Scientific MOOCs follower. Author of Airpocalypse, a techno-medical thriller (Out Summer 2017)


Welcome to the digital era of biology (and to this modest blog I started in early 2005).

To cure many diseases, like cancer or cystic fibrosis, we will need to target genes (mutations, for ex.), not organs! I am convinced that the future of replacement medicine (organ transplant) is genomics (the science of the human genome). In 10 years we will be replacing (modifying) genes; not organs!


Anticipating the $100 genome era and the P4™ medicine revolution. P4 Medicine (Predictive, Personalized, Preventive, & Participatory): Catalyzing a Revolution from Reactive to Proactive Medicine.


I am an early adopter of scientific MOOCs. I've earned myself four MIT digital diplomas: 7.00x, 7.28x1, 7.28.x2 and 7QBWx. Instructor of 7.00x: Eric Lander PhD.

Upcoming books: Airpocalypse, a medical thriller (action taking place in Beijing) 2017; Jesus CRISPR Superstar, a sci-fi -- French title: La Passion du CRISPR (2018).

I love Genomics. Would you rather donate your data, or... your vital organs? Imagine all the people sharing their data...

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Génomique ou généraliste ? Choisissez votre médecin (et votre musique)

Quand les as du bistouri jouent les Madame Soleil ... cela semble patauger un brin ... Disparition du médecin généraliste à l'avenir ? Ou bien montée en grade de cette catégorie de soignants qui se disent parfois (souvent ?) au bord du gouffre aujourd'hui ? Les deux mon général, répond Guy Vallancien (École Européenne de Chirurgie, CHAM). Pour organiser notre système de santé de manière pérenne, le rôle du médecin généraliste sera central, expliquait hier l'urologue retraité (en fait très actif). Pour autant, il y a un an, lors de la conférence CHAM 2011, il prédisait un "génotsunami" (génomique, séquençage du génome) qui allait emporter tous les médecins généralistes de France et de Navarre (et de la planète) sur son passage (voir vidéo ci-après) ... Que nous réserve la conférence CHAM cru 2012, qui aura lieu dans une semaine (voir le programme) ? A suivre ...  

J'ai posé au Pr. Guy Vallancien la question suivante : que pensez-vous de l'avis de l'économiste Jean-Michel Billaut, Atelier Numérique BNP Paribas et @nthropologue dans le domaine de l'économie du numérique, auteur de la présentation "Futur 2.0" : "Je pense qu'à terme (10 ans) on aura besoin de moins en moins de médecins ... La médecine sera un 'mix' de 'big data' + intelligence artificielle + 'sensors' (capteurs de données numériques) + 'smartphone' (téléphone intelligent). Le 3D Printing va marquer  la fin de la société de consommation ; le 3D Bio printing (fabrication de matériau biologique humain : organes, tissus) permettra (peut-être) à des 'bio-hackers' de prendre le pas sur l’industrie pharmaceutique traditionnelle"

(Image) La société Portable Genomics (fondée par un Français, Patrick Merel) vous permet d'écouter la musique de vos gènes grâce à une application pour iPhone ...

Prédire le futur n'est pas une tâche aisée ... On se trompe souvent (Image : Medical Humour sur Facebook)

A quelques jours du lancement de CHAM, conférence (annuelle) au sommet (Chamonix) sur l'organisation de notre système de santé, le Professeur Guy Vallancien, fondateur de l’École Européenne de Chirurgie à Paris et organisateur de cette conférence, publie un article dans le Huffingtonpost :

"Il y a actuellement 210.000 médecins dont 120.000 libéraux qui se partagent entre 50 pour cent de généralistes et 50 pour cent de spécialistes. La population s'inquiète, car le 'bon docteur' quitte le village sans remplaçant. Les élus locaux relayent les plaintes aux députés et sénateurs qui eux-mêmes alertent le gouvernement sur la base de projections démographiques médicales déclinantes (20 pour cent de médecins en moins en 2020). Courons-nous à la catastrophe sanitaire ? Pas du tout ; au contraire, selon Guy Vallancien. Il s'explique :

"En 2060, nous serons 73 millions de Français soit une augmentation projetée de 11 pour cent. Réduire le nombre de médecins : voilà la chance inespérée de construire un nouvel ordre sanitaire basé justement sur le généraliste, chef d'orchestre de la prise en charge des malades, assurant les soins de premier recours, ceux des pathologies chroniques, et une partie de la prévention en collaboration avec les autres professionnels de santé. Nous devrons donc envisager de former moins de médecins, occupés à leur vrai métier, la médecine, débarrassés des tâches administratives chronophages et surtout de privilégier la médecine générale qui représente 80% de l'activité médicale sur le territoire. Ce sont à terme 70 pour cent de généralistes et 30 pour cent de spécialistes qu'il faudra répartir dans les régions, au lieu des 50 pour cent actuels. Il importe avant tout de rétablir la chaine de soins dans le bon ordre : la dégradation que l'on a pu observer au fil du temps est délétère: l'infirmière fait de plus en plus de toilettes des malades, tache dévolue à l'aide soignante, le médecin généraliste prend la tension, tache dévolue à l'infirmière et le spécialiste fait le diagnostic à la place du généraliste! Nous devons inverser ce désordre médical en faisant émerger un autre concept de pratique centré sur le médecin généraliste, pivot du système sanitaire. Le schéma le mieux adapté correspond à un regroupement des forces vives sanitaires en des lieux dédiés d'où essaimeraient les équipes soignantes pour couvrir les besoins dans les zones dites 'désertes' à intervalles réguliers, ne laissant aucune population loin d'un accès au système. Regroupés au sein de milliers de maisons de santé (environ 1 par canton) avec les autres professionnels de santé, les médecins exerceront selon un partage des tâches décidé entre pharmaciens, infirmières, kinésithérapeutes, orthoptistes, psychologues, assistantes sociales et autres professionnels. Ils agiront dans les circonstances ou des choix difficiles ou particuliers seront à assumer en toute responsabilité. Le rôle du médecin n'est pas à la réalisation d' actes souvent simples qui peuvent être transférés à d'autres professionnels, mais il est de transgresser les directives, décrets, arrêtés circulaires et autres recommandations ou guides de bonnes pratiques publiés chaque jour à foison depuis Bruxelles, les ministères, les agences, les hautes autorités balisant de plus en plus étroitement le chemin a suivre pour les hommes de l'art. Un malade reste un être unique qui dans certaines circonstances ne rentre pas dans le moule de la norme, fut-elle médicale. Pour des raisons personnelles, familiales, socioprofessionnelles, culturelles ou religieuses, certains malades demandent une prise en charge qui ne se contente pas des règles établies. Voilà le vrai rôle du médecin, qualitativement à haute valeur ajoutée, parce que éminemment responsable, mais quantitativement assez peu fréquent. Tout le reste de la production médicale pourrait donc être transférée à des professionnels de santé de niveau licence ou mastère qui assureront une prise en charge coordonnée en collaboration avec le médecin. Les Anglo-saxons l'ont bien compris en créant le corps des 'infirmières praticiennes' qui effectuent une bonne part de l'activité médicale. Dans ce sens, la scission qui prévaut en France entre les métiers dits médicaux, (médecins, pharmaciens, dentistes et sage femme) et les métiers paramédicaux (infirmières, kinésithérapeutes, orthoptistes, orthoptistes, etc...) est l'erreur génératrice de la difficulté à exercer ensemble."

Guy Vallancien prédit un brillant avenir au médecin généraliste, qui à l'avenir semblera faire partie des "happy few" ... Or dans son excellente présentation de CHAM 2011, il leur dorait nettement moins la pilule, aux médecins généralistes :

 
CHAM 2011 - Prédire, prévenir, changer ou apocalypse ? from pikel on Vimeo.

Si on opère une synthèse des deux sources d'information (la vidéo et l'article), on comprend qu'il y aura peu de médecins généralistes, mais qu'ils joueront un rôle essentiel pour organiser et coordonner notre système de santé ... Pourtant, n'est-ce pas là le rôle qu'ils sont censés jouer de nos jours (sans parler du passé) ? Referait-on ici du neuf avec du vieux ?

"En remettant le médecin généraliste au centre du dispositif sanitaire pour exercer la vraie médecine lente et honorée, on optimise la prise en charge des malades et on minimise les risques d'erreurs tout comme les prescriptions inutiles et parfois dangereuses. Dans un tel schéma sanitaire, aucun argument objectif ne justifie l'augmentation du numerus clausus à l'entrée en faculté de médecine. En revanche, une politique qui gèrerait la disparité territoriale criante des médecins et l'inégalité dans les filières de formation serait autrement plus utile, mais demanderait un autre courage politique ! En deux ans, on peut former un infirmière au niveau mastère qui assurera avec compétence son métier. il est urgent de développer ces filières universitaires pour doter le pays d'une couverture médicale adaptée à la modernité, mais cessons de légiférer à tour de bras à chaque session parlementaire au gré des lobbies multiples sans avoir de vision à long terme d'un système de santé efficient. Nous n'avons plus les moyens de gâcher, et devons inventer cet ordre sanitaire nouveau dans le seul souci du bien-être des malades." (Source)

CHAM conference: "From Health to Well-Being" - "De la santé vers le bien-être"

Connaissez-vous CHAM ?

A ne pas manquer, les 28 et 29 septembre sur Canalcham, la conférence "De la santé vers le bien-être" ... On peut poser ses questions au préalable ...

Pour le programme, c'est ici.

"From Health to Well-Being": Program of the CHAM conference (Sept 28-29 2012)

Santé : la protection sociale va s'écrouler

Le Docteur Dominique Dupagne est à la santé ce que Xavier Niel est à Free : "On peut prévoir un tsunami dans le domaine des Majors tout comme dans celui de la santé" ...


Untitled from Jean Michel Billaut on Vimeo.

Que ce soit le Professeur Guy Vallancien, urologue et fondateur de l'Ecole Européenne de Chirurgie à Paris, ou le médecin député UMP Bernard Debré, ou encore le Professeur Philippe Even, à l'origine de l'affaire Médiator avec le Dr. Irène Frachon, tous disent la même chose : notre système de prise en charge des patients urgents et chroniques, l'organisation du parcours des soins, bref, tout ce que gère la "Sécu", c'est la maison qui tient par les papiers peints ... La fin du système, ou "disruption" (anglicisme pour signifier "rupture") est proche, et encore, tous ces experts pèsent leurs mots ... Le "contrôle qualité" permanent introduit à l'hôpital a remplacé la déontologie et l'éthique appliquées à l'humain par de la Norme ... L'Assurance Qualité a remplacé l'humain, pour le pire au lieu du meilleur attendu ... Notre système de santé n'est plus efficient, ni équitable ... et par conséquent incapable d'innover, chose pourtant vitale pour préparer les changements majeurs attendus non plus demain, mais aujourd'hui ... Voici à présent le Docteur Dominique Dupagne, ou Doc 2.0, qui s'y colle ... et nous explique la chose, à son tour ... pour ne pas dire autre chose ... Le Dr. Dupagne est LE French Doctor 2.0, le seul, l'unique ... Ce n'est pas sur Doctissimo que vous le trouvez, mais sur Atoute.org ... forum médical devenu incontournable, et dont il est l'auteur depuis nombre d'années ... On était, nous les "patients" et autres impatients, habitués aux querelles et autres jalousies entre spécialistes, mais les voilà tous d'accord ... ils finissent par ne parler que d'une seule voix ... Alors, par la force des choses, patients et impatients finissent eux aussi par s'accorder et, comme s'ils ne faisaient qu'un, écoutent le message ... Tarification à l'activité, procédures et contrôles de tous ordres, hiérarchie d'un autre âge, tout cela paralyse l'activité ... Pour le Dr. Dominique Dupagne, nous allons vivre une grande crise sociale financière, car la Sécu est exangue ... La médecine 2.0, celle de l'information partagée grâce aux outils et à la technologie numériques, est une médecine profondément humaine ... celle des hôpitaux, régie par la tarification à l'acte, la rotation des lits et les contrôles qualités et autres Normes ou Directives, serait profondément inhumaine et acheminerait les soignants vers un burn out sans point de retour ... Oui on en est là ... Les médecins vont-ils se battre demain pour trouver des patients solvables ? Vers une fin des déserts médicaux ? Le savoir partagé dans la médecine à l'ère du numérique implique un partage du savoir (et donc du pouvoir) entre les patients et les médecins ... Le patient ne patiente plus, il va sur des forums pour rencontrer des gens qui connaissent les mêmes soucis de santé ... Bref, le patient se livre à un bon travail de journaliste : il recoupe l'info (celle donnée par son médecin, celle fournie par Wikipédia, par des forums de patients en ligne, par des articles scientifiques disponibles sur l'Internet, en accès libre) ... Bref, le patient augmente sa capacité à gérer sa santé (voir le terme anglo-saxon d'empowerment) ... Le DMP, mis en place à grands frais par l'Etat (Dossier Médical Personnel) serait "un prototype de désastre annoncé", dit le Dr. Dupagne ... 40.000 dossiers de patients numérisés en 11 ans ... La contre-performance mérite d'être saluée car elle a coûté fort cher au contribuable, à coup de centaines de millions d'Euros ... A cela ajouter la menace qui a fait "pschitttt" : les vaccins contre la grippe porcine ... Quand il se penche sur notre santé, l'Etat lui nuit gravement, la ruine ... Coups bas pour enterrer les dossiers qui mériteraient d'être promus, autres coups fourrés pour s'accrocher au pouvoir, quitte à contraindre les patients à faire du lobbying actif pour défendre leurs intérêts ... "Tout est pourri", me disait hier le Professeur Philippe Even lors de notre conversation téléphonique ... Force est de constater que le Dr. Dupagne ne dit pas autre chose ...

La médecine malade de sa structure : "la vérité est dans la tête des hiérarchies"

Fonctionner en imposant des projets pharaoniques partis du haut de la pyramide hiérarchique et non des réalités du terrain, cela ne marche pas, dit le Dr. Dupagne ... C'est pourtant ce à quoi le ministère de la Santé et autres cadres Shadocks s'emploient ... depuis des décennies ... Le pire, c'est que ce principe de fonctionnement (contre-productif et nuisant gravement à l'organisation de notre système de santé) est maintenu dans la formation initiale du médecin ... Que dire de la formation continue, si ce n'est qu'elle est pour le moins inadaptée aux besoins, en regard aux réalités des évolutions technologiques et des métiers de l'hôpital ... A écouter cette interview du Dr. Dupagne par M. Jean-Michel Billaut, Président Fondateur de l'Atelier Numérique BNP Paribas, un conseil de pur bon sens, cher e-lecteur (-trice) - enfin c'est toi qui vois, après tout les impôts c'est tes sous aussi ... bon, moi, ce que j'en dis ...

"INDIGNE-TOI !", ou le dernier sursaut des dinosaures

Des Anonymous dans le domaine de la santé ? Il y en a déjà, dit le Dr. Dupagne ...

Megaupload aurait été sur le point de lancer une Major "low cost" quand (comme par hasard) son patron s'est fait arrêter par le FBI - alors que c'est un citoyen allemand (et non un Américain) qui de surcroit ne se trouvait pas sur le sol américain ... C'est là un dernier sursaut des lobbies du monde d'hier ... Une Major "low cost" finira par se créer ... Free a bien réussi à "botter le cul" (comme aurait dit Steve Jobs) à cette "entente de Yalta" en téléphonie (SFR Bouygues Telecom Orange) ... cela prendra peut-être un peu de temps mais cela se fera, cette "Major low cost" ... On peut donc prévoir un tsunami dans le domaine des Majors tout comme dans celui de la santé ...

Polémique sur la provenance des organes en Chine : les répercussions gauloises ...

Ceci n'est pas un "Post" sur la génomique et le séquençage du génome interdit en France, contrairement à ce que pourrait suggérer cette image ... Nous reviendrons sur le sujet ... Mais pour l'heure, voici un tout autre sujet ...

Le Professeur Guy Vallancien (fondateur de l'Ecole Européenne de Chirurgie à Paris) a organisé en septembre 2011 une "rencontre au sommet" (au propre comme au figuré, puisque ce sommet se déroulait à Chamonix) pour réfléchir sur l'organisation du système de la santé. Cette convention, intitulée CHAM, a été financée par différents partenaires, dont le laboratoire pharmaceutique Roche - ce qui a un peu étonné certains laboratoires pharmaceutiques se disant soucieux de l'éthique, de la déontologie et des bonnes procédures ... On se rappelle que Roche a obtenu le Prix de la honte en 2010 (Public Eye Award) pour continuer à tester son Cellcept, médicament antirejet, en Chine, alors qu'on sait très bien que la provenance des organes made in China est plus que douteuse ... Lors d'un entretien en août 2011, Marie Berry, la soeur de l'acteur Richard Berry (voir leur histoire), m'a dit avoir changé de médicament antirejet lorsqu'elle a appris que le Cellcept qu'elle prenait quotidiennement était testé en Chine ... dans des conditions qu'elle "imagine" tout à fait, et qui ne la satisfont pas ... et qui ne sont pas que le fruit de son imagination (voir) ...

Avouez que ceci voisinant avec cela fait un peu désordre ...

C'est ce que m'ont fait remarquer, entre autres, des cadres travaillant pour le laboratoire pharmaceutique BMS, et ce encore tout récemment (mercredi dernier) ...

Au passage, je signale m'être épuisée au Salon du Livre de Paris en 2010 et 2011 pour trouver un éditeur gaulois acceptant de publier la traduction en français du livre écrit fin 2009 par deux avocats canadiens, activistes des droits de l'homme ayant mené une enquête sur cette histoire de trafic d'organes en Chine, David Kilgour et David Matas ... épuisement vain, puisqu'aucun éditeur n'est intéressé ... Etrange omerta. Peut-on décerner un prix de la honte pour cause d'étrange omerta ?

Lors des rencontres Innov'Tech Santé organisées par Les Echos fin juin et début juillet 2011 (Paris George V), j'ai rencontré le Directeur France de Roche, M. Yannick Pletan, au demeurant tout à fait charmant ... Il m'a affirmé n'être au courant de rien, en ce qui concerne les essais de Roche en Chine - essais qui ont valu au "big pharma" suisse le "Prix de la Honte" ...

Bon, j'arrête là mes considérations qui ne servent à rien ... et continue à rêver de "santé durable" ("sustainable health", "green business" au lieu d'un certain "bloody business") ...

Juste ce petit message audio à l'attention du Professeur Guy Vallancien ... (Fallait bien que quelqu'un s'y colle, n'est-ce pas) ...

 ==> Message audio à l'attention du Professeur Guy Vallancien.

Il commence quand, le vrai débat démocratique sur le sujet de l'innovation en santé ?

OGM : j'en veux - j'en veux pas ; comment sauver l'industrie auto gauloise ; comment RElocaliser ou DEmondialiser (programme de Marine Le Pen et d'Arnaud Montebourg) ... les Gaulois accaparés par ces questions ignorent le "génotsunami" qui arrive pourtant droit sur eux : en 2015 - 2020 au grand plus tard -, la médecine de prévention s'installera, avec le séquançage du génome qui permettra de diagnostiquer et de traiter bien des maladies graves (telles que la mucoviscidose ou le cancer de la peau) avant même la naissance ... Un "génotsunami", vous dis-je, qui va balayer l'image que l'on se fait de la médecine libérale et des assoc' de patients, puisqu'il ne s'agira plus d'orienter un patient vers un spécialiste - le rôle du toubib généraliste - ni de gérer les conséquences d'une maladie - le rôle des assoc' de malades ...

Les imprimantes d'organes 3D sont en route ... ce qui fait rire les Gaulois (enfin, le peu qui en a entendu parler), pourtant, tous les spécialistes en médecine et chirurgie de pointe (le gratin de la recherche scientifique mondiale) s'accordent à dire que la question n'est plus de savoir si ces organes imprimés en 3D marcheront ou pas, car cela sera bel et bien le cas ... la question est de savoir quand cela marchera ...

Alors, il commence quand, le vrai débat démocratique sur le sujet de l'innovation en santé ?

Ce matin, conversation avec un éditeur gaulois, qui est intéressé par un bouquin de CONSTAT sur le manque de volonté d'innover en France, et les contradictions : mieux vaut être mauvais tous ensemble que d'essayer de s'améliorer ... Un bouquin court, qui tende un miroir (il arrive que cela remette les pendules à l'heure, de se voir tel que l'on est ...), avec pour titre quelque chose du genre : "La décadence française" ... Un bouquin qui tire les leçons de la politique, qui ne soit pas que sur la "e-santé" ... On s'étonne du score élevé de Le Pen - Marine ou le père, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, dixit Laurence Parisot dans son dernier livre : "Un piège bleu marine" ... Or le FN propose de revenir en arrière (refaisons des frontières et des défilés en l'honneur de Jeanne d'Arc) et cela plaît beaucoup aux Gaulois qui ont peur que le ciel leur tombe sur la tête ... Les autres candidats à la présidence 2012, eux, proposent de ne rien changer ou très peu (Aubry, Hollande ...) ... Pas sûr qu'à droite ils apportent beaucoup de changement non plus ... Quant au troisième candidat des Primaires socialistes, le candidat dit "surprise", Arnaud Montebourg, il propose lui aussi (tout comme Marine) de revenir en arrière ...

Pour le Gaulois lambda, ne pas changer, revenir en arrière, démondialiser, relocaliser, c'est lutter contre le chômage ... C'est dire si un débat sur l'innovation n'est pas à l'ordre du jour ...

Le climat gaulois n'est donc guère propice au "vrai débat démocratique" sur le sujet de l'innovation en santé. Les Gaulois confondent innovation et mondialisation - celle qui a apporté le chômage parce qu'on n'a pas su réfléchir à ce qu'on allait proposer aux Chinois à acheter, en échange de ce qu'on leur achète, nous ... bon ok y a bien le foie gras et le pinard ... mais cela ne suffit pas ... Génomique, métiers de l'internet (économie 2.0 ou les métiers du Net) ? Les Gaulois qui ont peur que le ciel leur tombe sur la tête sont bien loin de tout cela. Ils disent qu'il faut des services à la personne. Qu'il faut relocaliser. Qu'il faut démondialiser ...

Pour le Gaulois lambda, innovation = mondialisation = chômage. Il n'en veut pas. Pourtant, c'est tout le contraire :

Innovation= création d'emplois 

A condition d'avoir un vrai débat démocratique sur l'innovation en France ... Il commence quand ?

 ... Euh ...

Bien ... Commençons par regarder la petite vidéo suivante, voulez-vous ?


CHAM 2011 - Prédire, prévenir, changer ou apocalypse ? from pikel on Vimeo.

La performance en santé, c'est quoi ?

Performance = quantité ?

En France, on dit que la santé n'a pas de prix. Quand on soigne, on ne compte pas ... C'est la quantité qui compte, en tout cas c'est elle qui nous rassure et fait de nous des champions en consommation de médicaments ... dont on préfère souvent ignorer les effets secondaires ... que ces derniers soient la faute aux "labos pharmaceutiques" (qui les auraient caché plus ou moins) ou non ... "Mieux vaut prévenir que guérir" : ce proverbe nous est étranger, même si la médecine chinoise millénaire en a fait sa base, et ce n'est pas d'hier ... Les Chinois, y sont bizarres, qu'y disent, les Gaulois ... La performance, en santé, consiste donc à créer le plus possible de dépendants au système du médicament (faut faire travailler notre grand "labo pharmaceutique" national Sanofi, champion de l'industrie gauloise), à multiplier les malades suivis dans le Système des Soins ... plutôt que de regarder du côté de la prévention (qualité de l'habitat et de l'alimentation, utilisation de pesticides et autres produits chimiques) ... La prévention, moins glamour que l'ouverture d'un nouveau bloc opératoire équipé d'un système de chirurgie mini-invasive assistée par ordinateur à 2 millions d'Euros pièce ...

Performance = qualité + quantité ?

Et si la performance en santé, c'était non pas de multiplier les malades à prendre en charge, mais, au contraire, de réduire leur nombre ? Cela, nous ne voulons pas l'entendre (libertéégalitéfraternité) ... La quantité nous rassure : il y a de l'ordre de 8 milliards d'Euros d'actes médicaux en double ou triple dans le pays (voir) ... Oooops ... Se serait-on trompés quelque part ? Probablement sur la quantité ... celle qui doit nous rassurer ... Si la santé n'a pas de prix, elle a un coût - ce que viennent nous rappeler lesdits 8 milliards d'Euros ...

"Systèmes des Soins" n'équivaut pas à "Santé" ...

La prévention ne doit pas remplacer la qualité, mais la quantité ...

Donc ...

Performance = prévention + qualité


CHAM 2011 - La performance en santé, c'est quoi ? from pikel on Vimeo.

CHAM 2011 : convention analyse de notre système de santé (Chamonix)


Cette convention se déroulait vendredi 30/09 et samedi 1er octobre 2011 à Chamonix. Cette année, tout comme l'année dernière, je me suis régalée avec les petites vidéos de CHAM. Ce congrès, réservé à quelques happy few (à Chamonix) est néanmoins ouvert à tous (les débats et tables rondes peuvent être suivis en différé) : voir. Cette année, réflexion sur le thème :

"La santé vaut-elle le cou(p)t ?"

Quoi que fasse l'hôpital public, la santé, telle qu'on la connaît aujourd'hui, coûte cher. Trop cher. Pourtant, les Gaulois préfèrent faire l'autruche. Ne pas remettre en question la solidarité en toute chose. Et croire dur comme fer qu'on a le meilleur système de santé au monde. Pourtant, la prise en charge des patients urgents laisse à désirer, ainsi que la chirurgie ambulatoire et bien d'autres choses encore, dans cet hôpital public qui peine à répondre à la demande (peiner est un doux euphémisme) mais continue d'affirmer haut et fort qu'il peut le faire ... ou bien, faut-il dire, est fermement incité à l'affirmer haut et fort (par le Ministère de la santé ?) ... Comment rentabiliser au mieux l'argent public en matière de santé dans une population vieillissante ? Comment faire passer l'innovation chez les Gaulois, qui ont toujours peur que le ciel leur tombe sur la tête (cf. l'autruche ...) et attendent tout de l'Etat (pourquoi iraient-ils payer pour leur santé si l'Etat peut -donc doit - le faire à leur place ...) ? De plus, nous, les Gaulois, on confond innovation et délocalisation, alors que l'innovation est le contraire de la délocalisation ... puisqu'elle donne du boulot, réduit le chômage ...

Je vous invite à découvrir ces six vidéos qui résument l'esprit de CHAM (Convention on Health Analysis and Management), et vous verrez que cet esprit sait venir à nous usagers de la santé lambda, sans rester indéfiniment perché (enfermé) dans les hauteurs des montagnes à Chamonix ... Six vidéos à faire passer dans les moeurs, de toute urgence ...

D'habitude je suis le déroulement de CHAM sur mon ordinateur, et ne manque pas d'envoyer des questions aux intervenants via Twitter et e-mail ... Cette année, c'était un peu spécial ... Dimanche dernier, Steve Jobs, alias Apple Marketing Guru ("gourou" en orhtographe gauloise) était aux trois-quarts parti chez Dieu le père. Mais on l'a réanimé, encore et encore, pour qu'il tienne bon ... Il y avait la présentation de l'iPhone 4S en début de semaine par le successeur de Steve, Tim Cook, à présent Numéro Un d'Apple Inc. Il fallait que Steve tienne bon ... (ah bon ?!) ... Du coup les fans d'Apple ont critiqué la présentation, reprochant au nouveau Numéro Un son ton sombre (tu m'étonnes) ... Steve est décédé mercredi en début d'après-midi heure française ou quelque chose comme cela ... Aurait-il eu une fin plus paisible s'il n'avait pas été réanimé encore et encore ? Je pense que David Servan-Schreiber ("the Doctor", l'auteur d'"Anticancer" et "Guérir" et "On peut se dire au revoir plusieurs fois" - Steve Jobs le connaissait bien, d'ailleurs) a eu une fin plus paisible (sans deadline imposé soit-disant à cause d'un "nouvel" iPhone à présenter au marché mondial et planétaire) : dans la maison familiale en Normandie, entouré de ses proches, qui ont suivi ses volontés ... Je ne crois pas que "the Doctor" aurait apprécié d'être réanimé encore et encore, comme Steve l'a été un tout petit peu ... Ayant suivi cette fin de Steve d'assez près, je n'étais pas très dispo pour CHAM, vraiment désolée (surtout pour Steve) ... Vous savez quoi ? Je crois qu'il aurait bien aimé ces petites vidéos ... A vous de les découvrir ...

"Prédire, prévenir, changer ou apocalypse ?" :


CHAM 2011 - Prédire, prévenir, changer ou apocalypse ? from pikel on Vimeo.

"Y a-t-il un juste prix pour l'innovation en santé ?"


CHAM 2011 - Y a-t-il un "juste prix" pour l'innovation en santé ? from pikel on Vimeo.

"La performance en santé, c'est quoi ?"


CHAM 2011 - La performance en santé, c'est quoi ? from pikel on Vimeo.

"Doit-on rester solidaires ?"

CHAM 2011 - Doit-on rester solidaires ? from pikel on Vimeo.

"Quels principes pour un système de santé efficient et équitable ?"

CHAM 2011 - Quels principes pour un système de santé efficient et équitable ? from pikel on Vimeo.

"La santé, coût ou valeur dans notre économie ?"


CHAM 2011 - La santé, coût ou valeur dans notre économie ? from pikel on Vimeo.

A découvrir ces six vidéos, on voit à quel point il est urgent de rééduquer les usagers de la santé : ne pas prendre le virage de l'innovation, c'est aller dans le mur ... Pourtant, le Gaulois lambda ne soupçonne rien de tous ces problèmes ... ou à peine ... si peu que ce n'est même pas la peine d'en parler ... D'ailleurs il ne veut même pas en entendre parler : "La Sécu cela fait plus de 20 ans qu'on nous dit que demain c'est fini ... On n'y croit pas ... On a un des meilleurs systèmes de soins au monde", dixit le Gaulois lambda (hein, n'est-ce pas que j'ai raison ?) ... Il est urgent d'éduquer le "santoyen" (ok ce mot fait un peu étrange et bricolé, mais peut-être qu'il résume la situation) ... et c'est heureux que CHAM s'y colle ... Donc : pour ces vidéos, comme d'hab : BRAVO et MERCI !

"La santé vaut-elle le coup(t) ?"

Un sommet ou convention sur l'analyse du système de santé et de son management (CHAM) aura lieu les 30 septembre et 1er octobre 2011 à Chamonix (voir). Un événement streamé en live, à ne pas rater ... L'organisateur de ce sommet, le Professeur Guy Vallancien, fondateur de l'Ecole Européenne de Chirurgie à Paris, promet un "questionnement sans concessions" sur l'état actuel du système de santé en France ... avec benchmarking : points de comparaison avec d'autres pays. Je prépare donc mes questions pour CHAM. Pour commencer, en voici une en matière de transplantation rénale : "la santé vaut-elle le coup(t) ?"

Le mantra du Don et le sang de cordon

L'Agence de la biomédecine est un lobby. Un lobby des labos pharmaceutiques fabricants d'immunosuppresseurs, ces drogues anti-rejet que les patients greffés doivent prendre à vie ... C'est ce que disaient hier certains acteurs et observateurs de la e-santé et de la télémédecine en France lors d'une réunion de travail ... Je leur ai expliqué comment la stratégie en matière de discours public sur le don d'organes (ledit discours public étant financé par les labos pharmaceutiques et l'Agence de la biomédecine) consiste à dire que les problèmes éthiques dans les transplantations d'organes se situent du côté de la transplantation faciale, et non de celui des organes vitaux.

Vous voulez la vérité ? La vérité, c'est que la transplantation rénale fait gagner beaucoup d'argent à la Sécu. Le diabète et l'hypertension sont une véritable pandémie, tous deux peuvent conduire à l'insuffisance rénale ... puis à la dialyse (coûteuse : ce sont trois séances de 4 heures/semaine pour nettoyer le sang grâce à des machines) ... La dialyse est coûteuse, difficile à supporter, contraignante, on ne peut pas dialyser l'ensemble des patients qui en ont besoin, avec la Sécu qui-prend-tout-en-charge. Ledit système de prise en charge exploserait en vol ... Il faut donc transplanter des reins à tout prix. Il y a même un programme "old for old" : on prélève les reins chez des gens âgés et on les greffe chez des gens âgés, sauf qu'au lieu de greffer un rein par personne, ce qui est fait d'ordinaire, on en greffe deux, en espérant que deux moteurs qui fonctionnent mal feront, tant bien que mal, le travail d'un moteur qui fonctionne à peu près bien ... ou pas trop mal ... ou mieux que pas du tout ... 15.000 patients en attente d'organe en 2010 en France (chiffres : Agence de la biomédecine), les deux tiers attendent un rein. Cherchez ce qui pousse à industrialiser la greffe d'organes, donc le prélèvement d'organes vitaux sur patients se trouvant soit en coma dépassé ("mort" encéphalique ou "brain failure"), soit en "arrêt cardio-respiratoire persistant" (heart failure)  : la transplantation faciale (les cas réalisés en France se comptent sur les doigts d'une main) ou la transplantation rénale ? Les labos pharmaceutiques fabricants d'anti-rejets, ces médicaments que les greffés doivent prendre à vie, ont intérêt à véhiculer ce discours auprès du grand public : la transplantation d'organes, cela sauve la vie (ce n'est pas toujours vrai) ; la transplantation faciale ... on ne sait pas très bien ce que c'est ... De la chirurgie esthétique ? Ce discours est évidemment biaisé. Il s'agit de détourner l'attention du public des vrais problèmes de déontologie médicale ... Industrialiser la transplantation rénale exige d'introduire des biais financiers, déontologiques et éthiques dans l'organisation du système de la santé ... Pendant qu'on le fait, jour après jour, on préfère que le grand public se dise : "oui, transplanter des organes vitaux, qui sauvent la vie, c'est bien ; tandis que pour ce qui est du visage, l'identité, bla bla ..." Ce qui déclenche la traite des organes dans le monde, ce sont les besoins en reins à transplanter (le diabète est une pandémie mondiale ou presque) ... pas la transplantation faciale ... Pardon de rappeler cette criante évidence ...

Voilà donc, en gros, ce qui se cache derrière cette formule qu'on entend de temps à autre dans la bouche des usagers de la santé et des soignants : "La transplantation d'organes, oui, mais à quel prix ?"

Je reçois régulièrement des appels de la part de médecins et chiurgiens travaillant à DAFOH (une association réunissant des acteurs de la santé luttant contre le trafic d'organes dans le monde). Cette semaine, un médecin de DAFOH était choqué par le "black out" complet de cette problématique du trafic d'organes en France ... que ce soit par les chirurgiens transplanteurs, ou par l'Agence de la biomédecine. Il m'a confirmé la non-coopération absolue et de principe du Professeur Denis Glotz à l'hôpital Saint-Louis, Paris, qui dirige le service de néphrologie et transplantation rénale, et du Docteur Christian Hiesse, hôpital Foch, Suresnes, service de néphrologie et transplantation rénale. Bon, fort bien. Mais ils ne sont pas les seuls. Loin de là ... Voilà qui ne devrait pas surprendre ce médecin de DAFOH : il n'est pas dans l'intérêt de l'Agence de la biomédecine de reconnaître que le trafic mondial de reins constitue une menace pour la population. Ladite menace, bien évidemment, ne fait pas demi-tour une fois arrivée aux frontières de notre hexagone, telle ce fameux "nuage" provenant de Tchernobyl ... Seulement voilà ... Il faut prélever des reins pour raisons de rentabilité économique. Point barre. Donanonymatgratuité : c'est le mantra à répéter au bon peuple, à chanter sur tous les tons, pour dire que tout va bien ... De mon côté, je reçois régulièrement des appels et messages de Français très éprouvés par la crise économique, souhaitant vendre un de leurs reins à de riches étrangers ... Je signale depuis 2006, sans me lasser, l'existence de ces demandes aux chirurgiens transplanteurs, à l'Agence de la biomédecine, au comité d'éthique de l'Elysée (le CCNE), personne n'en a cure (cf. le mantra) ... Je me rappelle qu'aux Journées de l'Agence de la biomédecine, en mai 2011, le Dr. Hiesse m'a affirmé ignorer jusqu'à l'existence d'une enquête visant à recueillir l'opinion des soignants sur les prélèvements d'organes et qui est coordonnée par des soignants dont certains exercent à Foch (lire) ... Cette enquête s'appelle OPTIDO. Bah, pensez-vous ma brave dame, ce n'est là qu'une enquête parmi tant d'autres, sans plus, il ne faut pas vous focaliser là-dessus ... L'art de noyer le poisson pour qu'il reste à tourner en rond dans son bocal, sans empêcheurs ni pêcheurs ... Le don d'organes est devenu un mantra.

On prive de plus en plus de patients des droits de la personne - leur état diagnostiqué comme irréversible équivaut à leur mort, donc ils n'ont plus les droits de la personne, ils n'ont plus aucun droit, ils sont un réservoir de reins et de foie - pour pouvoir transplanter des reins, ce qui est économiquement rentable ... Priver des patients dits "en fin de vie" des droits de la personne, ce n'est pas anodin ... surtout depuis la loi sur les droits des malades en fin de vie, dite loi Leonetti (avril 2005) ... Si le patient se trouve être un potentiel donneur, il sera exclu de cette loi puisque son état dit "irréversible" équivaudra à son décès. Une fiction juridique, bien commode, pour éviter les poursuites en justice ... Sauf que, mondialisation oblige, dans les pays anglo-saxons et au Canada les choses commencent à bouger. On commence à reconnaître publiquement que la mort encéphalique est ... une fiction juridique ... et non un concept scientifique ... Les médecins gaulois se cramponnent à leurs certitudes qui s'effritent à vue d'oeil : "Nous avons le diagnostic de mort encéphalique le plus sûr au monde !" Si tel est le cas, pourquoi la Harvard Medical School de Boston souhaite-t-elle faire marche arrière sur la validation du concept de "mort encéphalique" pour définir la mort depuis quelques années ? L'usager de la santé dont le consentement au don de ses organes à sa mort ... encéphalique est inscrit dans la loi est-il censé se transformer en expert pour trancher dans cette querelle de spécialiste qui le prend en otage à l'insu de son plein gré ? Et décider qui a raison ? Les Yankees ou les Gaulois ? OM, PSG ou Super Bowl ? Où vont la science et la déontologie, ma brave dame ...

Afin d'augmenter le nombre de prélèvements de reins, l'Agence de la biomédecine met en place un logiciel de recensement. L'identité des gens peut ainsi être enregistrée à leur insu - ce qui est contraire à la réglementation imposée par la CNIL ... C'est là une réalité, plus exactement, une mission, confiée à l'Agence de la biomédecine par le Ministère de la santé dont l'Agence dépend : tout ce qui a des "chances" de pouvoir déboucher, de près ou de loin, sur un diagnostic de décès neurologique, doit être répertorié. Une brave mère arrive avec son fils traumatisé facial suite à un accident de ski, hop, ni vu ni connu (donc à l'insu du patient et de sa mère) les données personnelles - nom adresse téléphone etc. évolution de l'état du patient vers un potentiel décès en se basant sur une incompétence du cerveau etc. - vont être entrées dans ce logiciel, avec une "bidouille" pour contourner l'interdiction de la CNIL : le premier écran, une fois les données personnelles enregistrées, s'efface ... Il faut donc effectuer deux fois la saisie de ces données ... Une fois fait, une alerte parvient aux services de coordination des transplantations d'organes ... Aux Journées de l'Agence de la biomédecine en mai 2011 à Paris, une infirmière s'en étonnait : ce n'est pas très ergonomique, de saisir deux fois de suite des données ... Ben oui ma brave dame, lui a répondu l'animateur de la session, mais vous comprenez, y a la CNIL ... J'ai enregistré cette petite session ... savoureux ...

Ce fatras de biais financiers et déontologiques, que je n'ai fait qu'esquisser ici, pointe vers un coupable retard de la France dans le domaine du sang de cordon ombilical ... Pendant 30 ans, on a cherché à transplanter des organes, pour que les labos pharmaceutiques puissent vendre leurs médicaments anti-rejet. Pour cela, on a mis en place un "Marketing social du don" (Philippe Steiner, sociologue, la Sorbonne), ignorant la voie qui conduit à la régénération des organes grâce aux cellules souches du sang de cordon ombilical (voir). Une voie concurrente, rivale, qui faisait de l'ombre au "Marketing social du Don", donc aux vendeurs d'immunosuppresseurs ... Aujourd'hui on se réveille tout juste ... Parce que la transplantation (rénale) dans le monde est devenue un jeu de massacre à cause du trafic d'organes ... et du douloureux problème de pénurie ... dont le vrai nom devrait être absence de recherche d'alternatives à la transplantation d'organes durant 30 ans ... Actuellement, pour régénérer le foie, les reins et autres organes solides, "(...) la plupart des chercheurs se tournent vers les cellules multipotentes du sang de cordon ou du placenta, ou encore des cellules 'étapes' sur le chemin de la différenciation, les cellules précurseurs. Plus ils avancent, plus ils prennent la mesure de la complexité du fonctionnement cellulaire, mais plus ils commencent à comprendre ces mécanismes fins. Cette complexité justifie la pluralité des approches - cellules embryonnaires, pour la recherche pure, sans application clinique dans l'immédiat, séduisantes par leur potentiel de multiplication, avec un risque évoqué mais non prouvé de prolifération incontrôlable, et cellules souches plus ou moins spécialisées, sans que l'on sache encore quelle démarche l'emportera (...)." Source : Michèle Biétry : "Guérir avant d'être malade. Les promesses de la nanomédecine", Robert Laffont, 2011. En France, la pionnière de la greffe de sang de cordon, le Pr. Eliane Gluckman, de l'hôpital Saint-Louis à Paris, a signalé à l'Assemblée Nationale fin 2010 que les choses commençaient à peine à bouger, après 30 années d'inertie ... Les banques de sang de cordon se créent ... lentement ... tandis que les nouvelles lois bioéthiques (juin 2011) interdisent la recherche sur les cellules souches embryonnaires. La France, enlisée dans un bioconservatisme qui va bientôt lui permettre de rivaliser avec la Corée (du Nord) en matière de télémédecine, de e-santé et de recherche biomédicale - voir l'excellent livre du Pr. Philippe Even : "La Recherche biomédicale en danger", Editions du Cherche-Midi, décembre 2010 ? Je pose la question aux intervenants de CHAM. Pour ma part, j'observe qu'effectivement, la France s'enlise dans un bioconservatisme (en général) et dans un "Marketing social du don" (en particulier) que je ne me lasse pas de dénoncer et de documenter grâce à des témoignages poignants ...
[Droits image]

Convention on Health Analysis and Management: CHAM 2010

Everything you always wanted to know about Public Health management in France but were afraid to ask! 

Crisis in health management in France! Public hospitals are loosing loads of money.

H1N1-related costs in France: 2.2 billion euros! The French touch ...
Just another Convention, stating this crisis and crying over spilled milk ?  Not quite! This convention, of the unusual kind, just took place in Chamonix (France). Can we change things? The motto, the watchword is:

yes we CHAM! (in 5 videos)

Initial medical education


Continuous medical education


Opinion, medias, doctors, industrials and politics


Patients lobbying


New jobs in health care

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'organisation du système de la santé sans jamais oser le demander

La Convention à Chamonix sur l'organisation du système de santé (24-25/09/2010) vient de s'achever ... Un Nième congrès médical bidon ? Du tout ! Jugez plutôt ... Voici donc :
 CHAM 2010 en vidéo sur You Tube  ...
La ci-devant grippe A, traitée avec des moyens révolutionnaires

LA FACTURE EST SALEE
2,2 milliards d’Euros

"Les économies à réaliser pour le déficit de la Sécurité sociale s'élèvent à 2,5 milliards d'Euros" ("Good morning business", BFM, la radio de l'économie, 28/09/2010) 

Percutantes, pleines d'humour, ces vidéos courtes ont été diffusées lors de la Convention. Elles font passer des messages aussi sérieux qu'urgents. L'organisation du système de santé en France. L'accès à la santé n'est plus le même pour tous. Ce n'est pas une question d'argent, c'est une question d'information. Benchmarking avec d'autres pays : Suède, Canada, pays Scandinaves ...

Une campagne de communication grand public hors normes et unique, à consommer sans modération afin de faire ENFIN bouger les choses. 


"Nous sommes un pays très mal adapté aux évolutions naturelles, du coup, de temps à autre on fait une révolution pour éviter la sclérose totale." (Professeur Thomas Tursz, cancérologue et directeur de l'Institut Gustave Roussy de Villejuif.) 

Citation extraite du livre "La Révolution médicale", Seuil, 2003. Auteurs : Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française ; Professeur Thomas Tursz, cancérologue et directeur de l'Institut Gustave Roussy de Villejuif ; Professeur Guy Vallancien, chirurgien urologue de l'Institut mutualiste Montsouris ; Pierre Boncenne, journaliste.

Formation médicale initiale

Une video qui se passe de commentaires, surtout en ce qui concerne les médecins généralistes. A quand la déclinaison "made in France" du médecin généraliste canadien du XXIe siècle ? Parler de la souffrance des étudiants en médecine ? Le Dr. Martin Winckler l'a si bien fait, voir son livre intitulé "Les Trois médecins" (P.O.L., 2004). Les infortunés carabins y connaissent "Les Désarois de l'élève Törless" décrits par l'écrivain autrichien du siècle dernier, Robert Musil (l'auteur de "L'Homme sans qualités"). Ici, les hommes sans qualités, ce sont les organisateurs du système de formation médicale français : quinze pour cent de reçus au concours du premier cycle d'études médicales première année (le PCEM 1) ... Faut-il changer le système ? Oui. Est-ce possible ? "YES WE CHAM !"



Formation médicale continue

Le lobbying des patients : Progrès social ou rupture de solidarité ?

 

La santé : quels nouveaux métiers et quels nouveaux usages ?


Opinion, médecins, industriels et politiques face au bénéfice/risque

 

La médecine est un peu malade, CHAM est à son chevet

"Yes we CHAM !" Les 24 et 25 septembre 2010 s'est déroulée à Chamonix, sur une initiative du Professeur Guy Vallancien, chirurgien urologue de l'Institut mutualiste Montsouris, fondateur et président de l'Ecole Européenne de Chirurgie (Paris), une convention sur l'organisation des systèmes de santé tout à fait inédite. Ce Davos de la santé a rassemblé plus de 250 décideurs et experts de premier plan : médecins, universitaires, institutionnels, assureurs, industriels et politiques. Ils ont confronté leur avis, ouvertement et sans ambiguité, sur le thème crucial de l'organisation, de la formation et de l’information dans la médecine actuelle.



Aussi percutant que cette présentation de CHAM 2010  :  l'ouvrage de 2003 (Seuil) : "La Révolution médicale", par Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française, le Professeur Thomas Tursz, cancérologue et directeur de l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, et le Professeur Guy Vallancien, chirurgien urologue de l'Institut mutualiste Montsouris, ainsi que le journaliste Pierre Boncenne : bilan (réaliste) de l'état du système de soins en France ... Après avoir suivi les présentations, débats et tables rondes de CHAM 2010, je me rends compte que bien des propos tenus dans cet ouvrage de 2003 restent d'actualité ...
Retransmission en direct et en traduction simultanée du congrès CHAM 2010 sur le site officiel : http://www.canalcham.fr/ (voir programme)

Convention sur l'organisation du système de santé à Chamonix

Cette convention se déroule actuellement (24-25/09/2010) à Chamonix, sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy. Elle est la deuxième du genre. Soigner, former, informer : faits, analyses, benchmarking avec les autres pays, tables rondes. Langue de bois s'abstenir ... Ici, c'est la vie de montagne, sans artifices ni trucages ... Petit rappel de la grande première, CHAM 2009, en six vidéos :

Communiquer


Evaluer


Financer


Innover


Produire


Soigner

La Revolution médicale

Au cours de l'année 2002, Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française, Thomas Tursz cancérologue et directeur de l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, et Guy Vallancien chirurgien urologue de l'Institut mutualiste Montsouris se sont réunis plusieurs fois sous le regard de Pierre Boncenne, journaliste, pour faire un bilan (assez réaliste) de l'état du système de soins en France, élaborer une réflexion et une prospective sur la médecine du XXIème siècle. Ce livre rapporte le résultat de leur expérience et de leur vision de professionnels reconnus de la santé en 8 chapitres sur la recherche, l'hôpital, les professions de santé, les médicaments, l'évaluation, l'information et les médias, l'espérance de vie, les inquiétudes et les espoirs.
Il existe fort peu d'autres livres ou études en France aussi complets sur ces sujets que cet ouvrage paru en mars 2003.

Voici ma question adressée à Canalcham, à l'occasion de la Convention sur l'organisation des systèmes de santé qui se tient aujourd'hui et demain à Chamonix :

Bonjour,
Usager de la santé, j'ai lu avec grand intérêt l'ouvrage pédagogique, extrêmement documenté de Jean Pierre Davant, Pr. Thomas Tursz, Pr. Guy Vallancien, Pierre Boncenne : "La Révolution médicale" (Seuil 2003).
Recherche, hôpital, professions de la santé, médicaments, évaluation, information et médias, espérance de vie : tout appelle à un changement de paradigme. A l'hôpital, innovation et créativité ne font pas bon ménage.

"L’innovation peut être définie comme un changement de la réalité. La créativité comme un changement de la perception." Luc de Brabandere, co-directeur du Boston Consulting Group.
Voir le lien vers la présentation de Luc de Brabandère : "Les 10 paradoxes de la créativité" :

http://www.universite-du-si.com/fr/conferences/4/sessions/817

Innovation et créativité ne sont donc pas synonymes, très loin s'en faut. L'innovation, en matière de santé, c'est : un peu plus de la même chose : plus joli, plus si, moins ça, mais c'est toujours la même chose : plus ça change, plus c'est pareil, comme diraient les Shadoks. La créativité, c'est la rupture. Et la rupture, ça fait mal, c'est-à-dire que ça pose la question qui tue : aurait-on raté une occasion de voir le monde autrement ? Il me semble que c'est précisément à cette question que répondait cet ouvrage de 2003, dont la lecture devrait être obligatoire pour tous les personnels de santé et usagers de la santé : "Aurait-on raté une occasion de voir le monde autrement ?" Oui, répond l'ouvrage, et voici comment, et voici pour quels domaines (recherche, hôpital, professions de la santé, médicaments, évaluation, information et médias, espérance de vie).
Ma question : avez-vous été entendus, la rentabilité est-elle toujours un gros mot à l'hôpital, les changements de paradigme que vous appeliez de vos voeux en 2003 se mettent-ils en place ?
La question est certes ambitieuse, mais elle se prétend à la hauteur de l'ouvrage "La Révolution médicale".
Merci par avance pour vos éclairages.

Catherine Coste

Fiche de lecture sur cet ouvrage, "La Révolution médicale" : La recherche, l'hôpital, les professions de la santé, les médicaments : télécharger le document PDF (26 pages, 316 Ko.) A venir : l'évaluation, l'information et les médias, l'espérance de vie, inquiétudes et espoirs.

==> Les soins de santé en Europe et aux USA : Doc PDF (1,35 Mo.)