'organes, il y a ceux qui prennent l'ascenseur, et ceux qui prennent l'escalier. Je m'explique. Ou plutôt, je m'efface pour restituer la brillante analyse de Luc de Brabandère, co-fondateur du prestigieux Boston Consulting Group et spécialiste de la créativité : voir sa présentation : "Les dix paradoxes de la créativité" (1-2/07/2009, Paris), ainsi que son livre, "La valeur des idées".

"L’innovation peut être définie comme un changement de la réalité. La créativité comme un changement de la perception." (Luc de Brabandere, co-directeur du Boston Consulting Group - BCG). Imaginez deux groupes de déménageurs transportant chacun un piano (l'ascenseur n'avait pas les bonnes dimensions). Le premier groupe descend, sortant un piano de l'appartement, tandis que le deuxième groupe monte, livrant un nouveau piano pour ce même appartement aux fenêtres assez étroites et ne se situant pas au dernier étage (le nouveau piano ne peut donc pas passer par le toit). Bref, l'escalier est incontournable. Les deux équipes oeuvrent en même temps et se croisent donc dans cet escalier, trop étroit pour permettre aux deux pianos de se croiser.

En 2009, je me suis intéressée à un sujet téméraire : existerait-il des alternatives (ou bien une alternative) à la transplantation cardiaque ? La réponse, à ma grande surprise, est oui ! Et ce n'est pas d'hier ! Or cette alternative est encore mal connue du grand public. Elle existe pourtant depuis 2004, mais elle peine à se développer et à rencontrer l'acceptation des personnels de santé d'une part, et celle sociétale de l'autre (forcément, puisque cette alternative n'est pas connue). Cette alternative à la transplantation cardiaque, en cas d'insuffisance cardiaque sévère, c'est l'assistance circulatoire mécanique : une micro-turbine pour assister un coeur défaillant, plus exactement, un ventricule, qui peut, dans certaines indications (coeur gros par exemple), récupérer, sans qu'il y ait besoin de recourir à une transplantation cardiaque. Cette découverte fut une grande surprise, que dis-je, un véritable choc pour moi. En mars 2010, j'ai rencontré l'éditeur d'un chirurgien cardiaque, spécialiste de l'assistance circulatoire mécanique : Robert Laffont, qui avait publié en 1999 l'ouvrage du Pr. Daniel Loisance, à la tête du service de chirurgie cardio-thoracique de l'hôpital Henri-Mondor, Créteil : "Le coeur réparé". Je lui soumets le projet d'un livre sur l'assistance circulatoire mécanique comme alternative à la transplantation cardiaque. Le directeur de collection me regarde d'un drôle d'air, croyant à une plaisanterie douteuse. Il existerait une alternative à la greffe du coeur et personne ne serait au courant ? Ben voyons. On ne la lui fait pas. Inutile de vous dire que l'accueil qui m'a été réservé par ce grand éditeur fut mitigé. Le Pr. Loisance est pourtant membre senior de l'Académie Nationale de Médecine, que lui faut-il de plus ? Plus j'essayais de "vendre" mon projet, plus ça coinçait.

J'ai été bien forcée de tenter d'analyser le problème. Voici donc, à l'aide du consultant du BCG (nul rapport avec le vaccin !), une petite analyse sur le thème : parfois, l'innovation peut étouffer (tuer) la créativité. Luc de Brabandère a illustré ce principe par de nombreux exemples tirés de l'entreprise, en particulier de la grande entreprise (les Google et autre Paypal ne sont pas nés dans une grande entreprise qui, en l'occurence, a raté une occasion de voir le monde autrement, donc d'être créative), voici que je l'illustre à l'aide du domaine médical, en prenant l'exemple de la transplantation cardiaque et de l'assistance circulatoire mécanique. Pour pouvoir penser le monde (le traitement de l'insuffisance cardiaque) en termes d'assistance circulatoire mécanique, il faut avoir changé auparavant : être capable de penser le monde autrement qu'en termes de transplantation d'organes. Il faut changer pour penser et non penser pour changer. Or à trop se muscler dans la posture du Don, on pense pour changer. On fait de l'innovation, au lieu de changer pour penser (être créatif, faire appel à notre capacité de voir le monde autrement). Voici comment, dans le cas du traitement de l'insuffisance cardiaque, l'innovation (la transplantation cardiaque) étouffe (tue ?) la créativité (l'assistance circulatoire mécanique).

L'escalier, c'est la transplantation d'organes. Tous les chemins mènent au Don. S'il doit y avoir une alternative à la transplantation, elle doit suivre le même chemin : prendre cet escalier, incontournable. L'alternative à la transplantation d'organes, si elle existe, doit donc emprunter le chemin du Don. Voilà qui est paradoxal. En fait, cet escalier suit le chemin de l'innovation. L'innovation, c'est "un peu plus de la même chose". Avec l'innovation, nous nous situons dans la continuité. Ne pas vouloir emprunter cet escalier, c'est se situer dans la rupture, dans la créativité. Innovation et créativité ne sont donc pas synonymes, très loin s'en faut. L'innovation, en matière de transplantation d'organes, c'est : un peu plus de ce "marketing social du Don" : plus joli, plus si, moins ça, mais c'est toujours la même chose : plus ça change, plus c'est pareil, comme diraient les Shadoks. La créativité, c'est la rupture. Et la rupture, ça fait mal, c'est-à-dire que ça pose la question qui tue : aurait-on raté une occasion de voir le monde autrement ? Sans aucun doute ! Pensez à cette image où les deux pianos ne peuvent se croiser dans l'escalier. Restez à présent sur cette image montrant deux groupes de déménageurs, chacun avec leur piano, l'un descendant, l'autre montant, et qui ne vont pas pouvoir se croiser dans l'escalier. Ils viennent de se rencontrer, et manifestent leur étonnement et leur embarras : ils sont à mi-chemin. Il va donc falloir qu'un groupe cède la place à l'autre. Est-ce celui qui descend qui a la priorité ? Le groupe qui descend, c'est le groupe de l'innovation. Un peu plus de la même chose. Tous les chemins mènent au Don. Quelle est l'alternative à la transplantation cardiaque ? La transplantation cardiaque, mon Capitaine ! On imagine bien un dessin Shadok sur le sujet. Le groupe qui monte, c'est celui de la créativité. Il se situe dans la rupture. Quelle est l'alternative à la transplantation cardiaque ? L'assistance circulatoire mécanique : une micro-turbine pour assister le coeur défaillant, sans qu'il y ait besoin d'une transplantation ! Aurait-on raté une occasion de voir le monde autrement ? Oui, mon Capitaine, mais ne vous inquiétez pas, on va y remédier. Oui ... sauf que non : il est manifeste que le groupe qui monte un nouveau piano ne va pas pouvoir passer. Il va d'abord devoir céder la place à l'autre.

Selon Luc de Brabandère, le fait que les deux groupes qui se croisent dans l'escalier sont étonnés de se rencontrer (imaginez la tête des déménageurs!) montre le peu d'anticipation. Le premier groupe n'avait sans doute pas anticipé au-delà de quelques marches d'escalier, représentant chacune le court, le moyen et le long terme. Or ces quelques marches s'arrêtent avant que ne commence la rencontre (le téléscopage) avec le groupe qui monte. L'alternative à la transplantation cardiaque, c'est la transplantation cardiaque. Sauf que ...

Intéressons-nous à présent à l'identité du groupe qui cherche à monter. Une alternative à la transplantation cardiaque ? Une rupture avec la pratique existante (le Don) ? Oui, mon Capitaine. Cette alternative a été présentée en 2004 (lire l'article du Blog sur le sujet): il s'agit de l'assistance circulatoire mécanique.
Où en est l'assistance circulatoire mécanique aujourd'hui ? Elle piétine, c'est-à-dire qu'elle est toujours occupée à descendre l'escalier pour que l'on puisse d'abord évacuer le premier piano, celui du groupe de l'innovation. Il faut d'abord que descende l'innovation pour que la créativité puisse monter ...
Que signifie ce charabia ? Que l'assistance circulatoire mécanique représente un danger pour la tête de gondole du supermarché des transplantations d'organes. Cette tête de gondole, c'est la transplantation cardiaque. Prélever et greffer un coeur, c'est bien. Poser une micro-turbine qui va assister un ventricule défaillant, lui permettant de récupérer sans qu'il y ait besoin d'une transplantation cardiaque, c'est mal. Il n'y a qu'à écouter les présentations du Comité Consultatif National d'Ethique (le CCNE) : la greffe, c'est bien, tandis que le cyborg, c'est mal. Bref, on se muscle tant et plus (avec excès ?) dans la posture du Don. Le marketing social du Don mis en place me fait penser à un immense navire qui, à force d'être si gros, avec un équipage si nombreux, ne voit plus la mer autour. 

Luc de Brabandère avait raison : la créativité entraîne une rupture avec l'innovation, cette rupture se fait dans la douleur.
Mardi soir, lors d'un dîner avec un chirurgien qui opère dans le service du spécialiste de l'assistance circulatoire mécanique (hôpital Henri-Mondor, Créteil), je demandais des nouvelles de l'assistance circulatoire mécanique. Elle ne se développe pas. On lui préfère la transplantation cardiaque. Plus exactement : seuls les patients qui ne sont pas candidats à la greffe cardiaque pourront bénéficier d'une micro-turbine pour assister leur coeur défaillant. 

Aurait-on raté une occasion de voir le monde autrement ? Oui, car voir le monde autrement, en l'occurence, c'est se tirer dans les pattes : imaginez les gros titres des journaux demain : "La transplantation cardiaque est devenue inutile !" 

Imaginez la réaction des familles ayant consenti à un douloureux sacrifice (le don du coeur de leur proche en état de "mort encéphalique") ... Aurait-on pu leur épargner ce douloureux sacrifice, aurait-on pu "sauver le donneur" ? La formule est du Pr. Bernard Debré, médecin-député à la tête du service d'urologie de l'hôpital Tarnier-Cochin, Paris. Il sait de quoi il parle. Il y a des années, il a été confronté à la question du don des organes de sa belle-soeur se trouvant en état de "mort encéphalique". Il sait que derrière le Don de vie se cache un douloureux sacrifice ...
Vous avez mille fois raison, Monsieur de Brabandère. La créativité signifie la rupture. La rupture est douloureuse.

Le groupe montant un nouveau piano finira bien par passer, une fois que le premier groupe sera descendu. Mais soyons lucides : l'assistance circulatoire mécanique comme alternative à la greffe cardiaque (créativité = rupture) n'est pas franchement à l'ordre du jour.

Ajoutons à présent un troisième acteur : il arrive devant l'immeuble, envoie un déménageur en éclaireur et sait que l'escalier est inaccessible : deux groupes de déménageurs essaient en vain de se croiser. Ce troisième acteur, c'est celui qui apporte le coeur artificiel. Vous en avez forcément entendu parler, ne serait-ce que sur BFM, la radio de l'économie. Le professeur Alain Carpentier, exerçant au département de chirurgie cardio-vasculaire et de transplantation d'organes de l'Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, travaille depuis 15 ans sur un projet de coeur artificiel. Il bénéficie de l'aide des ingénieurs de Matra. D'où le nom de la société, Car- (pour Carpentier) et Mat- (pour Matra), Carmat, qui développe actuellement le coeur artificiel et qui vient de faire son entrée en bourse avec succès. Créée le 30 juin 2008, CARMAT, jeune entreprise biomédicale innovante financée par TRUFFLE CAPITAL, EADS et le Professeur Carpentier avec le soutien d’OSEO, développe le premier cœur artificiel auto-régulé totalement implantable. Vous pouvez retrouver Carmat sur Facebook et sur Twitter.

Et que fait notre troisième acteur, qui vient de réussir son entrée en bourse ? Il prend l'ascenseur ...