Scientific MOOCs follower. Author of Airpocalypse, a techno-medical thriller (Out Summer 2017)


Welcome to the digital era of biology (and to this modest blog I started in early 2005).

To cure many diseases, like cancer or cystic fibrosis, we will need to target genes (mutations, for ex.), not organs! I am convinced that the future of replacement medicine (organ transplant) is genomics (the science of the human genome). In 10 years we will be replacing (modifying) genes; not organs!


Anticipating the $100 genome era and the P4™ medicine revolution. P4 Medicine (Predictive, Personalized, Preventive, & Participatory): Catalyzing a Revolution from Reactive to Proactive Medicine.


I am an early adopter of scientific MOOCs. I've earned myself four MIT digital diplomas: 7.00x, 7.28x1, 7.28.x2 and 7QBWx. Instructor of 7.00x: Eric Lander PhD.

Upcoming books: Airpocalypse, a medical thriller (action taking place in Beijing) 2017; Jesus CRISPR Superstar, a sci-fi -- French title: La Passion du CRISPR (2018).

I love Genomics. Would you rather donate your data, or... your vital organs? Imagine all the people sharing their data...

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Affichage des articles dont le libellé est SANG DE CORDON;CORD BLOOD. Afficher tous les articles
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After Swedish Ikea, Behold Danish Biohacking! Après les logiciels d'open source, voici le bio-opensource !

Après les meubles en kit Ikéa, bientôt des organes ... faits maison ! La frontière qui sépare les technologies de l’information de celle des biotechnologies est si ténue qu’elle est sur le point de disparaitre. "Après les logiciels d'open source, voici le bio-opensource !" Cette phrase un tantinet geek signifie qu'un jour (pas si lointain ...) le séquençage du génome nous permettra de fabriquer des organes, d'imprimer nos médicaments - grâce à des imprimantes 3D et au séquençage du génome, à la médecine régénérative avec les cellules souches, etc. Bref, un (beau ?) jour pas si lointain, il sera possible de se ... bricoler soi-même ... On s'y met sérieusement au Danemark (mais aussi en Chine, en Californie, etc). Voilà qui bouscule sacrément des notions bien ancrées comme Dieu le Père, Big Pharma et les Blouses Blanches ... et qui mérite donc qu'on y réfléchisse ... Pour que le Jour soit Beau, faut l'avoir préparé ... avoir réfléchi à comment on va faire pour que la démocratie y trouve son compte ... Sauf que ... Le pouvoir en place n'a pas intérêt à promouvoir les solutions de demain auprès du grand public (voir l'histoire des Empereurs et des Barbares), car il verrait disparaître ses rentes de situation ... Aucun Empereur n'a jamais laissé les Barbares prendre le pouvoir sans se défendre ...  

"La e-santé devient le nouvel Eldorado de l'Internet US ... Ce n'est pas encore le cas chez nous ... Mais cela va venir avec le retard gaulois habituel (3 ans ?)" (Jean-Michel Billaut, FB, 28/04/2013)


Pic.
Séquençage du génome, fabrication de tissus et d'organes en laboratoire (bioengineering) ... tout cela est en route (pas en France, mais qu'importe, c'est en route) ... mais ce qui est aussi en train de passer dans les mœurs, c'est le "do it yourself" avec le matériau biologique humain ... Demain, ce qui était réservé aux laboratoires scientifiques et à "Big Pharma" pourra être manipulé par un quidam (vous, moi) dans sa cuisine ou son garage ... Pendant ce temps, il est toujours interdit de faire séquencer son génome en France, sous peine d'amende et même de prison !

"La directrice de l'Agence de la Biomédecine (ABM) insiste sur le fait que 'dans le domaine de la génétique médicale, l'information est complexe à décrypter et il n'est pas raisonnable de gérer seul ce type d'information'. Il est donc important que 'le conseil génétique [reste] dans une démarche de soins et d'accompagnement'.
Enfin, elle précise que l'achat de ces tests via Internet est interdit pour les résidents français, sous peine de 15 000 euros d'amende et un an de prison."

Sources: La Croix (Pierre Bienvault) 16/04/2013 

Au lieu de préparer demain, l'agence du gouvernement experte dans l'encadrement des activités de procréation médicalement assistée, "don" et prélèvement d'organes (allocation des organes), moelle osseuse mène des combats d'arrière garde : pourquoi s'évertuer à promouvoir le don de moelle osseuse alors qu'il y a le sang de cordon ombilical ?? L'éternelle histoire des Empereurs et des Barbares : Big Pharma paie les Blouses Blanches pour promouvoir le don de moelle osseuse, pas celui du sang de cordon ...

Faire en sorte qu’il existe une vraie communauté du bio-opensource en France

"On voit aujourd’hui fleurir les débats sur la nécessité -ou pas- de développer un écosystème fort dans le domaine des biotechnologies. Fair et raisonnable : bonne question. On se la pose cependant depuis vingt ans.
Ce qui est certain c’est qu’en France, il y a de bonnes compétences dans ce domaine. Des fonds comme Sofinnova ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, s’orientant exclusivement vers ce secteur pour sortir en totalité du secteurs des technologies de l’information. Toutefois, on pourrait se demander s’il existe en France un vrai débat sur les enjeux des biotechnologies. Certes, nous disposons des outils à l’égard de la réflexion sur l’éthique qu’il convient d’appliquer au potentiel de ces technologies. Mais cela reste un enjeux de spécialistes et la masse des chercheurs, des étudiants ou même des citoyens reste largement à l’écart de ce sujet .
Pour quiconque vient du monde du numérique, il devrait y avoir pourtant un domaine qui peut nous interpeler. Il s’agit des technologies de séquençage de l’ADN. Qu’on y songe : lorsque Craig Venter le premier parvient à un séquençage complet du génome, il aura dépensé plus de 210 millions de dollars. Pourtant, à partir de cet instant, les technologies vont évoluer à un rythme absolument stupéfiant ; et bien plus rapidement que la loi de Moore en général. En 2011, on considérait que séquencer les parties les plus importantes du génome ne coutait plus que 3000 dollars, et maintenant en 2013, on parle de moins de 250 dollars. On ne perçoit pas bien ce que cela signifie : connaitre précisément quels sont les génomes qui nous structurent est une information d’une très grande valeur pour le monde médical. On peut adapter l’ensemble des protocoles de soin, la chimie, les traitements, de façon individuelle, en en augmentant très fortement l’efficacité et en limitant les effets secondaires.
Mais c’est également dans l’analyse statistique d’un grand nombre de ces séquençages que l’on trouve aussi des opportunités d’améliorer la médecine en grand nombre. Connaitre le diffraction de gènes dans la population, leurs évolutions, leurs effets revient à pouvoir améliorer considérablement le sort des individus et in fine probablement à réduire le coût des traitements de façon drastique.
Or, cette dimension n’est pas perçue par les acteurs européens. Nombreuses sont les sociétés américaines qui se ruent sur les opportunités naissantes du séquençage génétique. En France, certains acteurs essayent de faire évoluer le débat à l’égard des données de santé, y compris celles liés à la génétique, mais cela reste encore un combat peu médiatisé. Mais au delà, peu d’industriels, peu d’acteurs institutionnels ne manifestent une réelle volonté de s’emparer de ce sujet.
Les biotechnologies, il est vrai, souffrent beaucoup du concept de 'big science' une science élitiste, réservée à quelques acteurs aux moyens très importants. Et il est vrai que c’est très largement le cas. Dans les sciences du vivant, on peut s’inquiéter de l’impact d’acteurs comme Monsanto, non pas uniquement parce qu’ils développent des technologies transgéniques, mais surtout parce qu’ils essayent de breveter des découvertes - comme plusieurs procès retentissants l’ont montré, par transposition du vivant - et non des inventions issues de leur recherche. A ce titre, il serait souhaitable, plutôt que d’essayer de favoriser l’opensource dans le domaine logiciel, dont le concept est déjà clairement compris par les protagonistes, de faire en sorte qu’il existe une vraie communauté du bio-opensource en France, souvent dénommé Biohackers dans la littérature spécialisée. Nous sommes arrivé à un point tel de développement des technologies que le coût de création d’un laboratoire est devenu marginal.   Cela aurait plusieurs vertus : d’une part permettre de démystifier la perception de 'big-science' qui entoure cet univers, d’autre part favoriser l’éclosion de nouvelles startups à fort potentiel, enfin, limiter le risque qu’un acteur commercial ne puisse s’emparer de façon abusive ou exclusive de technologies du vivant. On pense en particulier aux technologies qui permettraient de développer fortement l’agriculture dans les pays en développement. Il existe certainement quelques initiatives comme la paillasse, mais celle-ci sont trop isolées et mériteraient d’être beaucoup plus développées. Le Royaume-Uni, Israël, les États-Unis, Shanghai sont en train de se mobiliser de façon considérable sur ces sujets.
ll faut enfin et finalement comprendre que la frontière qui sépare les technologies de l’information de celle des biotechnologies est si ténue qu’elle est sur le point de disparaitre. 95% de ce qui est découvert en science du vivant l’est avec l’aide de puissants ordinateurs. De surcroît les biotechnologies mêlent de plus en plus des sous-parties électroniques dans leur mise en œuvre. Il y aurait donc également une vertu à faire en sorte que les connaissances des uns irriguent celles des autres. Nous avons de bonnes expertises dans ces deux univers, il ne tient qu’à nous de les faire fructifier." (Source).

Ellen Jorgensen : le Biohacking -- Vous aussi, vous pouvez le faire.

"It is off to London with you, Legally Bonde!"

Pendant que je me prépare à aller à Londres (encore un histoire de comédie musicale) ... je vous conseille ce blog écrit par un avocat, Maître Eolas ... Je le suis régulièrement, les articles sont longs et très documentés ... et cela en dit long sur l'état de la justice en France ...

Il est intéressant de voir que dans notre système de justice gaulois, une administration publique peut porter plainte contre une autre administration de l’État ... et la critiquer publiquement ... Aucune solidarité, donc, entre les différents acteurs du public en France - pis, ils se tirent dans les pattes ... Empilement de commissions redondantes façon usines à gaz ruineuses ... Cela voudrait-il dire que tout service administratif de notre république peut se trouver attaqué en justice pour cause de querelles de chapelles et autres magouilles politico-financières ? La réponse est ... oui ... certes ... Mais le pire est sans doute que systématiquement, les services publics assignés en justice font appel ... au lieu de reconnaître la faute ... On dirait la justice républicaine qui se fait un procès à elle-même ... Comment cette justice peut-elle rester crédible aux yeux du citoyen dans ces conditions ? Le plus amusant est le petit jeu de rôles : avant d'être attaqué en justice, ou avant que la justice rende son verdict (lenteurs administratives de la justice !), un responsable de service administratif n'a qu'à demander sa mutation en interne ... Lorsque le jugement arrive, il n'est plus là puisqu'il a été muté dans un autre service ; un autre innocent va prendre les coups à sa place, et vive le jeu de ping-pong - le nouvel arrivant déclarant qu'il n'y est pour rien puisqu'à l'époque des faits reprochés il était dans un autre service, et qu'il faut s'en prendre au responsable en poste au moment desdits faits ; lequel muté déclarant de son côté qu'il "ne-connaît-pas-le-dossier" puisqu'il a été muté dans un autre service dont il est à présent responsable ... Cherchez le coupable ... C'est comme avec ces courtiers qui jouent avec l'argent des épargnants, sans être tenus responsables des pertes financières que cela peut engendrer ... Cherchez le coupable ...

L'Agence de la biomédecine, institution gouvernementale, encadre, réglemente et promeut l'activité médicale de pointe dans les hôpitaux français (transplantations d'organes, banques de sang de cordon ombilical, procréation médicalement assistée etc.) Au Sénat fin 2009 j'ai vu des médecins furieux, traitant les grands brûlés en régénérant de la peau, notamment grâce aux cellules souches contenues dans le sang de cordon ombilical ... La France a pris un retard phénoménal pour développer les banques de sang de cordon, chacun se renvoyant la baballe pendant plus de 30 ans : banques privées-banques publiques, le privé "c'est pas bien" le public "c'est bien", etc. Pitoyable enlisement. Pendant 30 ans, j'insiste ... Ces médecins, certains travaillant à l'hôpital militaire de Percy (hôpital de pointe à Clamart), étaient donc furieux du retard pris dans le traitement du sang de cordon en France - retard coûteux puisqu'il faut en importer des USA ... à prix d'or ... C'était fin 2009, le gouvernement annonçait un chantier des lois bioéthiques avec une volonté de rattraper le retard dans le domaine des banques de sang de cordon  ... L'ancienne directrice de l'Agence de la biomédecine avait sauté ; une nouvelle était arrivée ... et devait affronter la colère de ces médecins (elle n'y était pour rien) ... D'après le Pr. Eliane Gluckman, pionnière de la greffe de sang de cordon en France, les choses ont à peine commencé à bouger en 2010 ... on tente péniblement de rattraper notre retard ...avec toute la rigidité administrative ou "1.0" de notre aimable comité bio-conservateur gaulois ... Pourtant en France on fait plein de bébés, et le don de sang de cordon ombilical est totalement indolore et sans risques pour la maman et pour le bébé ... Bref, que du bonheur ... c'est ce que disent toutes les mamans sur les forums "sang de cordon" sur Auféminin.com et autres forums de "médecine sociale" ou participative ...

Au fait, en France il n'existe pas de loi contre le harcèlement sexuel, pour le moment ... Aux USA le harcèlement sexuel est un crime puni par la prison ; en France c'est un délit puni par une amende financière ... Certains vont en profiter, de ce vide juridique sur la question ... Maître Eolas nous apprend qu'il y a bien eu une loi, approuvée au Sénat et par les associations, puis au dernier moment, un député de l'Assemblée Nationale a modifié le texte, le rendant très vague ... si bien que quelqu'un qui harcèle ou tente de violer une mineure ou un mineur en se faisant aider par un ou une collègue n'est pas plus coupable qu'un élève dessinant des zizis sur le cahier d'une de ses camarades de classe ... Comme ces modifications sont intervenues juste au moment du vote de la loi, c'est passé comme une lettre à la poste ... (C'est comme cette fameuse année où l'on a voté le budget de la "Sécu" avec 3 députés présents dans la salle, à 3 heures du matin) ... Un accusé de harcèlement sexuel s'est par la suite défendu en attaquant le texte de la loi, trop vague ... Il a eu gain de cause ... a gagné le procès et de plus le texte de loi a été purement et simplement supprimé ... Donc tous ceux en attente de jugement pour harcèlement sexuel ont été relaxés - "non lieu" ... Les associations avaient pourtant mis en garde contre l'effet dévastateur d'un texte à la formulation trop vague ... Comment se fait-il que cette modification de dernier moment n'ait pas pu être montrée au Sénat et aux associations ? Il aurait fallu refaire un tour de manège ... consulter à nouveau tous les acteurs ... Là, c'est le pire qui est arrivé : les victimes de harcèlement sexuel ont vu les accusés relaxés et pour le moment nous sommes dans le vide juridique total en attendant la nouvelle loi ... quand ? ...

Legally Blonde est une comédie musicale qui se joue en ce moment à Londres ...

22 juin : journée nationale du Marketing Social du Don d'Organes

Le Don d'organes dans tous ses états ... Une présentation que j'avais faite en octobre 2010, mais toujours d'actualité, et que je dédie à la mémoire de Steve Jobs, l'ancien patron d'Apple, greffé du foie au printemps 2009 et décédé en automne 2011 ...

J'ai bien peur que malgré tout, Steve Jobs ait commenté cet article en disant : "Not good enough..."
http://www.destinationsante.com/Il-etait-un-foie-la-transplantation.html

Pourquoi cette présentation ? J'ai la folle prétention de penser que le futur se prépare non pas demain, mais aujourd'hui ...

Le "business plan" de la transplantation d'organes expliqué aux Google Démocrates

Tout d'abord, permettez-moi de vous présenter un polar technologique paru en mars 2011 aux Editions Naïve : petite revue de presse :

Google Démocratie

"Une mine d'or pour le citoyen numérique (...)" (L'Express, 04/2011)
"Transhumanistes versus Luddistes" (Jean-Michel- Billaut, fondateur de l'Atelier Numérique BNP, 05/2011)

Présentation de l'éditeur

"2018. L'Europe, pénalisée par ses lois bioéthiques, est ruinée par une crise économique sans précédent. L'Etat providence est en faillite. Aux Etats-Unis et en Chine, la croissance est boostée par la science, qui enfonce toutes les barrières morales. Les femmes programment l'ADN de leurs futurs bébés, la génétique rend l'immortalité possible, l'humain 2.0 est sur des rails... Tout commence le jour où, à grand renfort de théâtralisation médiatique, le fondateur de Google annonce l'avènement proche de la 'singularité' : l'Intelligence Artificielle a tant appris de nous qu'elle devient sensible! (...) "

La guerre entre Bioconservateurs et Transhumanistes fait rage ...  Petit exemple, non tiré du livre : les bioconservateurs (ou Luddistes), ce sont ces médecins et autres spécialistes autorisés du Comité Consultatif National d'Ethique - le comité de bioéthique de l'Elysée - pour qui "prendre des bouts d'homme pour soigner des hommes, c'est bien ; implanter des machines dans l'homme, c'est mal". Autrement dit : vive la transplantation d'organes, à bas les alternatives (devices ou machines sauce 2.0) ...

Biographie des auteurs

"Laurent Alexandre est médecin. Président de DNA Vision, il est un expert des nouvelles technologies médicales. David Angevin est romancier et journaliste. Spécialiste des Etats-Unis, il est fasciné par la loi de Moore et ses conséquences." (Source : "Google Démocratie" sur Amazon).

"Les progrès technologiques sont tels qu'entre 'upload' de la conscience et création de clones personnels, maladie et vieillesse ne sont plus que des bugs à corriger. Rien d'impossible. Le monde de Google démocratie, le polar technologique de Laurent Alexandre et David Angevin, est divisé entre 'transhumanistes' et 'bioconservateurs'. Les Etats-Unis et la Chine, frères ennemis, mènent le camp transhumaniste pour lequel le vieil humain doit laisser la place à l'homme 2.0. Le Vieux Continent, le monde arabe, l'Afrique, sont dominés par des structures bioconservatrices qui s'acharnent, quelquefois par les moyens les plus violents, à défendre l'homme contre la machine. Tandis que le G2 prospère, le retard technologique a entraîné la misère de l'autre côté du monde, et les populations grondent. Les deux camps livrent leur dernière bataille, entre grandes manoeuvres, basses besognes et retournements surprenants. Polar amer, à l'implacable issue, ce livre est pourtant émaillé de scènes humoristiques vertigineuses, comme celle où un vieux milliardaire transhumaniste exhibe devant Sergey Brin son clone d'Elvis Presley enfant, aussi abîmé à quatre ans que l'était le vrai à 40.

Peser Google à l'aune politique, c'est la suggestion que nous fait Google démocratie, dont le titre juxtapose ces deux entités que rien ne lie, mais que rien n'oppose non plus à priori. Un écho aux analyses de l'auteur de science-fiction William Gibson, pénétrant observateur des réalités contemporaines, pour qui 'Google se constitue de nous, de nos esprits humains et de leur créations, comme un récif corallien'. Google humain." (L'Express)

J'aimerais expliquer au monde du 2.0 le Business Plan de la transplantation d'organes.

Vous savez que pour faire l'amour à un homme, une femme a besoin d'en être amoureuse au préalable, tandis qu'un homme a besoin de faire l'amour à une femme pour en tomber amoureux ensuite (ou non :-)
Appliquons ceci à Madame Industrie et à Monsieur Laboratoire Pharmaceutique. Pour savoir qu'il existe un marché potentiel (un coeur à prendre), Madame Industrie a besoin de connaître l'existence de ce marché, ou de ce coeur. Mais voilà : Monsieur Laboratoire Pharmaceutique balade Madame Industrie (il se met aux abonnés absents) pour pouvoir butiner le miel de la transplantation d'organes tout son soûl ... Les immunosuppresseurs, voilà le miel. Jeu vexatoire entre Monsieur et Madame ...

Deux exemples, façon "Mars et Vénus au travail", voire "Mars et Vénus sous la couette" (y a du boulot)  :

1.) L'assistance circulatoire mécanique pour assister un coeur défaillant, rendant la transplantation cardiaque caduque : les chirurgiens transplanteurs honnêtes vous confirmeront le lobbying des laboratoires pharmaceutiques dans la greffe, cardiaque notamment - au détriment de l'assistance circulatorie mécanique, car avec cette machine qui existe et est opérationnelle depuis 2004, il n'y a plus besoin d'immunosuppresseurs car il n'y a plus besoin de greffe. C'est que la transplantation cardiaque constitue La tête de gondole dans l'hyperrmarché du Don. Demander un coeur, c'est plus sexy que de demander un rein. Or quelque 340 coeurs ont été prélevés en 2010, tandis que le vrai marché, c'est ... le rein ... 15.000 patients en attente de greffe en France, les 2/3 attendent un rein ... Pour avoir des reins, le marketing social du Don (le discours public sur le don d'organes) se sert du coeur. Monsieur n'est pas très fair play avec Madame. Premier jeu vexatoire entre Monsieur et Madame. Au fait, saviez-vous que le donneur d'organes dit "mort" ... n'est pas mort ? Un peu de bon sens, voyons : les organes d'un mort ne soignent personne ... Le donneur d'organes est mort sur le plan légal ; sur le plan physiologique, son décès interviendra au bloc, lors du prélèvement de ses organes vitaux. Vous ne le saviez pas ? Les labos pharmaceutiques fabricants d'immunosuppresseurs constituent un lobby efficace, here's a nice piece of advice : ne les sous-estimez pas ... Savez-vous combien de personnes ces labos emploient en France et en Suisse ?

2.) Le sang de cordon ombilical : depuis 30 ans, rien ne bouge ! Ou à peine ! On continue à considérer que la greffe de moelle osseuse est la solution pour guérir certaines formes de leucémie. Pourtant, le don de moelle osseuse est douloureux et nécessite une hospitalisation, avec anesthésie. On manque de donneurs. Le sang du cordon ombilical, véritable boîte à outils pour réparer des organes, du sang et de la peau, peut être prélevé après chaque naissance, une fois coupé le cordon ombilical. Il peut remplacer la moelle osseuse pour guérir certaines formes de leucémie. Don totalement indolore, zéro problème d'éthique. Vous avez vu le nombre de bébés qui naissent chaque année en France ? Pourtant, le marché de la moelle osseuse n'est pas prêt à céder ses parts ... Second jeu vexatoire entre Monsieur et Madame. En ce qui concerne les banques de sang de cordon en France, nous sommes ridiculement en retard ... Tenez, aujourd'hui encore (26/05/2011), on lit dans le Quotidien du Médecin : "Banques de sang de cordon ombilical : une bataille public-privé" : il est dit que pour l'association Cord Blood Europe, créée en janvier 2009 par sept grandes entreprises de stockage des cellules souches de divers pays d’Europe, c'est galère ... C'est qu'il faut rattraper trente années d'inertie ... Ce n'est pas le Professeur Eliane Gluckman, pionnière de la greffe de sang de cordon, qui dira le contraire. Le don doit être anonyme et gratuit, tout doit être payé par l'Etat ("La France est un pays communiste qui s'ignore", merci Jacques Attali) ... Comme l'Etat n'a plus de sous, les banques ouvrent au compte-gouttes ... Rassurez-vous, aux USA et en Asie, elles ont ouvert depuis longtemps, les banques.

Le discours public sur le don d'organes et de moelle osseuse (France ADOT) est financé par les labos pharmaceutiques. Pourquoi le discours public ne parle-t-il jamais de sang de cordon ou d'alternative à la greffe cardiaque ? Je crois que vous allez pouvoir répondre à la question tout seul comme un grand ...

Les bioconservateurs, ou spécialistes de bioéthique appartenant aux institutions françaises, vont-il empêcher les recherches sur la chirurgie qui permet de faire des implants en neurologie (façon oreillette type "bluetooth"), afin de relier notre cerveau à un ordinateur ? La chirurgie 2.0 de demain (qui a déjà commencé) gêne les institutionnels en France ... Ce serait la chirurgie d'aujourd'hui, à condition de le vouloir ... Va-t-on assister à une bataille entre labos pharmaceutiques et industrie ? "Mars et Vénus en 2.0", un livre à écrire ?  En attendant, vais me plonger dans Google Démocratie ...

Changer les idées existantes : pourquoi est-ce si difficile ? Les 10 paradoxes de la créativité, par Luc de Brabandère (Boston Consulting Group)

La mécanique de l'idée nouvelle n'est pas déterminante. Ce qui l'est, c'est la capacité à changer les idées existantes. Pourquoi le Blackberry n'est-il pas né chez Nokia, par exemple ? Ou la carte de crédit PayPal chez BNP ? Il ne faut pas penser pour changer, mais changer pour penser, voilà la leçon à tirer des success stories en entreprise. Apple a compris que le multimédia était son coeur de métier, plutôt que l'informatique ; Nestlé s'est dit qu'il fallait arrêter de travailler en autarcie, pour faire appel à une star de cinéma - George Clooney, devenu le vendeur de café le plus célèbre au monde - ;  MacDonald's a fait de l'immobilier son coeur de métier (n'importe quel Américain moyen ou presque fait des burgers meilleurs chez lui), devenant le premier propriétaire immobilier mondial (excusez du peu !) ... Ces succès font rêver. Comment y parvenir ? Il faut changer la manière dont on voit les choses avant même de penser, dit Luc de Brabandère, consultant fondateur du Boston Consulting Group, spécialiste dans le domaine de la créativité en entreprise. Pourquoi est-ce si difficile de changer les choses ?
  ==> Version audio

Pourquoi se contente-t-on de mammographies (certes numériques) ne détectant une tumeur chez certaines patientes ayant une densité du tissu mammaire importante que dans 40 à 60 pour cent des cas (au mieux), alors qu'il existe un moyen, peu coûteux et opérationnel, de multiplier par trois l'efficacité dans la détection des tumeurs pour certaines de ces patientes, boostant ainsi le 60 pour cent en 90 pour cent (voir) ?  Pourquoi continue-t-on à proner les vertus de la greffe cardiaque dans tous les cas d'insuffisance cardiaque sévère, y compris lorsque l'on sait que, compte-tenu de la pénurie de coeurs à greffer, la réponse au problème de l'insuffisance cardiaque sévère passe par l'assistance circulatoire mécanique, une micro-turbine permettant à un coeur défaillant de ... récupérer ! Rien que ça (voir) ! Le don de moelle osseuse est contraignant, il nécessite une anesthésie afin de ponctionner de la moelle osseuse dans l'os du bassin chez le donneur. Pourtant il existe une alternative au don de moelle osseuse pour soigner les patients souffrant de formes aigües de leucémie : la greffe de sang de cordon. Il suffit de prélever le sang contenu dans le cordon ombilical que l'on vient de couper et le sang placentaire, à partir du placenta qui vient d'être expulsé par la mère lors de la naissance de son bébé, pour soigner ces mêmes patients souffrant de leucémie aigüe. On le sait depuis les années 80. pour autant, jusqu'à 2010, le cordon ombilical et le placenta, dont on commence seulement à explorer le potentiel thérapeutique (réparation de la peau chez les grands brûlés par exemple, ce qui se fait déjà en France à l'hôpital militaire de Percy, Clamart), étaient jetés après la naissance de chaque bébé, comme de simples "déchets opératoires" ! Pourquoi chercherait-on à régénérer des organes comme le foie, les reins ou les poumons grâce à des cellules souches obtenues sans passer par la destruction de l'embryon ? Ce n'est pas nécessaire, il y a la transplantation d'organes. Qui dit transplantation d'organes dit médicaments immunosuppresseurs à prendre à vie (vous voyez où se situe l'intérêt des grands laboratoires pharmaceutiques suisses qui sont leaders sur la marché de ce type de médicaments, pas besoin de vous faire un dessin). Avec les nouvelles lois bioéthiques (2011), le sang de cordon ombilical et le cordon ombilical vont enfin accéder au statut de ressource thérapeutique, et non plus être jetés à la poubelle systématiquement ! D'après le Professeur Eliane Gluckman, pionnière de la greffe de sang de cordon (Hôpital Saint-Louis, Paris), les choses ont mis 30 ans à bouger (voir) ! 30 ans dans le cas du sang de cordon, 10 ans dans le domaine de la prévention du cancer du sein, dans le cas de l'alternative à la mammographie pour les femmes ayant un tissu mammaire dense. Pourquoi a-t-il fallu (faut-il) autant de temps pour changer les idées existantes ? L'assistance circulatoire mécanique (la micro-turbine pour assister un coeur défaillant), bien que reconnue, suite à la publication d'études dans de grandes revues médicales spécialisées, entre 2004 et 2010, comme alternative opérationnelle à la transplantation cardiaque pour toute une catégorie de patients souffrant d'insuffisance cardiaque sévère, peine toujours à s'imposer ... On continue à réclamer des coeurs ... La transplantation cardiaque, tête de gondole dans le grand supermarché du Don, nous dit le marketing social du Don. Réclamer un coeur, c'est plus sexy que réclamer un pancréas, un rein ou un poumon. Avec le coeur, on peut jouer sur la corde émotionnelle du Don bien plus facilement ... Le coeur, organe noble ... Question : est-il indispensable de faire vibrer la corde émotionnelle pour obtenir des sous fin de développer des pratiques thérapeutiques permettant de sauver des vies ?
On peine à penser autrement, à changer pour penser. On confond innovation (un peu plus de la même chose, en mieux, mais toujours la même chose. Plus ça change, plus c'est pareil) et la créativité (notre capacité à changer pour penser). On confond ce qui s'inscrit dans une continuité (l'innovation) et ce passe forcément par une (douloureuse) rupture : la créativité. Pourquoi une rupture ? Parce que les conflits d'intérêts existent : l'alternative à la mammographie nuit aux intérêts financiers des sociétés fabriquant du matériel d'imagerie médicale dans ce domaine, peu importe que cette alternative puisse sauver des vies. Le sang de cordon, grand rival de la moelle osseuse. Les cellules souches du sang de cordon et du cordon, rivales de la transplantation d'organes demain (ou après-demain) ? Les grands labos pharmaceutiques réalisant un chiffre d'affaire colossal en partie grâce à la vente de médicaments immunosuppresseurs (un patient greffé cardiaque peut prendre jusqu'à 30 comprimés par jour !) ne vont pas être contents ...

Luc de Brabandère analyse ces mécanismes de la créativité et de l'innovation en entreprise. Superbe présentation, saluée par bien des cadres dirigeants de grands groupes, même si elle a aussi fait grincer certains des dents ...
Visionner la présentation "Les dix paradoxes de la créativité",
par Luc de Brabandère.
Université du SI, juin 2009.
"La conférence des Geeks et des Boss pour une informatique qui transforme nos sociétés."

Sang de cordon : ce qui va changer


Je travaille actuellement sur un article de fond concernant le sang du cordon ombilical et son potentiel thérapeutique.

Mes sources : "Le sang de cordon dans la révision des lois de bioéthique", colloque du 26/10/2010, Sénat de Paris, sous le haut-patronnage de Gérard Larcher, Président du Sénat, de Marie-Thérèse Hermange, Sénateur de Paris et vice-présidente de l'association CorDon Source de Vie ...

Cette association a été fondée par la sénatrice Marie-Thérèse Hermange et par le Professeur Eliane Gluckman en 2009, selon les principes de solidarité et d'éthique en matière de recherche et développement sur les cellules souches du cordon ombilical et du placenta. A l'origine du sang, des cellules souches situées dans la moelle osseuse. Mais on en trouve également dans le sang. Le sang de cordon ombilical et le sang contenu dans le placenta expulsé après la naissance du bébé sont de précieuses ressources thérapeutiques, ignorées ou presque jusqu'à présent, puisqu'après chaque naissance, le cordon et le placenta étaient jetés, simples déchets opératoires ! Un geste incompréhensible, puisque depuis 1988, date de la première greffe de sang de cordon ombilical, on sait que ce produit peut guérir certaines maladies du sang, comme la drépanocytose, maladie de l'hémoglobine fréquente en Afrique. Ou encore d'autres formes de leucémie. Pas de quoi s'extasier, a-t-on jugé à l'époque. La moelle osseuse donne les mêmes résultats. En clair, le sang de cordon faisait de l'ombre à la moelle osseuse. Savez-vous que le don de moelle osseuse est lourd, contraignant, nécessite une anesthésie ? Le don de sang de cordon et de sang placentaire après la naissance d'un bébé est, à l'inverse, totalement indolore, et, question problèmes éthiques, c'est du zéro pour cent. On ne peut pas en dire autant du don d'organes, n'est-ce pas ? Imaginez un peu. En 1988, première démonstration de la capacité des cellules du sang de cordon ombilical à sauver des vies. "Et alors ?", disent les institutionnels de la santé et les politiques en France (ailleurs, comme aux USA, on commence à se bouger, on créé des banques de sang de cordon). Depuis 1988, rien n'a bougé, ou presque. Jusqu'à 2010. Je n'ose me mettre à la place du professeur Eliane Gluckman et de son équipe, à l'hôpital Saint-Louis : ceux et celles qui ont réalisé la première greffe de sang de cordon ombilical.

Un conflit d'intérêts ? Le marketing social du Don, de plus en plus agressif, fait du corps humain un biomarché : donnez votre moelle osseuse de votre vivant, vos organes après (en fait : pendant) votre décès. Tout cela est anodin ou presque. Tu parles. C'est beau, le marketing. Le don de sang de cordon, lui, est anodin. Réellement. Il sauve des vies. Pourtant, entre ... allez : 1990 et 2010, qui a entendu parler du sang de cordon en France ?? 20 ans d'omerta. Etrange, non ? Dans le même temps, on nous rappelait copieusement la nécessité de donner notre moelle osseuse. 2009 a été l'année du Don : sang, organes, moelle osseuse, sperme. On met tout dans le même sac. Vive le marketing du Don, celui qui nous culpabilise : le discours public incitant à la "générosité" va plus loin : ceux qui ne donnent pas sont "égoïstes", repliés sur eux-mêmes, de mauvais citoyens. En réponse à ce marketing du Don, je me demande bien (ou plutôt je ne me demande pas) pourquoi les grands labos pharmaceutiques suisses, leader sur le marché du médicament immunosuppresseur que le greffé doit prendre à vie, parfois 30 gélules par jour, ont généreusement financé depuis début 1990 ces campagnes de communication sur le Don. Il aurait été plus honnête de pédaler comme des fous pour chercher des alternatives à la transplantation d'organes, qui ne va pas sans poser de (parfois lourds) problèmes d'éthique, surtout en contexte de lourde pénurie. Je pose la question au Pr. Eliane Gluckman lors de ce colloque : ne pensez-vous pas qu'un marketing social du Don s'est installé, a prospéré, au détriment de recherches en ressources thérapeutiques du côté du cordon, du sang de cordon et du sang placentaire ? Devinez la réponse du Professeur Gluckman.

Dans une présentation toute récente, elle explique l'incroyable odyssée scientifique du "sang de cordon". Une saga-omerta :


Eliane Gluckman - Cordons, source de vie. Les Ernest
envoyé par les_ernest. - Vidéos des dernières découvertes technologiques.
Gluckman - Cordons, source de vie. Les Ernest
envoyé par les_ernest. - Vidéos des dernières découvertes technologiques.

"Il est inéthique de considérer le sang de cordon ombilical, le cordon et le sang placentaire comme un déchet opératoire, étant donné leur haut potentiel thérapeutique !", martelait, en substance, la sénatrice Marie-Thérèse Hermange lors ce ce colloque au Sénat.

Le professeur Eliane Gluckman n'en revient pas : "Pendant 30 ans, il ne s'est rien passé, et maintenant, tout le monde s'affole !", observe-t-elle, philosophe. Elle sait aussi que le temps perdu ne se rattrape guère. Pour l'Agence de la biomédecine, instance gouvernementale chargée d'orchestrer le développement des banques de sang de cordon en France, point de retard, ou si peu. Il faudrait savoir. Pour les uns il y a une poignée d'années de retard ; pour le Professeur Gluckman, il y a 30 ans de retard. Je rappelle que l'Agence de la biomédecine est un organisme gouvernemental chargé par l'Etat de promouvoir et d'encadrer l'activité des transplantations d'organes - activité économiquement rentable, et pour la Sécu (la greffe rénale économise entre 9 et 12 années de dialyse à la Sécu, pour chaque patient greffé), et pour les grands labos pharmaceutiques fabricants d'immunosuppresseurs. Les "30 ans" prononcés par Eliane Gluckman me semblent lourds de (non-)vécu. Retard scientifique de la France, occasions manquées de sauver des vies. Rien d'étonnant : le marketing social du Don (de moelle osseuse) a fait son oeuvre : don d'organes, don de moelle osseuse, personne ne se demande si on n'aurait pas raté une occasion de voir le monde autrement, il y a 30 ans ...

A ce colloque marquant l'introduction du sang de cordon ombilical et du cordon ombilical en tant que ressources thérapeutiques dans les lois bioéthiques de début 2011, fort peu de journalistes étaient présents. Cela n'a pas manqué de scandaliser la directrice du comité d'éthique monégasque. La France, un des pays d'Europe où le taux de natalité est le plus élevé ! On ne vous parle pas de l'Allemagne. On vous parle de la France, pays des bébés.

Dans ce contexte, il m'a paru important de vous parler plus en détail des objectifs de l'association CorDon Source de Vie (même si vous trouvez que le titre fait un peu secte, ne vous arrêtez pas à ces faux-semblants). Dites-vous bien que dans ce domaine TOUT RESTE A FAIRE.

Simple constatation : c'est à pleurer.

Les lois biomachin (comme disent certains cadres d'une grande banque européenne) atteignent des sommets de bien-pensanterie : on interdit les banques de sang de cordon privées en France, fort bien, mais comme il y a pénurie de banques de sang de cordon en France (forcément, pendant 30 ans, personne n'a bougé) on en importe des USA, pour plus de 12 fois le coût de production de ce même sang de cordon produit en France ... On en importe des USA, et devinez d'où ? De banques privées, what else?

Lois biomachin ? Commentaire de ce cadre dirigeant d'une grande banque européenne (propos recueillis le 5/01/2011) : "Le Gaulois n'a pas le droit selon cette bioéthique de faire séquencer son généome (amende de 15.000 EUR) ... Résultat : une start-up française se barre aux USA ... Décidément ce pays est incroyable." Pour lui, ce ne sont pas les USA qui sont incroyables. C'est la France.

Ne pas dire que certains de nos cadres font séquencer leur génome par "23 and me". La bien-pensanterie des lois biomachin n'empêche pas nos cadres sup' de penser - du moins certains : les cadres 2.0, par opposition aux cadres analogiques, ceux qui ne sont pas passés au numérique parce qu'ainsi ils conservent mieux leurs intérêts, du sommet de la pyramide. Ceux-là partiront bien un jour en retraite. On voit bien qu'il y a deux poids deux mesures : la promotion du don d'organes (question d'une extraordinaire complexité, pour autant que l'on veuille bien se pencher sur le problème sans céder à une pression idéologique du Don omniprésente, faute d'avoir développé des alternatives à la transplantation d'organes durant 30 ans), prendre des bouts d'hommes pour réparer des hommes, voilà qui est éthique et à consommer sans modération, nous dit-on, tandis que les banques de sang de cordon et la recherche du potentiel thérapeutique des cellules souches contenues dans ces ressources (notre boîte à outils, avec laquelle on naît) auraient été passées à la trappe de la recherche biomédicale durant 30 ans ? Cette trappe est inéthique. Cette trappe porte pour nom : le marketing social agressif du Don d'organes et de moelle osseuse.

Le bureau des pleurs est désormais fermé. Action. Sauf que ... certains néphrologues ont traité ce qui suit de fiction. Ce qui suit, c'est le programme d'action de l'association CorDon. Les néphrologues s'occupent des patients en insuffisance rénale. Il faut savoir que les deux tiers des 15.000 patients en attente de greffe en France attendent un rein. Pour ces néphrologues confrontés aujourd'hui à une pénurie d'organes à transplanter (personne n'a bougé pendant 30 ans sur la recherche d'alternatives, ou si peu ...), il faut des reins à transplanter, un point c'est tout. Pour eux, le sang de cordon ne produit pas aujourd'hui de reins transplantables, il n'est donc pas dans leur intérêt (à court terme, mais qui raisonne autrement aujourd'hui ?) de demander à ce qu'on développe les banques de sang de cordon en France.

CorDon s'est fixé les objectifs suivants :

1) "Développer la collecte du sang de cordon dans le respect de la qualité et de l'éthique du don solidaire et gratuit.
Cette action vise à favoriser l'accès des patients pouvant bénéficier d'une thérapie cellulaire à travers la création et le développement des banques publiques :
- Don à autrui, anonyme et gratuit : banques publiques de sang de cordon pour le don non apparenté.
- Don dirigé dans la fratrie : banques pour le don dirigé intrafamilial." (Don entre frère et soeur)
2) "Aider la recherche sur les cellules souches du sang de cordon et du placenta.
Aujourd'hui, nous savons que le sang du cordon ombilical, le cordon ombilical lui-même et le placenta, contiennent des cellules souches aux potentialités multiples. Cette source de cellules présente un double avantage par rapport aux cellules souches embryonnaires et adultes :
- Elles sont abondantes et d'accès facile
- Leur prélèvement et leur utilisation ne posent aucun problème éthique.
Si le prélèvement du sang de cordon est simple en lui-même, les techniques d'isolement, de conservation et de stockage des cellules nécessitent des procédures plus complexes et coûteuses. Pour autant, les cellules souches du sang de cordon ont déjà permis de mettre au point des thérapies qui soignent diverses maladies du sang. En effet, la greffe de sang de cordon est utilisée dans près de 85 indications thérapeutiques. En France, environ 126.000 patients sont touchés chanque année par ces 85 maladies.
Par ailleurs, d'autres perspectives s'ouvrent puisque la recherche fondamentale a d'ores et déjà démontré qu'à partir de ces cellules, il est possible de fabriquer ou de réparer divers tissus (os, cartilage, rétine, foie, peau, pancréas, neurones, coeur, vaisseaux).
Cependant, un long chemin reste à parcourir avant l'utilisation thérapeutique de ces dernières découvertes. Notre volonté est d'aider, en partenariat avec Eurocord, ces recherches et ce développement, en créant un centre de bio-ressources et des bourses d'études dans les laboratoires spécialisés.
Association affiliée au Groupe Européen des Greffes de Moelle (EBMT) et à de nombreuses organisations nationales et internationales de greffe de moelle, Eurocord collabore avec les banques de sang de cordon ombilical pour la collecte et la validation des caractéristiques des cordons. Il contacte les centres de greffe, valide et analyse les données qui sont rapportées aux banques et aux registres internationaux. Eurocord collecte les informations sur le devenir des patients greffés, envoie des rapports aux banques pour le contrôle de qualité, publie des recommandations et des études sur les résultats des greffes." Il élabore de nouveaux protocoles d'études et dissémine aux professionnels l'information sur la recherche et la technologie du sang de cordon à travers son site web :
http://www.eurocord-ed.org/
3) Organiser l'information des professionnels et du grand public
"La progression des connaissances sur les cellules souches est rapide : l'information doit suivre. Qu'il s'agisse de la création d'une banque de sang de cordon familiale ou d'un centre de bio-ressources, rien n'est possible sans une large information des familles, des femmes enceintes, des obstétriciens et des sages femmes. Cette information doit être indépendante, objective, actualisée et accessible à tous."
4) Nous rejoindre
"Si vous aussi êtes touchés par cette cause de santé publique, n'hésitez pas à nous rejoindre pour participer à nos réunions sur les dernières avancées scientifiques en la matière et sur les moyens de mieux faire connaître au grand public et aux professionnels le prélèvement et le don de sang de cordon. Vos idées nous intéressent !"

Contact pour informations :

Dr Agnès Devergie, secrétaire de l'association
agnes.devergie@sls.aphp.fr
Contact pour adhésion et cotisation :
M. René Groussard, trésorier de l'association
ogroussard@sfr.fr

Bureau de l'Association CorDon Source de Vie

Professeur Eliane Gluckman : Présidente
eliane.gluckman@sls.aphp.fr
Praticien hospitalier attaché à l'hôpital Saint-Louis
Professeur émérite à la Faculté de Médecine Paris VII
Présidente d'Eurocord
Présidente de l'European School of Hematology

Mme Didi Jasmin
didi.jasmin@univ-paris-diderot.fr
Directrice de l'European School of Haematology
==> BULLETIN D'ADHESION 2011

A venir dans mon article de fond sur le sang de cordon : des témoignages de parents d'enfants guéris de leucémie : ils expliquent : qu'est-ce que le don de moelle osseuse ? Qu'est-ce que le don de sang de cordon ? Vous verrez à quel point le premier est lourd et contraignant (même si la ponction de la moelle osseuse dans l'os du bassin se fait sous anesthésie). Vous verrez à quel point le second est ... a-no-din.

Merci à mes lecteurs ayant réclamé un article de fond sur le sang de cordon. Vous avez été nombreux sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne. Encore un peu de patience ...

Vers une amélioration de la procréation médicalement assistée (PMA) ?

Pour la première naissance en France à partir d'ovocytes congelés, le Professeur René Frydman a dû contourner la loi française qui devrait être révisée en 2011.
  ==> Lire cet article sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne.
Le célèbre gynécologue-obstétricien, père du premier bébé-éprouvette français en 1982, vient d'annoncer la naissance dans son service de l'hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, de jumeaux conçus à partir d'ovocytes congelés. La maman et les deux enfants, Jérémie et Keren, (3,2 kg et 2,8 kg), nés mardi, se portent bien. "'La loi autorise, dans des conditions de risque de perte de fertilité pas bien définies, à préserver des ovocytes par congélation, mais pas avec la méthode la plus performante (la vitrification, ou congélation ultrarapide) sous prétexte que toute innovation est assimilée à de la recherche sur l'embryon', a-t-il expliqué mercredi à l'Agence France-Presse, en précisant avoir eu recours pour la femme qui vient d'accoucher à 'une technique de congélation lente'. Dans le monde, plus d'un millier d'enfants sont nés à la suite d'une cryopréservation d'ovules, notamment au Japon, en Espagne, ou encore au Canada. Ces techniques, en particulier la vitrification d'ovule, sont destinées avant tout aux femmes atteintes de cancer et qui doivent subir un traitement pouvant altérer leur fertilité. Leurs gamètes sont congelés avant le traitement pour être décongelés le moment venu en vue de réaliser une fécondation in vitro (FIV). L'interdiction d'avoir recours en France à ce procédé de vitrification a suscité bien des débats." (Source)

Lettre ouverte aux médecins et chirurgiens de l’Académie Nationale de Médecine et à M. le Docteur Piernick CRESSARD, Président de la Section Ethique et Déontologie au Conseil National de l’Ordre des Médecins

Nous sommes tous des donneurs d'organes potentiels à l'insu de notre plein gré. En effet, depuis 2007, une situation d'arrêt cardiaque jugé "irréversible" (sur quels critères ??) peut faire de chacun de nous un donneur d'organes puisque le consentement présumé au don de ses organes à sa mort est inscrit dans la loi. Les citoyens ignorent tout de la législation sur les prélèvements de reins et de foie à partir de "donneurs" se trouvant dans un état d'"arrêt cardio-respiratoire persistant", ce que la loi appelle, afin de noyer le poisson ou afin de faire de chacun d'entre nous un donneur potentiel à l'insu de son plein gré, les prélèvements "à coeur arrêté". Vous en conviendrez aisément, prélèvements d'organes "à coeur arrêté" est infiniment plus rassurant, comme terminologie, que "prélèvements d'organes vitaux à partir d'un donneur en 'arrêt cardio-respiratoire persistant'". Pourtant, seule la seconde terminologie correspond à la réalité des faits. Comme il est hors de question d'employer ce terme peu rassurant dans le discours public sur le don d'organes, on y mentionne, au passage, que maintenant on peut aussi prélever des reins à partir de donneurs "décédés suite à arrêt cardiaque". Dans un contexte où les deux tiers des 15.000 patients en attente de greffe recherchent rein, désespérément, on se dit que l'idée est excellente. Forcément...
Or la réalité, c'est que pour 500 à 1.000 personnes par an faisant un arrêt cardiaque sur la voie publique ou à l'hôpital en France, le protocole de soins va changer. Pour une meilleure prise en charge de ces patients ? Non, pour une meilleure prise en charge de ces potentiels donneurs d'organes vitaux (reins, foie). Patient en insuffisance cardiaque, à l'insu de votre plein gré, vous êtes déjà un potentiel donneur d'organes. Encore patient, déjà donneur ? Attendez, il y a quelque chose qui ne va pas. Mais non, voyons, quelle idée ! Puisque vous n'en savez rien ! Pourtant, sans information au préalable, le consentement présumé au don de ses organes à sa mort, inscrit dans la loi, ne signifie pas grand-chose. Un consentement présumé suppose une information au préalable, afin de donner un consentement éclairé. J'ai bien parlé d'information ; non de promotion sur le Don

Sommes-nous tous des potentiels donneurs à l'insu de notre plein gré ? A l'heure de la révision des lois bioéthiques réglementant l'activité des transplantations d'organes, je pose la question à des médecins et à des institutionnels dans la lettre ouverte qui suit ...

Messieurs,
Usager de la santé et auteure d’une cinquantaine de chroniques bioéthiques sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne, je souhaiterais attirer votre attention sur un article que j’ai publié sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne, le 21/10/2010, concernant cette patiente d’une clinique bordelaise déclarée prématurément en état de “mort encéphalique” :
http://www.leparisien.fr/bordeaux-33000/une-patiente-declaree-tres-certainement-cliniquement-morte-s-est-reveillee-20-10-2010-1116609.php
Parmi les commentaires reçus, certains en particulier ont attiré mon attention. Ils proviennent d’un certain “Halman”, dont on comprend qu’il a été (est ?) aide soignant, en contact de par son travail avec des coordinateurs des transplantations (ou exerçant lui-même cette fonction). On se rappelle l’Affaire d’Amiens, cas dit “particulier”, certes insupportable. Je la résumerai ici, en reprenant un message que m’avait envoyé M. Tesnière, père de Christophe, le 23/11/2007 :
"Je suis Alain Tesnière, le père de Christophe, dépecé à Amiens. Claire Boileau en parle dans son livre pp. 57-58*. J'ai écrit un livre** certes, mais il a fallu mener un combat de plus de dix ans à la suite de notre plainte. Un combat vain, mais j'ai accumulé beaucoup de documents, j'ai fait des recherches. Je continue à penser que le consentement présumé n'a aucun fondement éthique et qu'il faut le retirer de la loi. (…) Depuis 1991, pratiquement rien n'a changé dans la loi sur les prélèvements d'organes. Rien n'a changé dans le discours officiel qui n'est en fait que de la propagande. On entend toujours les mêmes mots 'pénurie de greffons' : c'est-à-dire pas assez de morts. Les bricolages juridiques des lois dites de bioéthique sont des contresens. Et j'en passe."
* Claire Boileau : "Dans le dédale du don d'organes. Le cheminement de l'ethnologue", Editions des archives contemporaines, 2002, pp.57-58 : "(...) 'l'affaire d'Amiens', révélée par le quotidien 'Le Monde', (...) éclate en 1992. Elle met précisément en exergue sinon la volonté du défunt, du moins l'information détenue par la famille en matière de prélèvements d'organes pratiqués sur un proche. En août 1991, les parents d'un jeune homme de 19 ans perdent leur fils à la suite d'un accident et consentent à certains prélèvements d'organes. En novembre, ils apprennent que des actes chirurgicaux autres que ceux auxquels ils avaient souscrit ont été effectués sur leur fils : le prélèvement de plusieurs artères ou veines et, surtout, le prélèvement des globes oculaires. Or si la loi Caillavet de 1976 autorisait bien les prélèvements d'organes à but thérapeutique, elle ne faisait toutefois pas obstacle à la loi Lafay de 1949 qui précisait que les prélèvements de cornées étaient soumis à un legs testamentaire. Or le jeune homme n'avait pas fait un tel legs. On leur fit savoir que le prélèvement de cornée pouvait être assimilé à un prélèvement de tissu dans la mesure où de nouvelles techniques évitaient l'extraction tout entière du globe oculaire. En ce cas, ils demandèrent pourquoi les globes oculaires de leur fils avaient été remplacés par des prothèses : 'Lorsque nous avons découvert que les médecins d'Amiens avaient trahi notre confiance en ne prélevant pas seulement les quatre organes que nous avions accepté de donner, mais aussi les veines, des artères et surtout les yeux de notre fils Christophe, remplacés par des globes oculaires artificiels, nous fûmes horrifiés. Les médecins n'avaient pas respecté leur engagement, avaient menti en cachant la réalité d'un prélèvement multi-organes, n'avaient pas respecté la loi Lafay qui exigeait un legs testamentaire pour le prélèvement des cornées. D'un point de vue éthique, nous découvrîmes que les médecins se mettaient au-dessus des lois et, encouragés par le législateur qui avait mis à leur disposition le consentement présumé, avaient une ignoble notion de la dignité et du respect de la personne humaine. La confiance a disparu, la transparence a été malmenée. Que reste-t-il ? Un profond sentiment d'horreur face aux prétendus progrès de la médecine. En effet, 'l'affaire d'Amiens' n'est pas un simple dérapage. Elle met en cause tout le système."
** Alain Tesnière est l'auteur du livre paru en 1993 aux Editions du Rocher : "Les Yeux de Christophe. L'affaire d'Amiens", et de l'article paru dans "Etudes", Paris, Novembre 1996 : "Où est l'éthique ?" [pp. 481-484]
Le 10 décembre 2007, M. Tesnière publiait un article sur AgoraVox, intitulé :
Information sur le don d’organes par la carte Vitale 2 : un affaiblissement du témoignage de la famille
Ce même “Halman” lui a écrit en réponse :
“Alain Tesnière.
Le ou les personnes qui doivent la vie à votre fils, je ne crois pas qu’ils emploieraient le terme de ‘dépecé’, mais de sauveur de vies.
Personne ne peut parler à la place d’un mort sur ce genre de sujet, et encore moins décider.
La carte de donneur est une excellente chose, tellement de proches du défunt refusent le don d’organes alors que l’accidenté avait sa carte. Je sais bien, l’émotion, tout ça, mais il faut passer par dessus de ses émotions quand il y a le feu.
Avec tous les drames épouvantables que j’ai du subir, j’en sais quelque chose.
Le début de votre article est excelent [sic], mais la fin ne fait pas du tout avancer le schmilblick, au contraire.
En réalité vous êtes encore torturé par l’émotion et trouvez moyen de couper les cheveux en quatre pour justifier votre émotion. Pour vous c’était en 1991, cela fait 16 ans. Pour moi c’était il y a 28, 26, 25, 5 et 2 ans. Et vraiment, la question du don d’organe, à chaque fois j’ai trouvé cela tellement naturel !
Le jour où j’ai eu mon infarctus, on m’a dit après que seulement 10 minutes plus tard et j’y passais, j’ai trouvé la force de dire aux pompiers et aux médecins des urgences que j’avais ma carte de donneur au cas où.
Je suis aide soignant et j’ai ma carte de donneur depuis toujours.
C’est pourquoi je trouve votre article épouvantable, même si dans la précipitation en lisant le début j’ai voté +1.
Vous vous imaginez sans doute que tous vos problèmes d’éthiques que vous soulevez on en parle pas tous les jours entre nous ? A chaque décès de patient c’est une des discussions sans fin.
Que si c’était si simple nous n’aurions pas résolu ces problèmes il y a longtemps ?
Personnellement c’est tellement évident que lors de ma mort si un ou plusieurs de mes organes peuvent sauver des vies, la question ne se pose même pas.
Et votre article risque de convaincre des gens de ne pas donner et de faire mourir des patients en attente.
‘Discours qui empêche toute réflexion. L’Agence de biomédecine relayée par d’autres associations ou fondations distille un discours qui infantilise et qui culpabilise le citoyen.’ Pour certaines personnes, il faut bien en arriver là.
‘Si vous êtes un généreux donateur, l’Agence vous recommande de prendre une carte. Propos équivoques puisqu’il y a consentement présumé. En plus, elle vous suggère de le faire lors d’événements dramatiques : la commémoration d’un deuil familial, la dégradation de la santé d’un proche, l’hospitalisation d’un ami, une actualité concernant l’insuffisance rénale ou toute autre maladie pouvant nécessiter une greffe. Prendre des décisions sous le coup d’émotions, est-ce bien raisonnable ?’ C’est faux. On sensibilise dans les écoles, les collèges, les lycées, les cours d’aides soignants et d’infirmières. Il se passe beaucoup de chose ailleurs que dans les médias.
Vous rendez-vous compte qu’en cas de décès les proches doivent faire un travail philosophique et psychologique important en quelques heures alors que tout un chacun aurait du faire soi même spontanément ce travail dès ses jeunes années ?
La réflexion sur la mort, sa prise de position, c’est un travail sur soi que l’on fait normalement vers l’âge de l’adolescence. Alors imaginez lorsqu’on se trouve face à des gens ‘adultes’ qui n’ont occulté le problème toute leur vie et qui doivent faire cette révolution psychologique qu’ils n’ont jamais faite en quelques heures seulement.
Imaginez le parent qui refuse, alors qu’à quelques kilomètres un patient va décéder dans quelques heures ou jours parce qu’il n’aura pas reçu le foie, le cœur, les poumons qui lui sont vitaux.
Face à cela, le coupage de cheveux en quatre d’un texte de loi pour se trouver des excuses est pour nous, soignant, insuportable [sic] et mal placé.
La douleur n’excuse pas de dire n’importe quoi 16 ans après. Sur le coup oui, on n’y fais pas attention, mais 16 ans après, non.
Pour nous c’est une véritable agression de notre volonté de sauver des vies.
Cette brochure nous l’avons tous lue plusieurs fois.
Et vraiment nous n’y voyons pas ce que vous y voyez, elle est claire et concise.”
Ces propos, maladroits pour ne rien en dire d’autre, m’avaient fait réagir :
"’Discours qui empêche toute réflexion. L’Agence de biomédecine relayée par d’autres associations ou fondations distille un discours qui infantilise et qui culpabilise le citoyen.’ Pour certaines personnes, il faut bien en arriver là." Autrement dit : vous êtes d’accord avec l’avis de M. Tesnière, mais pour vous, professionnel de la santé, il est NORMAL de manipuler les usagers de la santé. C’est précisément CELA qui a causé le préjudice subi par M.Tesnière. No comment.”
Je reviens à mon article publié le 21/10/2010 sur AgoraVox. Voici le commentaire posté par “Halman”, en ce qui concerne ce cas d’actualité (la patiente d’une clinique bordelaise) :
“Dans cette affaire c’est un sacré coup de bol surtout.
La famille était plus dans l’émotion que dans les données médicales.
Ils auraient tout aussi bien pu se tromper.
C’était du 50/50.
J’ai vécu ça deux fois avec des patientes âgées quand j’étais aide soignant en gériatrie. A l’époque le protocole était différent, il était basé sur l’arrêt cardiaque depuis un certain temps, vérifié par un autre médecin, alors qu’aujourd’hui c’est sur la mort cérébrale.
Deux fois des personnes âgées se sont retrouvées dans un coma tel que les médecins même en suivant strictement le protocole avaient déclaré l’avis de décès et prévenu la famille.
A l’époque les scanners étaient rares, et on n’aurait pas eu l’idée d’envoyer un décès de gériatrie en scanner.
Hors [sic] quand les familles sont arrivées, les patientes s’étaient relevées de leurs comas et parlaient tranquillement avec les voisines de chambres comme si de rien n’était.
Elles avaient eu juste l’impression d’avoir fait une longue sieste et ne comprenaient pas pourquoi elles passaient du petit déjeuner à l’heure du diner directement.
On savait tous qu’il devaient y avoir, c’est horrible, assez souvent des patients enterrés non décédés mais dans le coma qui peut-être s’étaient réveillées [sic] dans le cercueil.
Cette famille a eu plus de bol que de l’instinct. Refus du décès dans quand on leur apprend, ce sont des réactions fréquentes et normales.
C’est pourquoi le protocole de la mort cérébrale a été mis en place pour éviter ces choses là.”
“Refus du décès dans quand on leur apprend, ce sont des réactions fréquentes et normales. C’est pourquoi le protocole de la mort cérébrale a été mis en place pour éviter ces choses là.”
Voilà qui demanderait quelques explications. J’ai montré ce message à des proches confrontés à la question du don d’organes il y a quelques années. Curieusement, je note au passage que ces proches, dont je m’efforce de recueillir le témoignage depuis 2005, parlent bien plus de sacrifice que de don. “Pourquoi nous ? Pourquoi a-t-il fallu que ce soit précisément nous qui fassions ce sacrifice ?” est un propos récurrent. Mais il est vrai que ces proches, sans qui pourtant aucune greffe n’aurait été possible, sont le parent pauvre de la communication grand public, dont force est d’avouer qu’elle pencherait en faveur de ce qu’un sociologue auteur chez Gallimard, Philippe Steiner, a appelé “marketing social du Don”. Inutile de préciser que ces proches ont été indignés par le message dudit “Halman”, en même temps qu’ils ont développé une conscience aigue de ce discours public sur le Don. Leur réaction a été de me dire : “Ne vous en mêlez pas ! Vous allez vous faire broyer par cette machine très volontaire du Don. Ce sera pot de terre contre pot de fer.”
Il me semble que nous nous devons de leur prouver que leurs craintes sont infondées. Quoique …
En avril 2009, je m’entretenais avec un chirurgien cardiaque, membre de l’Académie Nationale de Médecine, lui demandant ce qu’il pensait du protocole des “prélèvements ‘à cœur arrêté’”. Permettez-moi au passage de signaler que je trouve choquant ce qu’il faut bien appeler l’absence d’information au grand public sur cette réalité : depuis 2007, un arrêt cardiaque peut faire de chacun d’entre nous un potentiel donneur de reins et de foie, ainsi que de tissus (tissus composites de la face ?) Le consentement présumé est inscrit dans la loi, il suppose un consentement éclairé, lequel suppose une information au préalable du consentement. Ledit chirurgien cardiaque me fait résumer les classes de Maastricht, afin de s’assurer de ma compréhension du sujet. Puis il me dit : “Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?” Il parlait bien du protocole de prélèvement “à cœur arrêté” tel qu’il a été mis en place en France. Bien entendu, je sollicite de la part de cet expert quelques explications. Je ne tarde alors pas à comprendre que les “stents”, ces petits ressorts mis en place dans les artères coronaires pour leur restituer leur calibre normal en cas de sténose, font parfois l’objet d’un usage abusif de la part de certains cardiologues, qui, afin de garder des patients qui leur rapportent “mieux qu’un livret A à la Caisse d’Epargne”, se gardent bien d’adresser (à temps) lesdits patients en insuffisance cardiaque sévère à un chirurgien cardiaque, préférant “jouer la montre” en prescrivant médicaments et “stents” là où il faudrait une opération. Cet usage abusif des “stents” m’a été confirmé en décembre 2009 par un cardiologue du 15e arrondissement de Paris, expert près les Cours d’Appel de la Région. Ces patients, sur lesquels on a posé parfois une dizaine de “stents”, vont pouvoir faire un arrêt cardiaque sur la voie publique et devenir donneurs d’organes (reins et foie) dans le protocole du prélèvement “à cœur arrêté” …
Je me borne à résumer des faits qui vous sont fort bien connus dans le seul but de me livrer à une petite explication de texte de la phrase citée plus haut : “Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?”
Il faudrait aussi mentionner l’assistance circulatoire mécanique comme réponse à l’insuffisance cardiaque sévère, développée très tardivement comme alternative à la greffe –en fait, cela commence tout juste, alors que le professeur Daniel Loisance, chirurgien et membre lui aussi de l’Académie de Médecine, proposait cette alternative à la greffe en 2004 déjà, appelant – en vain – à un changement de paradigme (lien vers l’article sur le blog). Si on lit entre les lignes, on comprend que dans le supermarché du Don, la greffe cardiaque est une tête de gondole. Le Don, une machine à broyer, très volontaire ? “Tout ce qui n’est pas donné est perdu”, “Le prélèvement constitue une glorification de la mort”. Ces propos, émanant d’un pionnier de la greffe cardiaque en Europe, pourtant reconnus comme abusifs par certains acteurs des transplantations, n’en continuent pas moins à être relayés par la presse, toujours prompte à nous donner une image des transplantations d’organes au travers des propos tenus par certains membres d’associations de collectes d’organes telles que France ADOT, où les greffés nous expliquent qu’il faut donner nos organes. Peut-on être juge et partie ? Dans son livre “La Chair à vif”, le sociologue David le Breton explique que certains usagers de la santé, en réaction aux propos de ces associations, jugés “trop racoleurs”, ont pris position “contre le don d’organes”. Un discours “pour le don” contre-productif ?
Messieurs les Membres de l’Académie Nationale de Médecine, Monsieur le Président de la Section Ethique et Déontologie, certains d’entre vous m’ont écrit que la plupart des gens avaient une réflexion profonde au sujet du don d’organes. Après cinq années de médiation éthique entre les usagers de la santé (confrontés ou non à la question du “don” des organes et tissus d’un proche), les personnels de santé et les politiques, sur le thème de l’éthique et des transplantations d’organes, permettez-moi de vous répondre : je ne suis pas d’accord. L’image des transplantations dans le discours public est biaisée à un point dont nous n’avez sans doute pas conscience. Combien savent que le “don” d’organes n’est pas réservé aux jeunes qui meurent en pleine santé lors d’un stupide accident de la route ? Sans pousser le souci du détail jusqu’à parler du programme “old for old” dans la transplantation rénale ou encore de “greffons dérogatoires”
Je ne vous cache pas ma déception. Je pensais que le don d’organes, c’était plus … humain. Que là où l’on pouvait mettre en place une micro-turbine pour assister un ventricule défaillant, on ne cherchait pas à recourir à la greffe comme un réflexe de la forme, comme si le sacrifice – je dis bien : le sacrifice, sans lequel aucun “greffon” n’est obtenu – était purement anecdotique et qu’il était vain de rechercher des alternatives à la greffe avec plus de … comment dirais-je … détermination ? … Je n’aborderai même pas ici le sujet de la greffe de sang de cordon en alternative à la greffe de moelle osseuse, pourtant, il me semble, en tant que femme et usager de la santé, que c’est un point d’importance. Là encore, une certaine machine à broyer aurait-elle fait prendre du retard au développement des thérapies par le sang de cordon ? Les associations de promotion du Don ne parlent, aujourd’hui comme hier, que de Don de Moelle Osseuse … Don du cœur, don de moelle osseuse. Les têtes de gondole des associations de promotion du Don – sur lequel vous m’affirmez que le grand public a pourtant une réflexion profonde. Je vous inviterais volontiers à sonder la profondeur des commentaires de la part des usagers de la santé sur des sites comme Doctissimo (articles concernant les greffes et transplantations), ou à prendre connaissance des 360 commentaires reçus en réponse à mes 50 chroniques bioéthiques sur AgoraVox, mais je suis bien consciente de votre manque de temps à consacrer à de telles tâches ingrates : prendre la peine d’expliquer des faits au public. Aussi m’y suis-je, comme qui dirait, collée :
Il me semble que le discours public gagnerait à plus de transparence, à moins d’“étrange omerta”, et à intégrer des nuances qui n’y ont pas leur place aujourd’hui. Il me semble, mais ce sera là un coup d’épée dans l’eau, même si les lois bioéthiques sont en cours de révision, que le consentement présumé inscrit dans la loi est une fiction juridique. Avons-nous tiré les leçons de l’Affaire d’Amiens ?
Avec mes salutations cordiales.
C. Coste
--
Catherine Coste
7 square Ronsard
92 500 Rueil-Malmaison
France
+33 6 28 04 81 15
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http://actuagencebiomed.blogspot.com/

Catherine22102010
Catherine Coste

Auteure du blog “éthique et transplantation d’organes”


VERSION AUDIO


Banques de sang de cordon : comment la nouvelle loi bioéthique va légaliser une dérive mercantile avérée, qui dure depuis des années.

Les Journées Bioéthiques de la MGEN - 19/09/07 - Paris
  
Le généticien Axel Kahn
pomme_discorde
La pomme de Newton ? Non, la pomme de la discorde …

  
dr_eliane_gluckman La pionnière de la greffe de sang de cordon, Professeur Eliane Gluckman
En France, on est attachés avant tout aux Principes, même si lesdits principes nous coûtent cher. Ainsi, le principe de précaution, récemment inscrit dans la constitution, a coûté, à cause d'une "menace qui a fait Pschiittt" (Professeur Guy Vallancien, Institut Mutualiste Montsouris, Paris) ou d'une "grippette" (Professeur Bernard Debré, Hôpital Cochin, Paris) ... 2,2 milliards d'Euros. Vous avez bien lu. Sur BFM, la radio de l'économie, on annonçait fin septembre 2010 que les économies à réaliser sur l'année qui vient, afin de limiter le déficit de la Sécu (le fameux "trou") s'élèveraient à ... 2,5 milliards d'Euros. Ceci expliquant cela. Voici un autre exemple d'attachement aux Principes. Afin de respecter le principe de gratuité et d'anonymat inscrit dans les lois bioéthiques qui réglementent le don et le stockage du sang de cordon ombilical permettant de guérir des leucémies, il n'est pas question d'autoriser les banques de sang de cordon privées ou semi-privées en France, car il y aurait une menace de "dérive mercantile" (Professeur Axel Kahn). On n'hésite donc pas à importer du sang provenant de banques de sang de cordon privées américaines, nous coûtant dix à douze fois et demie plus cher. "Pour un sang de cordon qui coûte, à la production, 2.000 euros [en France], on va importer des USA le même produit qui coûte 25.000 euros !" (Professeur Eliane Gluckman, pionnière de la greffe de sang de cordon). Comme ces banques privées ne se situent pas sur le territoire français, l'honneur est sauf. Les principes d'anonymat et de gratuité sont respectés. Petit décryptage ...

  ==> Lire cet article sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne.

Le sang du cordon ombilical est riche en cellules souches à très fort potentiel thérapeutique, dont nous sommes loin d’avoir exploré toutes les potentialités, faute de moyens et de volonté politique. La greffe de sang de cordon remplacera la greffe de moelle osseuse dans le traitement des maladies graves du sang. Or le moins qu’on puisse dire, c’est que la transition ne s’effectue pas en douceur …
Carine Camby, ancienne directrice de l’Agence de la biomédecine :
“Ces banques ne vendent que du vent !” (Le Point)
Professeur Axel Kahn, directeur de l’Institut Cochin (Paris-V) :
“Ces promesses sont aujourd’hui mensongères mais, là encore, pas totalement fantasmagoriques. Avec les cellules-souches de sang de cordon, il est crédible que l’on puisse soigner certaines maladies du sang (…) des enfants. On n’est néanmoins pas sûr d’en avoir assez. Quant à soigner les autres maladies dont pourrait souffrir cet enfant, affectant d’autres tissus que le sang, la perspective en est beaucoup plus incertaine. Mais, comme je l’ai dit, la crédibilité d’une promesse commerciale n’est pas indispensable au succès du business.” “Cellules souches embryonnaires, la nouvelle donne”, chat avec Axel Kahn, Le Monde (30/08/2006)
Comité national d’éthique :
“Les indications actuelles sont à peu près inexistantes” et “les publicités pour de telles banques créent à dessein une ambiguïté entre cette absence d’indication et l’utilisation potentielle future des propriétés des cellules souches”.
(Position du comité édictée en 1996 et réitérée en 2004)
J’ai suivi avec attention la présentation du Professeur Eliane Gluckman, pionnière de la greffe de sang de cordon et professeur d'hématologie à l'hôpital Saint-Louis de Paris, à l’ENS en avril 2010 : “Cordons, source de vie.”
Le sang prélevé à partir du cordon ombilical lors de la naissance d'un bébé, pour peu que ce bébé ne soit pas atteint d'une leucémie par exemple, contient des cellules souches qui peuvent guérir certaines maladies du sang.
Or la France manque de sang de cordon ombilical prélevé à la naissance du bébé. Nous aurions 8.500 unités disponibles pour 40 000 demandes, au point que nous devons acheter des greffons à l’étranger pour un montant de 15 000 à 25 000 euros l’unité ! (Source : Genéthique, revue de presse, septembre 2010).
"La sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange et le Pr. Eliane Gluckman, auteur en 1988 de la première greffe de sang de cordon au monde, ont créé CorDon Source de vie, une association visant à promouvoir et développer le don de sang de cordon entre fratries afin de traiter des maladies de sang héréditaires. ‘Nous voulons’, explique le Pr. Eliane Gluckman 'développer des banques familiales mutualisées gratuites pour permettre un don dirigé au sein des fratries'. Marie-Thérèse Hermange précise qu'il s'agit avec cette association de 'développer la collecte de sang de cordon dans le respect de la qualité et de l'éthique du don solidaire'.
Le sang de cordon ombilical, prélevé à la naissance, est riche en cellules souches hématopoïétiques (CSH), présentes également dans la moelle osseuse. La France dispose aujourd'hui de 6 banques publiques stockant près de 10 000 unités de sang de cordon. Elles sont alimentées de dons gratuits et volontaires et leur visée est 'allogénique' : le donneur et le receveur sont distincts et non apparentés. Actuellement, 64 pour cent des unités de sang de cordon greffées en France proviennent de l'étranger selon l'Agence de la biomédecine : les médecins font appel à des registres étrangers lorsqu'ils ne trouvent pas de greffon compatible dans les banques françaises. D'ici à 2013, 25 millions d'euros seront investis dans le cadre du plan cancer afin de développer de nouvelles banques de stockage en France et obtenir 30 000 unités de sang de cordon.
Alors que des banques privées à visée commerciale cherchent à s'installer dans l'hexagone en évoquant l'actuelle 'pénurie' de greffons, et en proposant la conservation autologue de sang de cordon, plusieurs praticiens, notamment les greffeurs de moelle, s'y opposent et l'Agence de la biomédecine affirme que cette pratique est aujourd'hui ‘sans fondement scientifique et donc inutile'.
L'association CorDon Source de vie a un projet différent car il s'agit de monter des banques gratuites offrant la possibilité d'un don apparenté aux familles qui peuvent en avoir besoin. Le sang de cordon d'un enfant pourra donc être stocké 'avec l'espoir de traiter son frère ou sa soeur'. Comme l'explique le Pr. Gluckman, le projet reste dans le cadre de la greffe allogénique mais permet, en utilisant un cordon apparenté, d'augmenter 'de manière sensible les chances de guérison'. Elle ajoute que les efforts seront d'abord concentrés sur 'la drépanocytose, une maladie héréditaire de l'hémoglobine, qui touche les enfants d'origine africaine qui sont relativement nombreux en France'."
Source : La Croix (Pierre Bienvault) 25/05/10
Conservation publique ou privée ? Conservation publique et privée ? Un débat qui dure depuis des années
Dans une banque publique, les parents décident de mettre les cellules souches à disposition d'autres personnes. Les cellules peuvent alors être utilisées pour sauver la vie d'un tiers, inconnue, qui présente une compatibilité avec le sang du donneur. Toutefois, les parents du donneur n'ont aucune garantie que les cellules souches restent disponibles pour leur propre enfant. En outre, seulement 30 à 50 % de tous les dons seraient effectivement conservés. Le reste serait détruit. La garantie que les cellules souches soient disponibles au moment où votre enfant en aurait besoin, ne pourrait être donnée que dans le cas d'une conservation dans une banque privée ou familiale.
De son côté, le généticien Axel Kahn dénonce, depuis 2006, un “mercantilisme de l'espoir”, formule qui qualifierait l’activité des banques privées. Il défend un système de banques de sang de cordon dit public, c'est-à-dire respectant les principes d’anonymat et de gratuité qui régissent le don d’organes et de tissus dans les lois bioéthiques, d’ailleurs actuellement en cours de révision.
“Dans une banque de sang familiale ou privée, on peut faire conserver, en tant que parent, le sang du cordon ombilical de son enfant, avec ses cellules souches. Les cellules souches sont alors disponibles pour un usage ultérieur, et possèdent une parfaite compatibilité avec l'enfant en question, et 25% de chance de former une parfaite compatibilité pour un frère ou une sœur.” (Cryo-Save Group, banque privée européenne de sang placentaire, juin 2010).
Dans une situation de pénurie de greffons de sang de cordon, le Professeur Axel Kahn reste méfiant envers les dérives mercantiles que constituerait à ses yeux la légalisation de banques de sang de cordon privées sur le sol français. Or le Professeur Eliane Gluckman, dans la présentation citée ci-dessus, dénonce une autre dérive mercantile :
« Pour un sang de cordon qui coûte, à la production, 2.000 euros [en France], on va importer des USA le même produit qui coûte 25.000 euros ! »
Il s’agirait donc, pour la France, en contexte de pénurie, de se fournir en greffons de sang de cordon auprès de banques privées aux USA – celles justement interdites sur le territoire français afin de respecter les principes inscrits dans la loi bioéthique, anonymat et gratuité – en ce qui concerne la greffe de sang de cordon, ainsi que toute autre greffe : organes vitaux, tissus.
Il s’agirait donc de substituer, à une menace de dérive mercantile non avérée, une dérive mercantile avérée : celle consistant à importer un sang de cordon qui coûte, à l’unité, dix à douze fois plus cher que s’il était produit en France. C’est bien là une dérive mercantile que dénonce le Professeur Gluckman. Elle n’est pas la seule.
Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d'éthique, regrette que “le projet de loi n'ouvre pas la voie à la conservation autologue [à usage privé] de sang de cordon. Alors que le nombre de greffes de sang placentaire crée une forte demande de conservation de sang de cordon, les banques allogéniques publiques, seules permises en France, ne contiennent que 8 500 unités pour un besoin estimé à 20 000 ou 40 000 greffons. Je suis choqué par la situation : c'est une dégringolade pour la France alors que nous étions pionniers, en 1987, avec la première greffe mondiale de sang de cordon effectuée par le Professeur Eliane Gluckman chez un enfant atteint d'un dysfonctionnement de la moelle osseuse. La médecine régénérative peut être une vraie révolution.”
Certains chercheurs, dont le Professeur Gluckman, ont pris position pour la légalisation des banques privées ou mixtes (qui permettent de préserver un mode de conservation fondé sur des dons non dédiés). Pour Pierre Le Coz, “les législateurs ne peuvent-ils pas trouver un système qui puisse permettre de poursuivre la recherche sur cette potentialité thérapeutique et protéger en même temps les citoyens d'une dérive autocentrée ? Il s'agit vraiment d'un manque d'imagination.”
Source : Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 06/09/10

C’est donc par manque d’imagination que, en matière de don et de conservation de sang de cordon ombilical en France, la nouvelle loi bioéthique va légaliser une dérive mercantile avérée, qui dure depuis des années. Le Professeur Axel Kahn, champion du don éthique, prône le respect des critères légaux d’anonymat et de gratuité pour le don et la conservation de sang de cordon, afin de lutter contre un “mercantilisme de l’espoir”. La dérive mercantile dénoncée par le Professeur Gluckman serait donc une dérive … éthique, à en croire l’auteur du livre paru en 2010, « Un type bien ne fait pas ça. » (avril 2010, Nil)

Un type bien ne fait pas ça ?

A lire sur le sujet :  “Sang de cordon : l’étrange omerta.” Laurent Grzybowski, La Vie, juillet 2007.