Scientific MOOCs follower. Author of Airpocalypse, a techno-medical thriller (Out Summer 2017)


Welcome to the digital era of biology (and to this modest blog I started in early 2005).

To cure many diseases, like cancer or cystic fibrosis, we will need to target genes (mutations, for ex.), not organs! I am convinced that the future of replacement medicine (organ transplant) is genomics (the science of the human genome). In 10 years we will be replacing (modifying) genes; not organs!


Anticipating the $100 genome era and the P4™ medicine revolution. P4 Medicine (Predictive, Personalized, Preventive, & Participatory): Catalyzing a Revolution from Reactive to Proactive Medicine.


I am an early adopter of scientific MOOCs. I've earned myself four MIT digital diplomas: 7.00x, 7.28x1, 7.28.x2 and 7QBWx. Instructor of 7.00x: Eric Lander PhD.

Upcoming books: Airpocalypse, a medical thriller (action taking place in Beijing) 2017; Jesus CRISPR Superstar, a sci-fi -- French title: La Passion du CRISPR (2018).

I love Genomics. Would you rather donate your data, or... your vital organs? Imagine all the people sharing their data...

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Affichage des articles dont le libellé est THERAPIE CELLULAIRE. Afficher tous les articles
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Le "Geek" de 2025 fera plus de biologie que d'informatique

La technomédecine fait sa révolution, et c'est inéluctable. On commence à entendre parler de génétique et d'informatique conjuguant leurs savoirs, de convergence, de génomique. Mais à quoi tout ce fatras servira-t-il ? Bienvenue dans un nouveau monde, qui a quitté le domaine du "buzz" pour passer aux réalités ... et quelles réalités ...


"Nous allons progressivement devenir des êtres prototypes en version beta modifiés par la technologie". 

Laurent Alexandre : "On pourra bientôt réaliser un organe entier, en associant des matrices de polymère et des cellules souches. En 2011, un patient a bénéficié d'un larynx artificiel, composé de polymères et de cellules souches. En 2030, le chirurgien sera un spécialiste de bio informatique."

Pour découvrir les huit grandes facettes de la technomédecine, voir la présentation du chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre, également diplômé de Science Po, d'HEC et de l'ENA. Fondateur de plusieurs start-ups dont Doctissimo, il dirige aujourd'hui DNAVision, société spécialisée dans le séquençage de l'ADN. Auteur en 2011 d'un essai intitulé "La mort de la mort", il s'intéresse aujourd'hui aux bouleversements que va connaître l'humanité conjointement aux progrès biotechnologiques.



Et la conclusion, qui ne relève en rien du "made in France" ...


Un grand merci au Dr. Laurent Alexandre pour cette présentation ! Concise, claire, tonique et très documentée, une présentation qui fait le tour de ce qui nous attend ... et nous rend plus familiers avec un terrain inconnu en France jusqu'à présent : la génomique ...

"iPS Cells Will Make Organ Transplants From Brain Dead Patients Redundant iPS Cells Will Make Organ Transplants From Brain Dead Patients Redundant"

Professor Shinya Yamanaka of Kyoto University, who won the Nobel Prize in Physiology or Medicine in 2012, has for the first time in the world generated induced pluripotent stem (iPS) cells which can grow into any tissue of the body from the skin. Researchers are currently carrying out projects all over the world in order to, investigate the practical use of iPS cells in medicine.
At the press conference after winning the prize, Professor Yamanaka thanked people for cooperating with his research and expressed his aspirations for the future, saying 'I’d like my research to be of use to patients after it overcomes some safety concerns'."

Japan researchers grow kidney tissue from stem cells

TOKYO: "Researchers in Japan said (...) they have succeeded in growing human kidney tissue from stem cells for the first time in a potential breakthrough for millions with damaged organs who are dependent on dialysis. Kidneys have a complex structure that is not easily repaired once damaged, but the latest findings put scientists on the road to helping a diseased or distressed organ fix itself. Kenji Osafune of Kyoto University said his team had managed to take stem cells -- the 'blank slates' capable of being programmed to become any kind of cell in the body -- and nudge them specifically in the direction of kidney tissue. 'It was a very significant step,' he told AFP (French Press Agency).  

Osafune said they had succeeded in generating intermediate mesoderm tissue from the stem cells, a middle point between the blank slate and the finished kidney tissue. 'There are about 200 types of cells in the human body, but this tissue grows into only three types of cells,' namely adrenal cells, reproductive gland cells and kidney cells, he said, adding that as much as 90 percent of cultures in their research developed into viable mesoderm tissue. This embryonic intermediary can be grown either in test tubes or in a living host into specific kidney cells.  

Osafune and his team created part of a urinary tubule, a small tube in the kidney that is used in the production of urine. While the research is not aimed at growing an entire working kidney, he said the method his team had developed would help scientists learn more about intermediate mesoderm development and may provide a source of cells for regenerative therapy. 'I would say that we have arrived at the preliminary step on the road to the clinical level,' he said. Osafune's research is published in online science journal Nature Communications." (Source).

Contact info: osafune-g@cira.kyoto-u.ac.jp

Because of Japanese rejection of brain-death criteria, alternatives to organ (kidney) transplant, such as regenerative medicine, are well sought after... Now wonder Japan has become a leeding country in stem cell therapy...

Japon: du tissu rénal obtenu à partir de cellules iPS

"Selon le site Internet de la revue Nature communications, 'des chercheurs japonais ont annoncé avoir développé avec succès du tissu rénal à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPS)'. Le rapport portant sur ces travaux de recherche a été publié ce mercredi. Tout en précisant que ces travaux sont 'une étape importante', le professeur Osafune a cependant précisé qu'il ne 'sait pas encore si le simple fait de greffer des cellules régénérées permettra vraiment de guérir des maladies rénales'. Contrairement aux cellules souches prélevées sur des embryons humain, 'l'usage des cellules iPS ne pose pas de problème éthique'. Au Japon, 'les travaux sur les cellules iPS sont devenus une priorité de recherche' et 'l'Etat a décidé de leur allouer des financements importants considérant qu'il s'agit d'un domaine extrêmement prometteur dans lequel les Nippons devraient prendre une longueur d'avance'." Source : AFP 23/01/13

Le Japon ayant rejeté les critères de la "mort encéphalique", ce pays s'est engagé de très bonne heure dans la recherche d'alternatives à la transplantation d'organes (rénale), comme, en l’occurrence, la médecine régénérative avec les cellules souches adultes (dites iPS) ... Il n'est donc pas étonnant que le Japon soit un pays leader en la matière ...

Médecine régénérative : les avancées du Japon

Au Japon, on assiste à de grandes avancées en matière de cellules souches ... dans le domaine de la médecine régénérative ... Ainsi, les premiers essais cliniques sur l'homme pour utiliser des cellules souches adultes sur les patients souffrant d'une maladie de la rétine vont commencer dans ce pays ... "C'est merveilleux ! Quand en France ?", dit le texto de ma mère - qu'elle vient de m'envoyer ... Mon père souffre d'une maladie de la rétine et, malgré trois opérations successives à Monaco, par un excellent chirurgien, il n'a pas pu recouvrer la vue à l’œil atteint ... A mon avis, le temps que cette nouvelle pratique arrive en France ... vaudrait mieux que mon père aille se faire soigner au Japon ... à moins qu'à Monaco ... Mon père a en décembre un prochain rendez-vous avec son chirurgien - le Dr. Frédéric Betis, qui assure lui-même toutes les visites de suivi post-op, même à plusieurs mois après la dernière intervention ... Ce sera l'occasion de parler médecine régénérative ... ou régénératrice (on trouve les deux termes) ... Cette fois-ci j'accompagnerai mon père, comme cela je verrai bien en direct live ce que le Dr. Betis pense de cette nouvelle méthode et de ses avancées ... certes prudentes ... mais réjouissantes ... Je vous tiendrai au courant ...

"Après avoir été récompensé, avec John Gurdon, par le prix Nobel de Médecine le 8 octobre dernier pour ses travaux de recherche (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 08/10/12), le chercheur Japonais Shynia Yamanaka 'assur[ait] lundi dans un entretien à l'AFP [Agence France presse] que le principe de [...] reprogrammation [des cellules adultes] est finalement très simple, avec l'intervention de trois ou quatre gènes pour convertir, par exemple, une cellule de peau adulte en cellule IPS malléable comme une cellule embryonnaire'.
A la question du journaliste visant à savoir si 'cette technique de reprogrammation réalisée en 2006 sur des cellules de souris puis en 2007 sur des cellules humaines, est [...] la réponse face aux problèmes éthiques soulevés par l'utilisation d'embryons humains pour des travaux sur les cellules souches', le chercheur Japonais explique: 'nous pouvons maintenant éviter l'utilisation d'embryons humains, c'est bien. Pourtant, nous avons devant nous de nouvelles questions éthiques. Par exemple, on peut réaliser des cellules reproductrices, spermatozoïdes ou ovocytes, à partir de cellules de peau ou de sang, en passant par le stade de cellule IPS. C'est un nouveau problème éthique: peut-on produire des gamètes à partir de sang et procéder à une fécondation?'. Pour Shynia yamanaka, 'la société doit vraiment débattre sur jusqu'où on peut aller avec cette nouvelle technologie'.
Précisant qu'il avait 'réalisé dès le début l'implication éthique', soit dès 2006, il ajoute qu'initialement, 'sur le plan des débouchés médicaux, [il pensait] que cette technologie servirait principalement la médecine régénérative [comme réparer un organe malade] [...]. Mais rapidement ensuite, [il a] réalisé que cette technologie avait un potentiel plus important pour la découverte de nouveaux médicaments'.
A propos de l'utilisation de cellules IPS pour des essais chez l'homme, Shynia Yamanaka précise que ces derniers sont pour bientôt. En effet, 'au Japon, des scientifiques de Kobé sont en train de demander l'autorisation au gouvernement japonais pour le tout premier essai clinique utilisant des cellules IPS pour la rétine, afin de soigner des patients souffrants d'une maladie de l’œil'.
Enfin, interrogé sur le projet japonais de création d'une banque de cellules souches IPS, un projet approuvé en juillet, le chercheur japonais répond: 'en théorie, nous pourrions produire des cellules IPS pour chaque patient. Mais ça serait très cher et long'. Ainsi, il précise que l'alternative serait 'de mettre sur pied un stock de cellules IPS, issus de volontaires (...) sélectionnés pour présenter des risques de rejets immunitaires minimum. Une fois que nous pourrons identifier ces donneurs (...) nous devrions être capable de fabriquer des cellules IPS valables pour beaucoup de patients', estimant 'qu'avec seulement 140 donneurs [il serait possible] de couvrir jusqu'à 90% de la population [pour le Japon]'." (Source)

Nobel Winner’s Stem Cells to Be Tested in Eye Malady in 2013: read here. 

Pic: Thomas Perlmann of Karolinska Institute presents Sir John B. Gurdon of Britain and Shinya Yamanaka of Japan as winners of the 2012 Nobel Prize in medicine or physiology. The prize committee at Stockholm’s Karonlinska institute said the discovery has “revolutionized our understanding of how cells and organisms develop.” Photograph by Bertil Enevag Ericson/Scanpix/AP Photo

Le Prix Nobel de Médecine 2012 rend caduc le diagnostic de "mort encéphalique"

"Le Nobel 2012 signe l'acte de naissance d'une révolution thérapeutique à venir basée sur le concept fou de 'régénérescence'". (Source) Où l'on découvre que nos aimables mandarins transplanteurs vont devoir se reconvertir dans la médecine régénérative ...
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"Le jury du Prix Nobel de Médecine a mesuré tout l'impact que devraient avoir à l'avenir les travaux du Japonais Shinya Yamanaka et du Britannique John Gurdon qui viennent d'être recompensés. Leur recherche sur la transformation des cellules adultes en cellules souches susceptibles de régénérer les tissus de l'organisme pourrait bouleverser tout le domaine thérapeutique pour les maladies liées au vieillissement, du cancer, à l'infarctus, en passant par le diabète et la maladie de Parkinson. 'Leurs découvertes ont révolutionné notre compréhension de la manière dont les cellules et les organismes se développent', écrit le comité Nobel." Ces deux chercheurs ont montré que "l'on peut faire remonter le temps à la matière vivante, aux cellules, les rajeunir et les transformer pour les utiliser en lieu et place des cellules vieilles et malades." On a alors découvert qu'il était inutile d'utiliser des cellules souches embryonnaires. Les cellules adultes gardent "toute leur potentialité". On a franchi "un pas très important, en ouvrant la possibilité d'introduire dans l'individu malade des cellules saines qui dérivent de ses propres cellules, sans risque de rejet." On sait donc, à présent, reprogrammer des cellules en agissant sur leur gène à l'intérieur du noyau et on a "simplifié les procédures de reprogrammation des cellules". (Source)

La "mort encéphalique" est un diagnostic de destruction irréversible du cerveau. C'est sur ce concept scientifique né en 1968 à Paris et aux USA (Harvard) que repose tout le système du don d'organes dit "post-mortem". On comprend que les avancées scientifiques récompensées par le Prix Nobel de Médecine 2012 permettent de régénérer des cellules d'un cerveau. Le diagnostic d'irréversibilité de la destruction du cerveau se trouve ainsi invalidé.

Il faut savoir que ce n'est pas d'hier que des voix s'élèvent, dans le monde entier, pour contester la validité sur le plan scientifique de la démarche visant à faire équivaloir la mort à la mort encéphalique. La mort est différente de la mort encéphalique. "Ah bon, parce qu'il y a plusieurs morts ?", demande une maman confrontée à la question du don d'organes (voir son témoignage). La mort encéphalique correspond à un coma dépassé - ce qui n'équivaut pas strictement à la mort, ont fait remarquer des médecins et autres neurologues français, américains, japonais, britanniques, etc. Il est étonnant que le concept dit "scientifique" sur lequel repose tout le système du don d'organes dit "post-mortem" ait fait l'objet de controverses de nature .... scientifique, sans que le grand public en soit informé. D'autant que la loi française prévoit que nous consentons automatiquement au don de nos organes vitaux à notre décès ... Le travail de l’État aurait été de nous informer, nous, les citoyens, sur ces controverses ... et de nous laisser librement le choix du "don", explique le Docteur Martin Winckler (lire ici). L’État ne fait pas son travail d'information. Dans cette affaire de médecine de remplacement (transplantations d'organes vitaux), on parle systématiquement d'information pour désigner ... la promotion (du "Don"). Avec le cas d'Angèle Lieby, revenue d'un coma dépassé (les médecins avaient réclamé ses organes à ses proches), force est de constater que déjà plus de 100.000 Français se posent des questions sur le système du "don d'organes" (lire).
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Pour une enquête approfondie et documentée sur les controverses scientifiques concernant la "mort encéphalique", lire ma chronique bioéthique sur AgoraVox intitulée "Enquête sur la mort encéphalique et le prélèvement d'organes en France" (12/09/2007).

Signalons au passage que pour les générations familières des jeux vidéo, le concept de régénérescence n'est pas si "fou" que cela ... on le trouve même à tous les coins de rue ... sous forme de fée elfique, par exemple, apportant une potion permettant de régénérer les organes vitaux blessés lors de combats. Toute personne familière (un tant soit peu) avec l'environnement des jeux vidéo sait que le concept de régénérescence est passé dans les mœurs ... On y voit des blessures et autres organes régénérés à longueur de temps - aucune transplantation d'organes vitaux ni "mort encéphalique" à l'horizon ...

A présent, Mesdames et Messieurs, les questions qui tuent ...

"La greffe, cela existe et cela marche à condition d'avoir un greffon. ... le médecin m'a demandé si je désirais faire don de ses organes."

"L'association Franceadot60 organise jeudi une conférence sur le don d'organes et de tissus. ... Des personnes ayant reçu une greffe viendront témoigner."

Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d'autres pris au hasard dans les "Google News" sur le don d'organes. Maintenant que la science sait rendre réversible un état auparavant diagnostiqué comme irréversible - en ce qui concerne le cerveau -, comment des médecins et infirmiers vont-ils oser continuer à demander des organes en posant un diagnostic de mort encéphalique ? Comment l’État va-t-il oser nous imposer le "consentement présumé" au don de nos organes en se référant à un concept scientifique ... caduque ? Les médecins vont-ils continuer à nous dire (pour ne rien changer à leurs habitudes) que la mort encéphalique est la mort et qu'ils ont besoin de nos organes pour sauver des vies ? C'est là nous mentir deux fois. Comment Mister Marc Zuckerberg va-t-il se raccrocher aux branches, lui qui a lancé cet été un super buzz sur Facebook en faveur du don d'organes ? Si on sait régénérer notre cerveau, alors on n'a plus à donner nos organes. Point barre. Ou bien Mister Zuckerberg parlait-il du don d'organe de son vivant ? (rein, lobe de foie) ... Mister Zuckerberg va-t-il lancer un autre super buzz sur Facebook, en faveur de la médecine régénérative et de la génomique et du 3D Bioprinting
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La morale de l'histoire ... 

Nos aimables mandarins transplanteurs vont devoir se reconvertir dans la médecine régénérative ...

Asso Maladie Foie Enfants (AMFE) : on innove !


Voici la "minute blonde" de l'innovation, en ce qui concerne les maladies du foie chez les bébés et enfants ... Pour la "minute blonde", j'ai pas pu m'en empêcher, vu que l'association qui m'a passé l'info est parrainée par Frédérique Bel (actrice qui faisait "La Minute blonde" sur Canal +). Ils bénéficient aussi de l'appui de l'actrice Sophie Marceau, dans cette asso ... les veinards ;-) Enfin le veinard sur la photo, c'est le Professeur Emmanuel Jacquemin, hépatologue pédiatre à l'hôpital Bicêtre (groupe AP-HP). 

Apparemment on fête le succès d'une première étude clinique "in vivo" démontrant l'efficacité sur un enfant atteint de cholestase (bile qui ne s'évacue pas et qui nécessite une greffe), d'une thérapie qui permet de réparer les gènes des cellules du foie déficientes. Autrement dit, la thérapie génique va de plus en plus remplacer la greffe ... Nathalie, membre (très actif, notamment sur Facebook) de l'AMFE m'a expliqué que le programme suivant est financé en partie par son association :

Successful mutation-specific chaperone therapy with 4-phenylbutyrate in a child with progressive familial intrahepatic cholestasis type 2.

On remarque une fois de plus que l'innovation vient des petites associations ... pas des grosses ... Cela tombe bien qu'on trouve des alternatives à la transplantation, parce que les controverses concernant la "mort encéphalique" (permettant de récupérer des organes) prend de l’ampleur ... Suffit de "googler" "Brain death controversy" ... Je n'ai pas le temps (ni l'envie) de faire ce travail ingrat pour vous, mais vous feriez bien de jeter un œil distrait sur ceci (pour l'excellente présentation de l'ami Guy Freys, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, c'est ici) ou encore (en anglais) ceci  : "Another Brain Death Controversy" ... et, par exemple, ceci :

"Legally defining 'death' in terms of brain death unacceptably obscures a value judgment that not all reasonable people would accept. This is disingenuous, and it results in serious moral flaws in the medical practices surrounding organ donation. Public policy that relies on the whole-brain concept of death is therefore morally flawed and in need of revision." (Source)

... L'été dernier l'archevêque de Monaco, Monseigneur Bernard Barsi, m'a confirmé qu'aucun prélèvement d'organes sur personnes en "mort encéphalique" n'était effectué sur le territoire monégasque ... Hem ... J'en ai parlé à un coordinateur des transplantations à Nice, il m'a dit qu'il n'y avait aucun cas de "mort encéphalique" à Monaco ... Le coup du nuage de Tchernobyl qui fait demi-tour en atteignant la frontière gauloise ... Ce coordinateur (et le paternalisme médical gaulois avec, tout entier) nous prend pour des glandus ...

Sinon, y a du nouveau au rayon des organes artificiels : on progresse ... Cet article a été écrit dans la foulée d'un congrès des transplantations d'organes qui vient de se tenir aux USA : "Organs Tailor-Made With Body’s Own Cells"

Les toubibs gaulois continuent à faire l'autruche ...  Les institutions médicales aussi ... sans parler de nos journalistes ... On fabrique du matériel biologique mais c'est tabou en France ... "Réparer l'homme c'est bien ; l'augmenter c'est mal ...", disent nos comités bioéthiques (bioconservateurs) gaulois. Ils nous prennent pour des glandus. Jamais entendu parler de trafic d'organes dans le monde, de pénurie d'organes à greffer, des lourds effets du traitement immunodépressif que doivent prendre les drogués ... pardon, les greffés ?  

L'institution médicale gauloise parle d'une seule voix : on est là pour soigner ; pas pour innover ... Sauf que cela ne marche pas ...

C'était la "minute blonde" de l'innovation. Merci pour votre attention ;-)

[Photo prise par Nathalie de l'AMFE lors de l'"Aurel bgc Charity Day" et postée par elle sur Facebook le 19/09/2012]

En hommage à Steve Jobs ...

Impossible de le cacher plus longtemps : Steve Jobs va très mal ... La transplantation hépatique a échoué, à cause des médicaments anti-rejet qui ont fait revenir son cancer ... sous une forme apparemment pas du tout sympa ... En 2004, on avait découvert à l'ancien patron d'Apple une forme très rare du cancer du pancréas - si rare que lors de la biopsie des tissus enlevés pendant l'intervention chirurgicale, les chirurgiens ont pleuré d'émotion (et de soulagement) lorsqu'ils ont vu les résultats : une forme de cancer rarissime et ... opérable ! On peut donc dire qu'à l'époque, le cancer de Steve a pu être éradiqué par une simple procédure chirurgicale. Un coup de bol insensé, quand on sait que le cancer du pancréas est l'un des plus virulents (le cancer du poumon n'est pas mal dans le genre, aussi) et ne laisse à la victime que peu de temps ... bien moins de 7 années de vie ...

Une greffe nécessite la prise de médicaments anti-rejet au quotidien. Ces médicaments maintiennent les défenses immunitaires au plus bas ... ce qui permet au cancer de revenir ... sous une forme plus ou moins agressive ... Greffer Steve Jobs, était-ce une bonne idée ? Cette thérapie lui a fait courir beaucoup de risques ... mais lui aura permis de gagner un peu plus de deux ans d'activité professionnelle ... d'une richesse inouïe en iPads, iPods etc. (printemps 2009 à été 2011) ...

L'article scientifique reproduit ici montre que la transplantation d'organes a atteint ses limites : pénurie (il faut trouver le plus possible d'organes vivants sur des "morts", exercice difficile vous en conviendrez ...), limites du traitement anti-rejet (et ses redoutables effets secondaires : cancer, diabète, insuffisance rénale) ... Consciente de ces limites, la communauté médicale scientifique américaine travaille sur des alternatives à la transplantation telle que nous la connaissons aujourd'hui (désignée dans l'article qui suit par le terme d'"orthotopic transplantation") ... Aujourd'hui, la transplantation d'organes est vue comme un "lifting" des organes vitaux par de riches patients âgés ... qui ne veulent pas vieillir ... De tels patients sont de plus en plus nombreux (USA, Monaco, Asie, Canada, Suisse, etc.) ... et impatients d'obtenir ce pour quoi ils peuvent payer : un lifting de leurs organes vitaux qui s'épuisent ... Dans un tel contexte, la transplantation d'organes change de visage ... Il est bien loin le temps où un jeune mourait dans un bête accident de la circulation et où, par une prouesse logistique incroyable, une chaîne de solidarité exemplaire, ses organes étaient récupérés à temps pour pouvoir sauver la vie d'une brave jeune mère de famille, l'exploit étant relaté à la TV montrant la jeune mère de famille éperdue de gratitude pour ce Don qui lui a Sauvé la Vie ... Aujourd'hui, grâce aux cellules souches, on apprend à fabriquer (cultiver) du sang (lire) ... On sait déjà le faire pour qu'un patient reçoive son propre sang ainsi cultivé et le tolère ; il faudra encore 5 à 10 ans, d'après des experts de l'Institut Pasteur, pour qu'un patient lambda puisse recevoir un sang cultivé qui n'est pas le sien et le tolère ... Dans une dizaine d'années, le concept de don du sang aura donc disparu ... Et celui du don d'organes, déjà en pleine mutation, aura changé du tout au tout ... Il s'agira de récupérer des organes en trop mauvais état pour être transplantables (et non des organes en état de fonctionnement sur un "donneur" en état de "mort encéphalique" donc se trouvant en coma dépassé - ce qui est très mal toléré dans certaines cultures : juives, musulmanes, bouddhistes, mais aussi chrétiennes) ... Ces organes seront débarrassés du matériel génétique du donneur - en fait de tout matériel génétique - et cultivés avec le matériel génétique du receveur ... puis implantés dans le receveur ... qui pourra se passer de médicaments anti-rejet ... L'article ci-dessous explique comment cette nouvelle thérapie se développe ... et les choses vont très vite ... Mais, me direz-vous, pour Steve Jobs les choses n'ont pas été assez vite ... Eh bien, figurez-vous que je m'interroge ... Pourquoi n'a-t-il pas pu bénéficier de cette méthode en 2009 ? Certains patients américains en ont bien bénéficié, pour le rein, il y a près de 10 ans ... Apparemment, pour le foie, les choses sont en cours ... ô ironie, l'imprimante 3D pour imprimer des organes comme le foie ou le rein n'est pas encore prête ... Une solution d'excellence dans le domaine des nouvelles technologies qui aurait bien convenu au patron d'Apple ... Imaginez le pitch : Steve, pionnier de la greffe issue de l'imprimante 3D ... cela aurait eu de la gueule ... Hier, tout cela relevait de la science-fiction. A présent, les scientifiques sont formels : toutes ces solutions alternatives à la transplantation (et qui permettront de guérir, non de prolonger la maladie comme dans le cas d'une greffe avec médicaments anti-rejet à la clé) sont en route. Certaines marchent déjà (le rein) ... La question n'est plus de savoir si cela se fera ... car cela se fera. La question est : quand ... ?



Je crois qu'il faudra encore attendre un peu de temps (beaucoup ?) avant de connaître toute la vérité rien que la vérité sur le dossier médical de Steve ... Bien trop d'argent en jeu ... Mais, tout de même, il y a certaines choses qui peuvent être lues entre les lignes ... Voici donc l'article scientifique dont je vous propose la lecture. Il date de juillet 2011 : "Bioengineering in organ transplantation: targeting the liver." Auteurs : Fukumitsu K, Yagi H, Soto-Gutierrez A. Source : Center for Innovative Regenerative Therapies, Department of Surgery, Transplantation Section, Children's Hospital of Pittsburgh, McGowan Institute for Regenerative Medicine, University of Pittsburgh, Pittsburgh, Pensylvania, USA.

Résumé :
"About 27,000 deaths are registered annually in the United States due to liver disease. At this time, the only definitive treatment of hepatic failure is orthotopic transplantation. However, there is a critical shortage of organs with the total waiting list for all organs currently at 100,000 requests. The number is increasing by 5% every year. Given that only organs in pristine condition are transplantable and that the hidden demand for organs as an anti-aging solution will be many times the current figures, orthotopic transplantation will always remain a limited pool. The increasing donor organ shortage requires consideration of alternative emerging technologies. Regenerative medicine may offer novel strategies to treat patients with end-stage organ failure. The ultimate aim of cell transplantation, tissue engineering, and stem cells is to regenerate tissues and organs. With the development of whole organ decellularization methods, the equation of organ shortage may dramatically change in the near future. Decellularized organs provide the ideal transplantable scaffold with all the necessary microstructure and extracellular cues for cell attachment, differentiation, vascularization, and function. New techniques to re-engineer organs may have major implications for the fields of drug discovery, regeneration biology, and ultimately organ transplantation. In this review we have provided an overview of complementary approaches to study and enhance the success of organ repopulation strategies creating new grafts/organs for transplantation."
Published by Elsevier Inc. (Source)

Droits image :
http://reason.com/blog/2011/07/22/if-theres-a-health-app-for-tha

Vers une amélioration de la procréation médicalement assistée (PMA) ?

Pour la première naissance en France à partir d'ovocytes congelés, le Professeur René Frydman a dû contourner la loi française qui devrait être révisée en 2011.
  ==> Lire cet article sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne.
Le célèbre gynécologue-obstétricien, père du premier bébé-éprouvette français en 1982, vient d'annoncer la naissance dans son service de l'hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, de jumeaux conçus à partir d'ovocytes congelés. La maman et les deux enfants, Jérémie et Keren, (3,2 kg et 2,8 kg), nés mardi, se portent bien. "'La loi autorise, dans des conditions de risque de perte de fertilité pas bien définies, à préserver des ovocytes par congélation, mais pas avec la méthode la plus performante (la vitrification, ou congélation ultrarapide) sous prétexte que toute innovation est assimilée à de la recherche sur l'embryon', a-t-il expliqué mercredi à l'Agence France-Presse, en précisant avoir eu recours pour la femme qui vient d'accoucher à 'une technique de congélation lente'. Dans le monde, plus d'un millier d'enfants sont nés à la suite d'une cryopréservation d'ovules, notamment au Japon, en Espagne, ou encore au Canada. Ces techniques, en particulier la vitrification d'ovule, sont destinées avant tout aux femmes atteintes de cancer et qui doivent subir un traitement pouvant altérer leur fertilité. Leurs gamètes sont congelés avant le traitement pour être décongelés le moment venu en vue de réaliser une fécondation in vitro (FIV). L'interdiction d'avoir recours en France à ce procédé de vitrification a suscité bien des débats." (Source)

Une première mondiale : un patient traité par cellules souches humaines

"Aux États-Unis, les autorisations temporaires ont été délivrées et un homme souffrant des suites d’une blessure de la moelle épinière a reçu des cellules dérivées de cellules souches embryonnaires humaines (SEh) dans le cadre d’un essai de phase 1..."
Source :
Le Quotidien du Médecin (12/10/2010)

  ==> Lire cet article sur AgoraVox, journal citoyen en ligne.
Ce traitement permettra de rendre réversibles des états aujourd'hui diagnostiqués comme irréversibles : la mort encéphalique, qui conduit au "don" d'organes, par exemple. On pourra aussi reconstruire, réparer ou régénérer de petits organes, comme le foie, etc.
Boulette ...
Au JT de 20h00 sur une chaîne publique hier soir, un reportage a été présenté sur cette première mondiale. Le journaliste a conclu son reportage en expliquant que les cellules souches humaines, cela servirait à "remplacer les médicaments" à l'avenir !!
Cette première mondiale conduira certes à trouver des alternatives à la transplantation d'organes et de tissus, mais pas à remplacer les médicaments !

Alors, pourquoi cette "boulette" ? Petit décryptage ...

Le clonage thérapeutique pour régler la question des greffes, par le Professeur Bernard Debré, médecin (urologue) et député UMP, 2004 :

"(...) personne ne prend vraiment la peine d'expliquer au grand public que bien des cas aujourd'hui désespérés pourraient ne plus l'être si l'on autorisait les recherches sur le clonage humain ! Que cet enfant, ce parent, cet ami, que nous voyons s'éteindre, nous pourrions aussi bien le voir reprendre vie, pour peu que quelques vérités élémentaires s'imposent enfin...


La première de toutes est que le clonage reproductif, dont on ne discerne ni l'avenir ni l'utilité s'agissant de l'Homme - les dictatures et les fanatismes religieux ont-ils jamais eu besoin de cela pour créer, à leur convenance, des hordes fanatisées partant au supplice dans l'espoir d'un paradis ? - n'est pas le clonage thérapeutique. La seconde, c'est que ce dernier, et lui seul, peut un jour parvenir à régler totalement la question des greffes d'organes, matière à la fois compliquée, à cause des rejets, et douloureuse, en raison du manque chronique... d'organes à greffer ! (...) Tel est l'aspect fondamental de la recherche sur le clonage thérapeutique : achever de percer le mystère de la spécialisation cellulaire en apprenant à repérer, à identifier, à sérier, ces véritables 'anges gardiens', pour mieux les inciter, le cas échéant, à 'redémarrer' vers la construction d'un organe complet. Un organe parfaitement sain qui deviendrait le nôtre, et serait ainsi greffable sans danger ! De nombreuses personnalités scientifiques, dont quatre prix Nobel, réclament l'ouverture de ce champ de recherche inespéré. Pour l'instant sans succès. Alors que, dans le même temps, on réfléchit à autoriser l'euthanasie sur des personnes en fin de vie, malades certes, mais cependant bien vivantes! N'est ce pas ce qui s'appelle marcher sur la tête ?"


Professeur Bernard Debré : "Nous t'avons tant aimé. L'euthanasie, l'impossible loi". Editions du Cherche-Midi (Documents), 2004. A lire du même auteur sur le même sujet : "La revanche du serpent ou la fin de l'homo sapiens", Editions du Cherche-Midi, 10/2005.
Une étrange omerta pour "protéger" le "don" d'organes ? ... Le traitement par cellules souches humaines peut être de différentes sortes : (1) embryonnaires, (2) issues du sang de cordon ombilical, (3) cellules souches pluripotentes induites, donc des cellules souches obtenues à partir de cellules souches adultes reprogrammées et non à partir de cellules souches d'embryon (en anglais, iPS = Induced pluripotent stem cells).
Et si ces traitements pouvaient sauver de potentiels donneurs d'organes d'un prélèvement, vécu par une large majorité des familles ayant accepté ce "don" comme un sacrifice - et non justement comme un "don" ? Le discours public ne s'affranchit jamais totalement de la promotion du "don" d'organes, comme si les organes d'un mort pouvaient soigner qui que ce soit. Or nous sommes tellement conditionnés par ce "marketing social du Don" que nous ne réfléchissons même plus à cette évidence : il faut des alternatives à la transplantation d'organes car le "don" requiert une fin de vie à part. Il existe pourtant une "étrange omerta" sur ce sujet ... C'est ce qu'explique le Professeur Bernard Debré dans son livre "La Revanche du serpent ou la fin de l'homo sapiens" : la réponse au douloureux problème de la pénurie d'organes à greffer passera par ce traitement au moyen de cellules souches humaines (de différentes sortes), et non par un simple : "Plus-de-Dons" ... Ajoutons que le Professeur Bernard Debré sait de quoi il parle, ayant été personnellement confronté à la question du don des organes de sa belle-soeur il y a une vingtaine d'années ... Il sait donc que le "Don", ce n'est pas simplement ce réflexe de bon citoyen qui trie ses déchets (poubelle verte pour les reins, poubelle bleue pour le coeur, etc.), le "je-veux-bien-donner-ce-qui-ne-me-sert-plus-à-rien" ...

=> Voir ma présentation Power Point qui illustre les propos du Professeur Bernard Debré : Professeur Debré, c'est bien volontiers que je vous dédie cette petite présentation !
http://ethictransplantation.blogspot.com/2010/10/don-dorganes-see-more-presentations-by.html

Ethique et don d'organes : des nouvelles du front, ou de la piste cyclable

Petit extrait de conversation récente, avec un chirurgien. Personnages : A : mon mari, B : le chirurgien, C : Catherine, l'auteure du weblog Ethique et transplantation d'organes.

C : Et l'assistance circulatoire mécanique, la micro-turbine pour assister le coeur défaillant, comment ça marche ? Ca se développe ?
B : ben, pas trop non.
C : Et qu'est ce qui freine le développement ?
B : Ben ... les ...
C : la transplantation cardiaque ?
B : oui, les greffes ... Mais ce livre sur l'assistance circulatoire mécanique, ça tient toujours ? Je peux t'aider ...
C : C'est pas jouable. A trop se muscler dans la posture du Don, on perd une occasion de voir le monde autrement. Imagine deux groupes de déménageurs qui se croisent dans l'escalier d'un immeuble. L'un sort un grand piano d'un appart (les greffes), l'autre monte un piano (l'assistance circulatoire mécanique). Pas la place pour que les deux se croisent dans l'escalier. Ceux qui descendent n'avaient pas anticipé au-delà de trois marches (le court, le moyen et le long terme). Le cœur artificiel de chez Carmat, lui, va pouvoir passer, car il va prendre l’ascenseur et non l’escalier ...
B : ...
B : Oui, mais ce qu'on craint, bien sûr, ce sont les dérives ...
A : Où y-a-t-il le plus risque de dérive ? Avec ces organes et tissus de remplacement, ou avec les prélèvements "post-mortem" ?
B : On ne sait pas encore, les deux sans doute, mais ...
C : Ca me rappelle un air bien connu : le cyborg, c'est mal ; le Don d'organes, c'est bien. Tout le monde a l'air de penser qu'une intrusion dans le processus de décès pour cause de prélèvement d'organes vitaux en bon état c'est peanuts. Le Pr. Bernard Debré a parlé de "sauver le donneur" ("La Revanche du serpent ou la fin de l'Homo Sapiens"). En trouvant des alternatives, en ... faisant pousser des organes en labo, grâce aux cellules souches. Ses collègues lui ont ri au nez : "Le Don, c'est bien, le cyborg, c'est mal !" "Le Pr. Debré veut cultiver des organes dans des bocaux à cornichons !" (Cornichons ? Hem ...)
B : Oui, mais le Pr. Debré, c'est un cas à part. Il a été confronté à la question du don des organes de sa belle-soeur qui s'est retrouvée en état de "mort encéphalique", il y a longtemps ...
A : Et il a autorisé le prélèvement de plusieurs organes, c'est ça, non ?
C : Oui ... Lui peut parler. Il sait ce que "sauver le donneur veut dire", loin de toute bienpensanterie. Grave question : le discours public sur le don d'organes vise-t-il à parler vrai, ou à promouvoir le Don ? Euh ... J'ai la réponse !
A : Un donneur "mort", c'est en fait un mort sur le plan légal (car la "règle du donneur mort" est inscrite dans la loi), mais sur le plan physiologique, c'est un mourant. Le risque de dérive ne se situerait-il pas plus du côté du prélèvement "post-mortem" que de celui des organes de remplacement qui poussent en labo ?   
B : Oui, certainement ...
C : On prélève déjà à tout va en prétendant que c'est normal ... Le marketing social du Don vise à nous dire que la greffe est un droit opposable. On oublie que le Don - pas Don, mais sacrifice, à en croire les proches confrontés à la question du don d'organes, car eux parlent dans 80 pour cent des cas de sacrifice, et non de Don - passe par la mort. Pour que les organes soient viables, il faut que le donneur décède très rapidement. Qu'il finisse de mourir au bloc, lors du prélèvement des organes vitaux ... Ce qui serait éthique, ce serait de dire ces réalités et vérités au grand public. Dans cette affaire des transplantations, l'éthique est devenue simple affaire d'assurance qualité. Comment prélever au mieux. Mais d'où viennent les organes ? Silence radio ...
B : C'est sûr que là dedans, il n'y a plus beaucoup d'éthique.
A : Et le coeur artificiel de chez Carmat, ça se développe bien, apparemment ?
C : Le problème c'est le prix du bazar. J'aurais pensé que l'assistance circulatoire marcherait mieux car moins cher ...
A : Le prix n'est pas un problème. Si sa fabrication peut être industrialisée, le prix du coeur artificiel ne constituera pas un problème.
B : Et avec ton blog sur l'éthique et les transplantations, tu en es où ?
C : Là j'ai un peu fait le tour de la question, niveau ... conflits, j'ai vu tout le monde : patients en attente de greffe, patients greffés, infirmiers coordinateurs des transplantations, sociologues et anthropologues universitaires spécialistes des transplantations, médecins réanimateurs, chirurgiens transplanteurs, infirmières cadres, chirurgiens cardiaques, néphrologues, médecins urgentistes, politiques ...
[Sort son SmartPhone et se connecte sur sa fiche auteur sur le site internet d'AgoraVox :] Tu vois, j'en suis à 46 articles sur Agora Vox, le journal citoyen en ligne, sur le thème de l'éthique médicale : les transplantations d'organes et de tissus. 105 commentaires postés, 333 reçus. Pour un donneur d'organes mort et archi mort, comme le veut le discours public (jusqu'où peut-on aller pour ne pas décourager les bonnes volontés en période de pénurie ?), ça fait beaucoup de bruit pour rien, ces 46 articles ...
B : Pas pour rien ! Honnêtement, je trouve ça très intéressant, ce que tu fais ...
C : Merci pour ce soutien qui me va droit au coeur ! A propos de coeur, moi, ça me plaît bien cette histoire de coeur artificiel ... Avec une copine étudiante en médecine, on prépare une interview de la société Carmat ... On voudrait en savoir plus sur ce coeur artificiel ...
B : Tu as beaucoup de lecteurs pour ton blog ?
C : Près de 400 par jour, sauf en août et en décembre, les deux périodes creuses pour le monde médical ... On légifère d'ailleurs souvent en août, pour le don d'organes, quand tout le monde est parti en vacances, voir les lois bioéthiques d'août 2004, etc. Voilà qui en dit long sur la mise en oeuvre du consentement éclairé au don de ses organes à son décès ... Un consentement éclairé est un consentement informé. Vous avez raté l'info du mois d'août ! Tant pis pour vous, tant mieux pour nous, car de toute façon, le consentement présumé est inscrit dans la loi ! La loi permet d'opérer un habile coupé-collé : ni vu ni connu (en août), on remplace consentement éclairé par consentement présumé, et le tour est joué ! 
B : ... Il faut continuer ce que tu fais ...
A : Catherine est en train de lire "J'ai épousé un casque bleu", et "Bambipark", de David di Nota. Elle connaît bien la compagne de cet auteur chez Gallimard, qui dirige la section littéraire de la médiathèque de Rueil-Malmaison.
C : Oui, Olivia est fantastique, je lui dois beaucoup d'idées de lecture ... Elle m'a raconté que son compagnon était danseur à l'Opéra, il a fini par abandonner sa carrière pour devenir écrivain. Voici plus de 10 ans qu'il publie chez Gallimard ... Son sujet de prédilection ? Les conflits ... Je lis et relis ses livres, afin de passer de la piste cyclable du blog (voir photo) à la F 1 : du théâtre chez Gallimard, pourquoi pas ?
B : En tout cas, tu as la matière ...
A : ... Reste à trouver la manière ...

USA : ils font littéralement pousser des organes humains en labo !

"Ceci n'est pas de la science-fiction ! Une oreille, un doigt, un rein et même de la peau peuvent être créés à partir de cellules souches. Des organes qui peuvent être greffés et sauver des vies. Au total, ce laboratoire américain a réussi à faire pousser 22 organes."
C'était au journal de 20 heures du 21 juillet 2010.
===> Voir le reportage
Rappelons qu'en France, près de 15.000 patients attendent un organe, les deux-tiers de ces patients attendent un rein ... Le contexte est le même dans tous les pays du monde : celui d'une douloureuse pénurie d'organes à greffer - le don passe par la mort et pour prélever un organe encore sain, il faut souvent soit accélerer soit retarder quelque peu la fin de vie du donneur, ce qui dans certains cas peut s'avérer ... délicat. Un rein qui pousse en labo, voici une alternative à la transplantation rénale passant par le don d'organes "post-mortem" et dont on a désespérément besoin ...

Le don d'organes, c'est comme les antibiotiques, c'est pas automatique !

Version audio de cet article :





Samedi 17 octobre 2009 avait lieu la journée internationale du don d’organes. A cette occasion : témoignages, appel à la générosité, et surtout : rappel de la situation de pénurie d’organes à greffer. Dans un contexte juridique de "consentement présumé" – tout le monde est présumé consentir au don de ses organes vitaux à sa mort – et avec une "définition juridique de la mort" qui "ne répond pas à une meilleure connaissance de la mort, mais à la nécessité d’accéder sans obstacle à des ressources utiles à la pratique médicale", comme les fameux "greffons" (organes vitaux), comment se fait-il qu’il y ait pénurie ? (citation de David Le Breton, "La Chair à vif", Editions Métailié, 2008). Tous les outils législatifs ont pourtant été mis en place pour que les acteurs des transplantations puissent … "soigner l’homme avec des bouts d’homme" (Claire Boileau, "Dans le dédale du don d’organes", Editions des Archives Contemporaines, 2002).

==> Lire cet article sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne : lien.

La question "Etes-vous pour ou contre le don d’organes" n’est pas une question ouverte. Elle appelle une réponse sans nuance(s) : "oui/non", un peu comme l’interrupteur "On/Off" d’un appareil électrique ou électronique, ou une porte qui doit être ouverte ou fermée (afin d’éviter les courants d’air), ou encore ces films hollywoodiens où n’existent que des bons et des généreux ("the goodies") d’un côté et des méchants, égoïstes et repliés sur eux-mêmes ("the baddies") de l’autre. Je vous propose de sortir de cette fiction.

J’aimerais citer une sociologue, Renée Fox, qui dans son livre intitulé "Spare parts" ("Pièces détachées"), dénonce la "dérive d’un pouvoir médical excessif et des efforts faits par la société pour perpétuer sans fin la vie et réparer, reconstruire l’homme par le remplacement d’organe. Nous voulons nous séparer des souffrances humaines, du mal social, culturel, spirituel qu’engendrent ces excès sans limites".

Petite illustration de ces propos : à l’occasion de la Journée mondiale de la greffe, le Professeur Christian Cabrol, pionnier de la greffe cardiaque en Europe, était interviewé. Je cite ses propos : "Il y a encore beaucoup de fantasmes autour des dons d’organes. Pourtant, la question est très simple : il s’agit de permettre que l’on nous prélève des organes alors que l’on est déjà mort. Ce n’est vraiment pas grand-chose quand on y pense. C’est un acte social et en même temps, une glorification du corps.". Source : http://actuagencebiomed.blogspot.com/2009/10/don-dorganes-appel-la-mobilisation.html

Ces propos évacuent clairement la question de la mort : il s’agit de donner ses organes alors qu’on est déjà mort. Le don d’organes se réduirait à une simple formalité. Une simple formalité administrative, ajouterait-on presque, par réflexe.

Que se passerait-il si on réintroduisait la mort dans la question du don d’organes ? Après tout, ce n’est pas le chirurgien transplanteur qui devra vivre un chagrin, accomplir ce travail du deuil suite à la perte d’un être cher sur lequel on aura accepté le prélèvement d’un ou de plusieurs organes vitaux, et/ou de tissus, comme les tissus composites de la face.
Réintroduire la mort dans la question du don d’organes, c’est précisément ce qu’on fait des sociologues comme David Le Breton (ouvrage cité plus haut) :
"La définition juridique de la mort ne répond pas à une meilleure connaissance de la mort, mais à la nécessité d’accéder sans obstacle à des ressources utiles à la pratique médicale. Dans les mêmes circonstances physiques un individu déclaré mort aujourd’hui ne l’aurait pas été en France avant que la loi n’établisse la notion de mort cérébrale. L’opération suscite alors le commentaire désabusé de juristes évoquant pour le patient prélevé l’idée d’une ‘mort par circulaire’. A la différence du constat de mort par arrêt cardiaque, la mort cérébrale introduit une sévère ambigüité. L’insistance sur ‘cérébral’ dans la notion de ‘mort cérébrale’ résonne comme un lapsus, comme s’il n’était plus possible que de mourir par séquence. La personne disponible aux prélèvements n’est pas ‘morte’ au sens courant du terme, mais dans un état intermédiaire. Son cerveau est détruit, elle est maintenue en réanimation par des techniques sophistiquées et donne encore les apparences de la vie. Elle n’est ni morte ni vivante, ou plutôt simultanément morte et vivante. Elle gît dans son propre corps, inaccessible, impensable, entre deux mondes, cadavre vivant et disponible aux prélèvements. D’organe ôté en organe ôté, elle meurt de plusieurs morts avant la mort ultime du débranchement de la machine. La notion de mort cérébrale identifiant la destruction du cerveau à la mort de l’homme est sans doute admissible dans les sociétés occidentales marquées par le dualisme entre corps et âme, et où la médecine traite essentiellement du corps malade. Dans ces sociétés l’humanité est assimilée à l’âme, et une vision séculière associe cette dernière au cerveau. Dans cette logique la mort du cerveau est celle de l’âme, et donc celle de l’individu puisqu’il ne resterait de vivant que son ‘corps’, c’est-à-dire ‘rien’. La mort cérébrale est un héritage dualiste, une vision purement biologique de l’homme qui occulte l’existence réelle. Car ce n’est pas le cerveau qui pense, vit, ou suscite l’affection, mais la personne. L’identification de l’homme aux seules fonctions supérieures de la conscience, à la seule pensée, soulève bien des questions irrésolues et renvoie à une vision limitée de l’humain. En écho au ‘cogito’ de Descartes, une personne est-elle identifiable à ses seules fonctions cérébrales ? Pour nombre de proches, l’ambivalence persiste. A leurs yeux l’individu est encore vivant, même si son cerveau est lésé. ‘Le corps est uniquement le corps de ce cerveau et non d’un autre, de même que le cerveau est uniquement le cerveau de ce corps et non d’un autre (…). Mon identité, écrit H. Jonas, est l’identité de mon organisme entier, même si les fonctions supérieures de la personne sont localisées dans le cerveau. Comment autrement un homme pourrait-il aimer une femme, et pas seulement son cerveau ? (…) Ainsi le corps du comateux, dans la limite où, à l’aide de l’art, il continue à respirer, son cœur à battre, les échanges cellulaires se poursuivre, doit être considéré comme la continuation du sujet aimant et aimé, et en tant que tel, il a encore au moins le droit à cette part de sacralité que les lois de Dieu et des hommes lui confèrent. On ne peut l’utiliser comme un simple objet’ (Jonas, 1974). Et H. Jonas exige que ‘le patient soit absolument sûr que son médecin ne devienne pas son exécuteur’. A moins d’être une créature surréaliste ou déjà une chimère issue d’un laboratoire clandestin, le corps est l’unique lieu d’apparition de l’homme, et non son seul cerveau. La famille confrontée à un proche en mort cérébrale continue à le voir vivant, elle sent sous sa main une peau chaude, comme elle l’était les heures précédentes ; le visage semble prêt à ouvrir les yeux ; la poitrine se soulève régulièrement ; et surtout le cœur continue à battre. L’idée de mort encéphalique est partielle et partiale, elle est abstraite pour quiconque ne participe pas d’une culture médicale rationnelle. Les mots échouent à définir le statut d’un individu à la fois mort et vivant. Sa mort cérébrale ne lui ôte en rien les allures du vivant. La frontière entre vie et mort devient poreuse, réversible, abstraite, échappant à toute intuition sensible. Une mère, par exemple, demeure hantée par les conditions de prélèvement sur son fils : ‘Je croyais qu’on attendait la mort’, dit-elle." (Copyright Editions Métailié, Paris, 2008)

Les sociologues réintroduisent donc dans la question du don d’organes une complexité que certains chirurgiens transplanteurs, ainsi que l’Agence de la biomédecine, qui orchestre le discours public sur le don d’organes, cherchent à … faire oublier.

Débattre en public de la question du don d’organes, c’est parler de tout ce que vous voulez, sauf de la mort. Tout ce que vous voulez. Prenons le thème du consentement. "Consentement présumé" (on est tous présumés consentir au don de nos organes en France, c’est la loi), ou "consentement explicite" (on doit demander sa carte de donneur, qui a valeur légale, pour exprimer son accord au prélèvement de ses organes vitaux à sa mort, c’est le cas en Suisse et en Grande-Bretagne, ainsi qu’aux USA) ? Le débat fait rage, surtout que les lois bioéthiques actuelles sont en cours de révision. Faut-il changer le "consentement présumé" ? Faut-il instaurer le "consentement explicite" ? Attention faux débat ! Là n’est pas le problème ! Le problème, c’est la mort du donneur d’organes : ce mort semble simplement endormi. Les familles confrontées au don d’organes doivent accepter cette mort à l’aspect si peu conventionnel qu’est la "mort encéphalique" ... Et pour cause : pour un potentiel donneur d’organes, le constat légal de décès est anticipé. La mort légale du potentiel donneur d’organes précède sa mort physiologique. Ce constat légal de décès anticipé constitue le seul moyen de récupérer des organes vitaux à des fins de transplantation. Voilà la réalité à laquelle est confrontée toute famille de potentiel donneur d’organes. Voilà ce que ces proches confrontés au don d’organes doivent accepter - ou refuser : un constat légal de décès anticipé. A quelle mort est-ce que je crois ? Quelle va être la toute fin de vie du donneur d’organes ? Il est impossible de prélever des organes vitaux sur un cadavre. Le vrai problème, il est bien là. Le débat "consentement présumé (arraché ?) ou explicite" est un faux débat, la seule réalité, c’est la question de la mort du donneur d’organes, le Professeur Bernard Debré l’a répété le 17 octobre, dans l’émission "Ca vous regarde" (La Chaîne Parlementaire) (source). Pour lui, le "consentement présumé" contre le "consentement explicite", cela fait match nul ! La réalité, c’est qu’il y a une famille à convaincre, au chevet d’un patient dont on dit qu’il est mort, mais il semble simplement endormi (il respire, il est rose). Cet aspect non conventionnel de la mort serait le principal obstacle au don d’organes, motivant le refus de 30 à 35 pour cent des proches confrontés au don d’organes (ce taux de refus peut atteindre 50 pour cent en pédiatrie). On pense au constat de décès anticipé sur le plan légal, et au décalage entre mort légale et mort physiologique, la première précédant la deuxième. Pour le Professeur Bernard Debré, la réalité du don d’organes se résumé à cette question :
"Le consensus établi pour favoriser les prélèvements n’a pas fait de la mort cérébrale une vérité de la mort. Celle-ci continue à soulever des doutes, ne serait-ce que dans l’intimité des consciences. Immanquablement, elle suscite la question du sens qu’elle revêt pour ceux qui sont confrontés à la situation de voir un proche en cet état." (David Le Breton, ouvrage cité).

Loin de balayer d’un revers de la main la question de la mort et son cortège de questions philosophiques, comme l’a fait plus haut le Professeur Christian Cabrol, le Professeur Bernard Debré renvoie sans fard aux réalités de cette affaire des transplantations.

Pour faire connaissance avec les réalités des transplantations, nous allons quitter le domaine de vues de l’esprit, comme le consentement implicite ou explicite, la générosité, pour entrer dans du réel, bien réel cette fois. Je vous propose de visionner un film montrant le prélèvement du cœur sur un enfant d’une dizaine d’années, puis la greffe de ce petit cœur chez une enfant malade, Lorena. Ce film date de 2006. L’équipe de Temps Présent (Suisse) a suivi toutes les étapes de cette "affaire de cœur" qui commence en France, à l’Agence de biomédecine de Lyon. Véritable plaque tournante des greffes d’organes pour l’est de la France, elle met en place et coordonne 24h sur 24 le travail de toutes les équipes de professionnels concernés par cette transplantation.

==> Visionner le film (Emission : "Une affaire de cœur") : cliquer ici. (Durée du film : 42 mn 21 sec.)

Mohammad Younes, le chirurgien chargé de prélever le cœur du petit "défunt", est interviewé. Il confie ne jamais regarder le visage de l’enfant sur lequel il prélève un organe vital. "Ce serait trop dur", confie-t-il à Marcel Schüpbach. "Mon travail c’est de donner la vie à travers la mort". Egalement interrogé, le chirurgien qui a transplanté le greffon sur la petite Lorena ne cache pas la complexité de ce type d’opération. Il évoque aussi ses conséquences. "L’espérance de vie d’un enfant transplanté ne rejoint pas celle d’un enfant normal".

Nous sommes loin de la "simple formalité" dont parle le Professeur Christian Cabrol plus haut. La greffe, c’est un gain de vie, mais aussi un prolongement de la maladie, et non pas une guérison complète. La greffe, ce n’est jamais l’idéal. C’est la solution de dernier recours. La chimiothérapie immunosuppressive permet de lutter contre l’infection et le rejet du "greffon", deux facteurs de décès post-greffe. Mais ce traitement immunodépresseur a des effets secondaires lourds : cancer, diabète, insuffisance rénale, entraînant une dépendance "à vie" de l’institution médicale.

Ce film a le mérite de rappeler quelques vérités qui sont très peu connues du grand public – ne serait-ce que parce que le discours public sur le don d’organes ne s’affranchit jamais de la promotion du don.

Petit résumé de ces vérités, rappelées par les chirurgiens transplanteurs interviewés pour ce documentaire :

1. L’organe greffé a été donné. Le greffé doit se l’approprier, cet organe devient le sien. Les proches du donneur décédé (ici il s’agit d’un petit garçon) ne doivent pas s’imaginer que leur enfant mort (disparu) "revit" au moins un peu à travers d’autres personnes – en l’occurrence, à travers Lorena, qui a reçu le cœur de ce jeune garçon. Pour mettre toutes les chances de son côté, le greffé doit s’approprier le greffon. Cet aspect des transplantations, qui peut paraître "cannibale", correspond du moins à une réalité. Il est hypocrite de laisser croire les proches du donneur décédé à une sorte de "métempsychose habillée de modernité" (Docteur Marc Andronikof). Dans l’interview, le chirurgien qui greffe le nouveau cœur de Lorena souligne le côté malsain de cette croyance, et surtout, peu conforme à la réalité de l’affaire : il est souhaitable que le greffé s’approprie le greffon.

Ici, petit moment de gêne. Suis-je la seule à avoir entendu le témoignage de parents confrontés au don d’organes, qui affirment : "Au moins, le cœur de mon petit ange continue à battre dans la poitrine d’un autre" ? Le patient greffé ne vit pas pour le donneur. Il vit (survit) pour lui-même. Il n’existe pas de "contre-don", permettant de rendre la pareille, lorsqu’on reçoit un tel don : un organe vital.

En septembre 2009, Isabelle Dinoire, la première patiente "greffée du visage" en France (il s’agit en fait d’une greffe des "tissus composites de la face"), affirmait :
"Ce visage, c’est quelqu’un d’autre. Enfin : ce n’est pas elle [la donneuse], ce n’est pas moi, c’est une autre. Au début, vu qu’on m’avait expliqué que c’était comme si c’était un drap qu’on posait sur mon visage, je pensais que j’allais plus me ressembler, mais en réel, pour moi, il y a quand-même une partie à moi et une partie à elle." (Source).

On apprend donc de la bouche d’Isabelle Dinoire que, sans doute aucun, ce visage, c’est quelqu’un d’autre. Les frontières sont donc bien délimitées : il y a la partie du visage à soi, il y a celle qui appartient à l’Autre (la donneuse), et il y a cet ensemble, qui n’est ni tout à fait soi-même ni tout à fait l’Autre. Ce visage, dans sa globalité, est autre. Si on regarde dans le détail, on trouve dans cet "autre" visage des éléments à soi, et des éléments de l’Autre (la donneuse). Isabelle (que l’on me permettra ici d’appeler par son prénom) vit et sait tout cela, elle a ses repères et ses marques. Depuis fin 2005, elle travaille à transformer ce "drap sur son visage", tout théorique, en réel, intime et social. Ce n’est donc pas le visage de la donneuse qui "vit" ou "revit" à travers elle. Pourquoi en irait-il autrement pour une partie de visage que pour un cœur ? Dans les deux cas, gare à la malsaine "métempsychose habillée de modernité", qui, indéniablement, sévit dans le discours public sur le don d’organes.

2. La transplantation ne constitue pas l’idéal, car elle ne permet pas au patient de guérir. Elle ne constitue pas une solution parfaite, une panacée, mais une solution de dernier recours. Les échecs existent, ainsi que les redoutables épisodes de rejet et d’infection, qui peuvent entraîner l’un comme l’autre le décès du patient greffé.

3. Rappelons que tout patient greffé est soumis à une médicamentation lourde (une chimiothérapie immunosuppressive), qui a des effets secondaires tels que diabète, cancer (de la peau notamment)...

4. Les chirurgiens et médecins acteurs des transplantations subissent une énorme pression pour réaliser ces prélèvements et greffes d’organes. Eux-mêmes, en leur âme et conscience, ne pourraient néanmoins pas jurer que, si l’occasion se présentait, ils consentiraient, pour eux, leurs proches, et plus particulièrement leurs enfants, au don d’organes. "D’autant que nous connaissons les réalités de l’affaire", a souligné le chirurgien qui a remplacé (greffé) le cœur de Lorena.

5. Le don d’organes passe par la mort. Ce don modifie la toute fin de vie du donneur, puisqu’une anesthésiste, interviewée dans le reportage, prend en charge l’anesthésie du petit donneur, au préalable de l’opération visant à prélever ses organes vitaux. Ce donneur, avant le début de l’opération, est donc, sur le plan physiologique, un patient en toute fin de vie, alors que sur le plan légal, un constat de décès a déjà été effectué. Pourquoi cette anticipation de la mort légale par rapport à la mort physiologique ? C’est afin de respecter "la règle du donneur mort", qui a force de loi en France : tout prélèvement d’organes ne peut avoir lieu que sur une personne reconnue comme décédée. L’anesthésiste explique que son rôle s’arrête au moment où les différentes équipes chirurgicales sont sur le point de commencer le prélèvement des organes (le cœur en priorité), alors que l’aorte est "clampée", pour empêcher la circulation du sang. Le décès physiologique du donneur se produit à ce moment-là.

6. En France, le taux de refus des familles confrontées à la question du don des organes d’un enfant est de 50 pour cent en moyenne, tandis que le taux de refus, tous âges confondus, se situe autour de 35 pour cent (moyenne nationale).

7. L’"entretien avec la famille en vue d’une requête de non-opposition" (ce sont là les termes de la loi : le médecin doit rechercher si le "défunt" n’était pas opposé au don de ses organes) doit, dans les faits, tenir compte du refus de la famille. D’ailleurs, comme le rappelle le Professeur Bernard Debré dans l’émission citée plus haut, il serait hypocrite de dire que les termes de la loi sont respectés à la lettre. Si la famille a trop peur de cette intrusion dans le processus de décès à des fins de prélèvement d’organes, libre à elle d’affirmer : "Il/elle ne voulait pas qu’on prélève ses organes !". Le témoignage des proches sur la position du potentiel donneur d’organes (était-il pour ou contre le prélèvement de ses organes à sa mort ?) prend donc en compte la sensibilité des proches. Devinez pourquoi ? Bien entendu : toujours à cause de cette histoire de constat légal de décès anticipé, alors que la mort, sur le plan physiologique, n’est pas encore survenue. "Je croyais qu’on attendait la mort !", dit une mère confrontée à la question du don d’organes (citée par David Le Breton). Ce "on" se réfère aux équipes chirurgicales de prélèvement d’organes. Eh non, Madame, eh non, Professeur Cabrol. Les organes d’un cadavre refroidi ne soignent personne. Ce cadavre n’a plus d’organes vitaux propres à la transplantation.

8. Les prélèvements d’organes vitaux, une "glorification" du corps ? A condition que les proches confrontés à la question du don d’organes, s’ils ne s’opposent pas au prélèvement, n’aient pas, a posteriori, l’impression d’avoir donné quelque chose qui ne leur appartient pas. Car cela est arrivé, arrive et arrivera. Personnellement, ce terme de "glorification" me choque beaucoup. Les transplantations d’organes constitueraient une glorification de la mort ? La mort peut-elle être glorieuse ? Le Professeur Bernard Devauchelle parle des prélèvements d’organes comme d’une "cérémonie", durant laquelle il convient de respecter le corps de celui qui est à la fois mort et à la fois vivant : le donneur d’organes. Ce respect me semble s’attacher à la fin de vie du donneur d’organes. Comment concevoir, en effet, que le corps d’une personne sur laquelle tous les organes et tissus possibles auront été prélevés puisse être "restauré" ? Il s’agit de respecter la fin de vie du donneur d’organes avant tout, car le corps restauré après les prélèvements, est, malgré tous les artifices chirurgicaux, un corps ... vide. Une enveloppe vidée de son contenu. Peut-on concevoir de présenter un corps restauré "comme si de rien n’était" ?

Le prélèvement d’organes et la greffe, simple formalité ? Il semblerait que parfois, la culture médicale "banalise un événement qui bouleverse les consciences de ceux qui y sont étrangers." (David Le Breton). Plus d’une fois, j’ai entendu parler du "bloc des esclaves", pour désigner le bloc où s’effectuaient les prélèvements d’organes, par opposition au "bloc des maîtres", désignant le bloc où s’effectuent les greffes d’organes. "Tu viens ce soir ?", dit un chirurgien à une infirmière de bloc. "On a un petit cœur-poumons qui chauffe" - c’est-à-dire : "une transplantation du bloc coeur-poumons est prévue pour ce soir". Cynisme des acteurs des transplantations pour se protéger d’un monde impitoyable ? 14 000 patients en attente de greffe, plus de 300 patients décédés sans avoir pu être greffés, chiffres de 2009. Il faut savoir que la moitié des patients qui décèdent "faute de greffe" (faute - ce mot suggère que le don d'organes est une obligation) sont des patients atteints de mucoviscidose, qui nécessitent une greffe des poumons. En France, 6.000 personnes sont touchées par la maladie. La greffe des poumons a une durée de vie bonne à 5 ans (source : Agence de la biomédecine). On voit donc que la greffe n’efface pas la maladie, elle peut donner de la vie en plus.

Si les greffes, ce n’est pas automatique, alors : quelles sont les alternatives ?

Reprenons le cours de l’interview du Professeur Cabrol (interview cité plus haut) :
"Qu’en est-il des organes artificiels (coeur) ? En 1982, un gros appareil de remplacement a été mis au point. Le problème, c’est que ça ne marche pas plus d’un ou deux ans. Actuellement, on fait ce que l’on appelle des micro turbines que l’on implante dans les cœurs malades. Elles ne remplacent pas le cœur mais l’aident. J’y crois beaucoup. On pourra vivre 12-15 ans avec ces micro turbines. En Allemagne, des patients vivent depuis cinq ans avec ces appareils pas plus gros qu’un capuchon de stylo. Pour le foie et les poumons, c’est beaucoup plus compliqué. Dans les poumons, il y a des échanges gazeux. Pas simple. Mais je pense quand même que dans un avenir pas trop éloigné, il y aura des organes artificiels qui pourront les remplacer."

[Mon commentaire : à condition qu’il y ait une volonté politique de stimuler ces recherches. A force de répéter que la greffe est une "indication courante", une panacée, une formalité et que la pénurie de greffons n’est due qu’à l’égoïsme des gens, ce n’est pas gagné !]
"Et les cellules souches ? Ça, c’est fantastique. Au départ, on a pensé aux cellules souches d’embryons mais il y a un problème moral. Si on peut se passer d’embryons humains, c’est quand même mieux. On s’en tire autrement avec les cellules souches du cordon ombilical. Aujourd’hui, on arrive à faire des greffes de moelle osseuse avec les cellules souches du cordon. Tout le problème, c’est de faire des banques de cellules souches de cordon. Elles sont peu développées en France."

[Mon commentaire : le don de sang de cordon ombilical se fait à l’accouchement. Ce sang, riche de cellules souches, est comme une boîte à outils, qui peut guérir plus tard de certaines maladies, comme la leucémie. Mais pendant les deux dernières décennies, il n’y a pas eu de volonté politique de développer les banques de sang de cordon en France. Le cordon ombilical était jeté, comme un déchet opératoire. Seule la promotion du don de moelle osseuse a prévalu durant toutes ces années. Pourtant, le don de moelle osseuse nécessite une anesthésie générale, et présente des contraintes de compatibilité (dites typage HLA) entre donneur et receveur supérieures à celles liées à l’utilisation des cellules souches contenues dans le sang de cordon ombilical. Rappelons que le Professeur Eliane Gluckman, pionnière des greffes de sang de cordon ombilical, réalisait avec succès, en 1988, la première greffe au monde sur un patient américain atteint de l’anémie de Fanconi, une maladie génétique rare entraînant une défaillance importante de la moelle osseuse. Le patient a été complètement guéri.]

Pour conclure :
Sur le thème du sang de cordon ombilical, voici une petite histoire, qui se déroule dans un hôpital du futur.

L’hôpital qui guérit la leucémie d’Etienne

Noémie, sept ans, et sa maman arrivent devant le nouvel hôpital spécialisé en médecine régénératrice. Etienne, dix ans, y est hospitalisé depuis quatre jours. La mère et la fille traversent le hall, à l’accueil une hôtesse leur remet la nouvelle brochure de l’hôpital.
- Suivez le robot, il vous conduira à la chambre d’Etienne, dit l’hôtesse. La mère, tandis qu’elle chemine en tenant sa fille par la main, raconte un moment très fort : la naissance du grand frère de Noémie.
- Ton frère et toi êtes venus au monde dans la même maternité. Quand Etienne est né, les sages-femmes ont récupéré le placenta. Le placenta, c’est comme une bouillie. C’est ce qui nourrit le bébé tant qu’il est porté par sa mère.
- Pourquoi elles ont fait ça, les Sagefemme ?
- Pour conserver ce qu’il reste de bouillie. Elles ont aussi conservé le cordon ombilical d’Etienne. Une fois que le bébé est né, la sage-femme coupe le cordon.
- Et où elles l’ont rangé, la bouillie et le cordon, les Sagefemme ?
- Nulle part. Elles en ont simplement extrait un peu de sang. Et ce sang, elles l’ont mis dans un frigo spécial qui peut le conserver très longtemps.
- Et toi, tu étais où ?
- Pendant ce temps, j’étais allongée sur mon lit avec Bébé Etienne posé sur moi. Il avait replié les jambes comme une grenouille et je le serrais fort contre moi. J’étais folle de joie. Quand tu es née, j’ai connu la même joie intense. Et maintenant, pour soigner Etienne, on a besoin de ce qui a été conservé dans le frigo spécial pendant dix ans. Grâce à ce trésor, il va pouvoir guérir.
- Bonjour grand garçon ! Noémie imitait sa mère, tandis que toutes deux entraient dans la chambre d’Etienne quelques instants plus tard. Elle savait que son frère n’aimait pas quand maman l’appelait comme ça. Une infirmière ne tarda pas à venir saluer les nouveaux arrivants.
- Tout va bien, dit-elle à la mère, tandis que Noémie s’était lancée dans un récit peuplé de sages-femmes, de trésors et de mamans folles de joie. L’infirmière emmena Noémie boire un chocolat.
Restés seuls, Etienne et sa mère découvrent la nouvelle brochure de l’hôpital. Comment le sang de cordon permet-il de guérir de la leucémie ? Etienne veut tout savoir. Sa mère lui explique comment l’hôpital soigne sa leucémie.
- Tu es venu au monde dans une maternité pilote. A l’époque, cette maternité travaillait avec la première banque de sang de cordon. Cette banque stockait le sang récupéré à partir du cordon ombilical et du placenta, après chaque accouchement. Toutes les mamans qui accouchaient pouvaient donner leur placenta et le cordon ombilical qui est coupé à la naissance des bébés.
- Les mamans voulaient bien ?
- Oui, et ça ne faisait pas mal du tout.
- Et ensuite ?
- Ensuite, des scientifiques ont découvert que le sang récupéré à partir du cordon ombilical et du placenta pouvait guérir des maladies du sang, comme la leucémie. Et aussi aider des organes comme le foie à se régénérer. L’hôpital où tu es soigné est spécialisé dans ces recherches. C’est lui qui a récupéré le sang de cordon stocké à ta naissance.
- En contactant la banque de sang de cordon, celle qui est située dans l’hôpital. Les infirmières me l’ont montrée l’autre jour.
- C’est exact. Tu sais, la boîte à outils de papa...
Etienne interrompit sa mère :
- Je sais ! L’infirmière m’a déjà expliqué. Ce que conserve la banque de l’hôpital, ce sont nos boîtes à outils. Tout le monde en a une, puisque chaque bébé naît avec. Pour chaque maman qui fait don de son sang de cordon, c’est comme si elle ouvrait un compte en banque pour le bébé qui naît. Sauf qu’au lieu d’y mettre des sous, on y met la boîte à outils que la banque conserve pendant très-très-très longtemps. Pour que ça puisse servir un jour. Je viens de me servir de ma boîte à outils. Ou plutôt, le docteur s’en est servi pour moi. Il m’a expliqué que ces boîtes à outils, ce sont nos cellules souches. Celles du sang de cordon permettent de guérir de la leucémie.
- Et aussi de régénérer certains organes. La brochure t’explique que les transplantations d’organes, c’est ce qui existait avant la médecine régénératrice.
- Maintenant, on n’a presque plus besoin des transplantations d’organes ! Ce qui se passait avant, c’est que des gens mouraient sans pouvoir être greffés, car il y avait une pénurie de donneurs d’organes. Et il y avait aussi le problème du rejet du greffon : certains greffés faisaient un rejet du greffon qu’ils avaient reçu et ils pouvaient en mourir.
- Tous les greffés étaient obligés de prendre plein de médicaments qui, bien que pouvant leur apporter des maladies, étaient indispensables, car ils servaient à lutter contre le risque de rejet du greffon.
- Que c’était compliqué !
- Oui, mais maintenant, on peut régénérer des organes avec les cellules souches.
Avec cette méthode, tous ces problèmes sont résolus !
- Ouf !
La mère observait son fils. Heureusement, Etienne ne serait jamais un petit garçon au teint pâle, avec de grands yeux tristes lui dévorant le visage, ayant à peine la force de bouger, comme ces enfants leucémiques du passé.
- La brochure explique aussi que les cellules souches, ça ne permet pas de guérir du cancer, ni de cloner les gens ! Je ne savais pas. Mais l’histoire des transplantations, le docteur me l’avait déjà racontée.
- Je ne savais pas que les docteurs étaient si bavards ! En tout cas, cette boîte à outils est magique : mon fils est guéri ! La mère serra son fils dans ses bras. Etienne est songeur : que serait-il arrivé si maman avait accouché dans une autre maternité ?
- Dis maman, est-ce que Noémie aussi…
- Bien sûr ! Noémie aussi !
- Dis maman, tu crois qu’un jour on sera immortels, si on découvre comment guérir le cancer ? La mère d’Etienne répondit que l’immortalité n’était sans doute pas dans la nature humaine. Qu’il s’agissait plutôt de combattre chaque nouvelle maladie ou épidémie qui apparaissait, au fur et à mesure.

Quelque chose naissait, à l’hôpital, entre la mère et le fils : une nouvelle complicité.

Je dédie cette nouvelle écrite en décembre 2007 au Professeur Eliane Gluckman.