Scientific MOOCs follower. Author of Airpocalypse, a techno-medical thriller (Out Summer 2017)


Welcome to the digital era of biology (and to this modest blog I started in early 2005).

To cure many diseases, like cancer or cystic fibrosis, we will need to target genes (mutations, for ex.), not organs! I am convinced that the future of replacement medicine (organ transplant) is genomics (the science of the human genome). In 10 years we will be replacing (modifying) genes; not organs!


Anticipating the $100 genome era and the P4™ medicine revolution. P4 Medicine (Predictive, Personalized, Preventive, & Participatory): Catalyzing a Revolution from Reactive to Proactive Medicine.


I am an early adopter of scientific MOOCs. I've earned myself four MIT digital diplomas: 7.00x, 7.28x1, 7.28.x2 and 7QBWx. Instructor of 7.00x: Eric Lander PhD.

Upcoming books: Airpocalypse, a medical thriller (action taking place in Beijing) 2017; Jesus CRISPR Superstar, a sci-fi -- French title: La Passion du CRISPR (2018).

I love Genomics. Would you rather donate your data, or... your vital organs? Imagine all the people sharing their data...

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Concernant les fichiers son ou audio (audio files) sur ce blog : ce sont des fichiers Windows ; pour les lire sur Mac, il faut les ouvrir avec VLC (http://www.videolan.org).


Affichage des articles dont le libellé est ETHIQUE ET LOI. Afficher tous les articles
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Vous ne pourrez bientôt plus vous opposer au prélèvement de vos organes





Petit rappel : depuis début 2017, le consentement présumé au don de ses organes à sa mort a été renforcé dans la loi (lois biomédicales).  Les proches n'auront plus la possibilité de s'opposer à des prélèvements d'organes si les équipes soignantes ont opté pour cette voie, suite à un diagnostic de "mort encéphalique" dont les critères, rappelons-le, n'ont jamais été définis de manière uniforme d'un pays sur l'autre ... La mort encéphalique équivaut à une incompétence du cerveau, à un coma dépassé, ce qui n'équivaut pas strictement à la mort ...

Bon courage à tous ! On attend à présent la loi qui va nous interdire de nous opposer au prélèvement de nos organes ... sous peine d'emprisonnement. Déjà qu'on n'a pas le droit de faire séquencer son génome de sa propre initiative en France ... A suivre  ...


French citizens cannot get their own genome sequenced: it is forbidden by law




Pour donner ses organes, plus besoin de le dire ...

Votre vision va bien, c'est l'image qui ne va pas ... je l'ai floutée exprès ... Où l'on découvre que pour donner ses organes, plus besoin de le dire ... les blouses blanches peuvent se servir à discrétion ... pénurie oblige ... Mais peut-on industrialiser le don d'organes, ou faire des omelettes sans casser des œufs ? Non, bien sûr. Pas besoin d'être le philosophe allemand Nietzsche en personne pour connaître la réponse ...

Marie-Reine : "Mon fils décédé dans un accident en septembre 2011 a eu des prélèvements d'organes sans que les proches soient consultés, sans que son corps soit ensuite préparé pour que nous puissions lui faire des adieux décents comme nous l'aurions voulu ... si on m'avait demandé j'aurai donné mon accord bien sûr, mais là c'est tellement ignoble de ne pouvoir se recueillir devant le corps de mon fils que nous nous sommes tous inscrits sur le registre des refus. Il faut aussi respecter les familles, et ne pas considérer les défunts à la légère. Je précise que j'ai appris ces prélèvements sans consultation quatre mois après par un message sur mon portable et après avoir largement insisté pour savoir ..."

@ Marie-Reine : Je connais d'autres cas comme le vôtre ... j'en recueille depuis plus de 7 ans, des témoignages de la sorte, sur ce blog, à la rubrique "TEMOIGNAGE" ... De toute façon en France il y a le consentement présumé au don de ses organes vitaux à sa mort, il est inscrit dans la loi ... Les coordinateurs et -trices des transplantations sont donc à l'abri des plaintes (pénal) et il y a la pénurie ... La pénurie qui donne tous les droits ... y compris ceux de se servir en organes ... Ce que je dis peut paraître violent, mais j'ai recueilli quantité de témoignages de proches confrontés à la question du don d'organes, et de médecins (parfois très très très choqués) ... Un mourant est-il un réservoir d'organes disponible pour les transplantations ? La réponse est oui (pénurie oblige). Que dire d'autre ? ...


Source : Don d'organes, je le dis : Groupe créé sur Facebook (par l'Agence de la Biomédecine je suppose) ...

Aujourd'hui, c'est le 22 juin, journée nationale du "don" d'organes. Je dédie ce "Post" au fils de Marie-Reine .... 

En regardant cette photo (le fils de Marie-Reine), je me pose la question de savoir si les "donneurs" d'organes (ceux dont on a prélevé les organes vitaux à leur décès) valent moins, en droit humain, que les vivants en attente d'organes ... Notre société met la barre de la vie plus haut que celle de la mort, et cela semble normal ... Pourtant, dans une telle situation - où la fin de vie d'un potentiel donneur d'organes se déroule tandis que des équipes médicales et chirurgicales organisent un prélèvement d'organes vitaux afin d'aider des patients en attente d'organes - c'est là que cette petite phrase prend tout son sens : Notre société met la barre de la vie plus haut que celle de la mort, et cela semble normal ...Cette pensée folle me traverse l'esprit : et si c'était transgressif, au lieu d'être normal ? Non, ce n'est pas possible ... Toute la pression sociétale fait prendre à ma petite cervelle le chemin inverse .... C'est que, voyez-vous, le don d'organes induit forcément des comportements de pression sociétale. Il s'en nourrit, même ...

Il y a, par-delà la norme et le transgressif ... la pénurie ... Tout comme il y a, "Par-delà Bien et Mal" ... le philosophe allemand Nietzsche ... Peut-on industrialiser le don d'organes ? ...

Ces biais déontologiques et financiers dans les établissements de santé qui génèrent une "perte de chance" pour les patients

Pour la définition de la "perte de chance", c'est ici.

Professeur Bernard Devauchelle, pionnier de la transplantation faciale, CHU d'Amiens : "L'hôpital public n'a aucune raison de s'effondrer. C'est une question de volonté et d'hommes." (Le Point, 23/09/2010)

"Mondialement célèbre pour avoir réalisé la première greffe de la face, le Pr Bernard Devauchelle dirige au CHU d'Amiens un service de chirurgie.

'L'hôpital public n'a aucune raison de s'effondrer dès lors qu'il est capable de donner les moyens à ses équipes d'innover et d'accomplir des progrès médicaux. Je suis plutôt optimiste. L'hôpital, c'est avant tout des hommes et des femmes. Certes, la contrainte budgétaire est importante. Certes, il y a un environnement réglementaire lourd et parfois pesant. Certes, l'esprit de certains médecins se fonctionnarise dans le mauvais sens du terme. Mais je n'ai rien contre les fonctionnaires, au contraire, je suis l'un des leurs, nous avons le sens de la gratuité et de la générosité et, tant que les équipes hospitalières garderont cette foi, l'hôpital sera capable de s'en sortir. Mais les établissements publics doivent faire des choix. Je pense que les CHU et les centres hospitaliers de grande taille doivent se spécialiser davantage. Mais, contrairement à l'idée devenue aujourd'hui dominante, je pense aussi qu'il faut redonner des moyens aux petits hôpitaux pour les petits soins de proximité, sinon les grands établissements seront engorgés et asphyxiés. Depuis plusieurs années, et dans plusieurs spécialités, des médecins du CHU se rendent en consultation dans des hôpitaux situés à 60, 80 kilomètres, et ça marche. Dans une région comme la nôtre, tout le monde n'a pas les moyens de faire une heure de route pour se faire soigner à Amiens. Enfin, il faut développer la télémédecine pour assister les équipes soignantes isolées et en difficulté et accompagner leurs malades. On a le droit de rêver : cela exige de l'argent, mais c'est avant tout une question de volonté et d'hommes.'" (Source)

Mon analyse de ces propos, à l'attention de l'Archevêque de Monaco, son Excellence Monseigneur Bernard Barsi et du Vicaire Général, Monseigneur René Giuliano ... Ravie d'apprendre que l'Eglise catholique monégasque jette un oeil distrait sur mon (modeste) blog de loin en loin ... Pour rappel : la religion catholique est inscrite dans la constitution monégasque, aucune greffe ni aucun prélèvement d'organes ne se déroulent sur Monaco ... tout se passe à Nice, où il existe un grand centre hospitalier habilité par l'Agence de la biomédecine pour le prélèvement d'organes vitaux sur "donneur" dit "décédé", donc en état de mort encéphalique ... Prochainement, j'ai l'intention de réaliser une interview du Dr. Fabienne Mourou, qui joue un rôle important dans le développement de l'activité autour du sang de cordon ombilical à Monaco ... Les banques de sang de cordon ombilical se développent à Monaco, tandis qu'en France, on commence à peine à se réveiller, après 30 années d'inertie en la matière ... Ladite banque doit-elle être privée ? Publique ? Partenariat public-privé ? Tandis qu'en France les Gaulois tournent en rond dans leur bocal, tout en ayant peur que le ciel leur tombe sur la tête s'ils développent des banques en partenariat public-privé (grande frilosité des politiques), Monaco la catholique et la pragmatique ("aide toi et le ciel t'aidera") s'active et apparemment n'a pas peur que le ciel lui tombe sur la tête ...

 Quels sont ces biais déontologiques et financiers qui affectent l'organisation du système de santé avec ses différentes spécialités ou activités (transplantations d'organes, greffe de sang de cordon ombilical, chirurgie cardiaque, cardiologie, gynécologie, etc.) ? Pourquoi la télémédecine et la e-santé accusent-elles un net retard de développement en France ? Cela va-t-il s'arranger ? Quelle volonté politique pour promouvoir l'innovation dans la santé ? Que fait le gouvernement pour aider les petites entreprises qui souhaitent innover dans le domaine de la télémédecine et de la e-santé, dans celui de la chirurgie mini invasive assistée par ordinateur, ou encore dans celui de la chirurgie non invasive, dite "endoluminale", pour traiter, par exemple, le reflux gastro-aesophagien ? Les spécialités médicales et chirurgicales du futur (celles qui démarrent aujourd'hui, grâce aux nouvelles technologies) seront-elles bientôt prises en charge par la Sécu ?

Dans le cadre de la création de l'Atelier e-Santé, ou Health iLab, en partenariat avec M. Jean-Michel Billaut, fondateur de l'Atelier Numérique BNP Paribas, et après plus de six années d'observation de l'activité de la médecine de remplacement en France (transplantations d'organes et de tissus), petit tour d'horizon nourri d'exemples et de situations bien concrètes, en 50 mn :

==> Présentation audio

Des questions ? Des commentaires ? N'hésitez-pas !
Au plaisir de vous lire ...
cath.coste@laposte.net

Registre national des refus et consentement présumé : carence démocratique dans la législation du don d'organes

J'ai reçu le message suivant :

"Bonjour, j'ai décidé de m'inscrire sur le Registre National des Refus, géré par l'Agence de la biomédecine. Mais ce registre est-il crédible ? J’en doute puisqu’il est géré par l’agence de Biomédecine qui est loin d’être un exemple de transparence, sachant que cet organisme fait avant tout de la propagande pour les greffes. Admettons que j’ai un arrêt cardiaque demain pont d’Austerlitz. Les secours seraient là très vite étant donné la proximité de La Pitié Salpêtrière. Disons que je meurs dans les dix minutes( et qu’est-ce que la mort ?). N’empêche que ces gens là n’iront jamais vérifier si je suis inscrit sur le registre national de refus du don d’organes avant de pratiquer des gestes invasifs sur mon soi-disant cadavre, style refroidissement corporel ou une circulation extra-corporelle. Je ne serais dans ce cas là pour eux qu’un réservoir d’organes jusqu’au moment où ils interrogeront la base de données de l’agence de biomédecine.

Depuis que je vous le lis, je me suis posé la question, et surtout depuis que les prélévements à coeur arrêté ont repris. J’aimerais bien que vous y répondiez."

La réponse de Catherine Coste, auteure du blog Ethique et transplantation d'organes : Bonjour et merci pour votre message. Vous mettez le doigt sur LA faille dans le système du "don" consenti, anonyme et gratuit, dans un contexte juridique de consentement au don de nos organes à notre mort : le "consentement présumé". Le registre national des refus, géré par l’Agence de la biomédecine, seul les personnels de santé y ont accès. Pas les usagers de la santé. L’usager de la santé (proche d’un potentiel donneur d’organes vitaux, par exemple) n’a aucun moyen de vérifier que les acteurs des transplantations consultent effectivement ce registre. D’ailleurs très peu de personnes y sont inscrites ... Selon une enquête visant à recueillir l'opinion des personnels de santé en général et celle des professionnels des transplantations en particulier, et lancée en septembre 2010 (Optido), les acteurs de la santé pensent que ce registre des refus ne sert à rien ... Il n’y a aucune obligation de preuve pour les acteurs des transplantations lorsqu’ils disent que la loi les contraint à examiner ce registre avant toute chose, lorsqu’un patient est identifié comme potentiel donneur. Cette obligation est théorique. Les proches d'un patient, n'ayant pas accès au Registre National des Refus, n'ont aucun moyen de vérifier si ledit registre a bien été consulté par les soignants, et si oui, à quel moment ... L'opacité du système est totale ... En pratique, l'obligation légale de consultation de ce registre des refus par les soignants (dès qu'un patient est identifié comme potentiel donneur d'organes vitaux) n’est pas toujours respectée, notamment dans le cas des prélèvements "à coeur arrêté", comme vous le mentionnez dans votre message. Les prélèvements "à coeur arrêté", ce sont les prélèvements de reins et foie à partir d’un patient qui a fait un arrêt cardiaque et sur lequel les manoeuvres de réanimation "ont échoué". Ledit patient se retrouve dans un état dit irréversible : c'est l'"arrêt cardio-respiratoire persistant" ; on parle de "prélèvements ’à coeur arrêté’" parce que c’est un terme plus rassurant (permettant d'éviter que le grand public se pose des questions) que "arrêt cardio-respiratoire persistant" ... Pourtant seul ce dernier terme correspond à la réalité physiologique et scientifique de la chose, c'est-à-dire du prélèvement de reins et de foie dit "à coeur arrêté" ...

Le consentement présumé est un consentement obligatoire.

L’Agence de la biomédecine dépend du ministère de la Santé. Elle a pour mission de promouvoir l’activité des transplantations d’organes dans tous les hôpitaux de France. Cette mission est inscrite dans ses statuts. La dernière loi bioéthique, votée en juin 2011, est l’oeuvre de l’agence de la biomédecine. Cette loi réglemente l’activité des transplantations d’organes et de tissus. Le citoyen usager de la santé n’a pas vraiment eu son mot à dire, pas plus qu’il n’est informé sur les "prélèvements à coeur arrêté", pour lesquels il est présumé consentant (loi) ... Rappelons que pour les prélèvements "à coeur arrêté", des manoeuvres de réanimation invasives, au seul bénéfice des organes à prélever, sont effectuées sur un patient avant même de pouvoir établir la volonté dudit patient ... Le Pr. Emmanuel Hirsch, directeur de l’Espace Ethique de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, a parlé d’un "grave déficit de démocratie dans la loi bioéthique de juin 2011" (Forum Innov’Tech Santé, Les Echos, Paris, 30/06 - 01/07/2011).

Mort encéphalique ("Brain death") : les juristes anglo-saxons commencent à s'intéresser au terme de "fiction juridique" ou "fiction légale" dans la définition de la mort

Aujourd'hui, les avocats américains se penchent sur cette "fiction juridique" que constitue cette "mort encéphalique" qui permet le prélèvement d'organes vitaux "post-mortem" ...

Outre-atlantique, les juristes commencent à s'intéresser au concept de "fiction juridique" ou "fiction légale" dans la définition de la mort. Pourquoi donc ? Tout simplement parce que les critères scientifiques retenus pour annoncer un décès par "mort encéphalique", afin de pouvoir prélever des organes vitaux "post-mortem", ne correspondent pas tout à fait à la mort - mais à un état de coma dépassé. Cet état de fait, totalement absent du discours public sur le don d'organes, pose des problèmes d'éthique et de déontologie qui parviennent aux oreilles des juristes américains ... Je rappelle que dans les pays anglo-saxons, il y a le recours collectif ou "class action" ... pas encore introduits en France ... Au Canada, récemment, une famille a porté plainte suite à un diagnostic de "mort encéphalique" s'étant avéré un peu prématuré (lire) ...

Dans le Post précédent, il a été dit que les critères de diagnostic de la mort encéphalique varient d'un pays à l'autre. Tandis que la France réaffirme la validité des critères de diagnostic de la "mort encéphalique", la Harvard Medical School, qui avait en 1968 validé la "mort encéphalique" comme la mort sur le plan scientifique, fait depuis août 2008 marche arrière et souhaite revenir sur cette affirmation ... Aujourd'hui on sait que la mort encéphalique équivaut à un coma dépassé ... donc pas tout à fait à la mort ... Le discours public affirme pourtant le contraire, afin de promouvoir le don d'organes : il est bien question de donner nos organes après notre trépas, et non pendant icelle, ou icelui - ce que les juristes américains reconnaissent comme une "fiction juridique". La "fiction juridique" de la mort encéphalique ... Dans ce contexte, lutter contre la pénurie d'organes à greffer engendre une information (discours public) sur le prélèvement d'organes vitaux dit "post-mortem" qui ne s'affranchit jamais totalement de la promotion du Don ... ce qui pose des problèmes de déontologie médicale et d'éthique. Selon ces juristes, il faudrait reconnaître cette fiction juridique afin de sortir d'une impasse éthique et déontologique ... et, plus concrètement, d'éviter toute une série de "class actions" qui se profilent à l'horizon ... et d'anticiper un cas qui ferait jurisprudence en la matière ...
Am J Law Med. 2010;36(4):540-85 : "Can we handle the truth? Legal fictions in the determination of death." Authors: Shah SK, Miller FG.

Abstract
"Advances in life-saving technologies in the past few decades have challenged our traditional understandings of death. People can be maintained on life-support even after permanently losing the ability to breathe spontaneously and remaining unconscious and unable to interact meaningfully with others. In part because this group of people could help fulfill the growing need for organ donation, there has been a great deal of pressure on the way we determine death. The determination of death has been modified from the old way of understanding death as occurring when a person stops breathing, her heart stops beating, and she is cold to the touch. Today, physicians determine death by relying on a diagnosis of total brain failure or by waiting a short while after circulation stops. Evidence has emerged that the conceptual bases for these approaches to determining death are fundamentally flawed and depart substantially from our biological and common-sense understandings of death. We argue that the current approach to determining death consists of two different types of unacknowledged legal fictions. These legal fictions were developed for practices that are largely ethically legitimate but need to be reconciled with the law. However, the considerable debate over the determination of death in the medical and scientific literature has not informed the public of the fact that our current determinations of death do not adequately establish that a person has died. It seems unlikely that this information can remain hidden for long. Given the instability of the status quo and the difficulty of making the substantial legal changes required by complete transparency, we argue for a second-best policy solution of acknowledging the legal fictions involved in determining death. This move in the direction of greater transparency may someday result in allowing us to face squarely these issues and effect the legal changes necessary to permit ethically appropriate vital organ transplantation. Finally, this paper also provides the beginnings of a taxonomy of legal fictions, concluding that a more systematic theoretical treatment of legal fictions is warranted to understand their advantages and disadvantages across a variety of legal domains."

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21302846

Image : Edward Asner dans The Practice (source).

Ca bouge à Cupertino

Suite des gaies chroniques (bioéthiques) de San Francisco (si vous me permettez ce petit clin d'oeil à l'un de mes auteurs favoris, Armistead Maupin) ...

Cupertino, c'est là où Steve fait construire les nouveaux bureaux d'Apple ... en forme de vaisseau spatial ... Ceci juste pour planter le décor de ce qui suit et qui est, évidemment, pure fiction (toute ressemblance avec des personnes ou des lieux ayant existé, existant ou allant exister ne serait que pure coïncidence ...)

Théâtre de la Huchette, Paris, 23h00 ... Mon mari et moi sortons du one-woman-show Peggy Guggenheim, femme face à son miroir (merci à l'équipe d'aufeminin.com pour l'invitation !) :
"L'extravagante Peggy Guggenheim, aux prises avec ses contemporains, papesse de l'art moderne, balance ses humeurs, ses failles, ses vacheries, mêlant le cocasse et le tragique dans une même énergie débordante."
Très intéressant, belle performance de l'actrice ... Au resto, alors que nous dégustons des tajines mouton-aubergines, texto de Steve : "Alors, quoi de neuf ?" ... Je ne vais pas raconter à Steve que je sors du théâtre de la Huchette ... Alors, au hasard, je dis : "Le comité d'éthique de l'Elysée (CCNE) vient de rendre son avis sur les transplantations d'organes : recommandations éthiques et pratiques pour le don d'organes post-mortem et de son vivant ..." (lire)
"Et ? ...", demande Steve, vaguement intrigué par ce que l'Europe, ce grand musée tout entier recroquevillé sur son passé, craignant l'instabilité bien plus que le chômage de ses jeunes (qui s'élève à plus de 40 pour cent dans toute l'Europe, ce que ces pays-musées considèrent comme une fatalité) peut trouver à dire en matière d'éthique et de transplantation d'organes ...
Je lui envoie par e-mail via iPhone l'extrait suivant :
"Les réflexions sur l’élargissement du prélèvement d’organes post mortem d’un donneur décédé après arrêt cardiaque irréversible aboutissent à une mise en garde du CCNE. En effet, celui-ci note le danger d’élargir le prélèvement lorsque l’arrêt cardiaque a été provoqué par un arrêt des traitements. Ce critère, appelé 'Maastricht III', reconnu au niveau international pour justifier un prélèvement d’organe, n’est pas autorisé en France. Le risque, souligne le CCNE, est que 'l’arrêt de traitement ait été décidé en vue d’un prélèvement d’organe […] L’idée d’une intention de prélèvement qui puisse être mêlée au motif de l’arrêt de traitement suffit pour maintenir l’actuelle prudence de l’Agence de la biomédecine'. A ce titre, le CCNE rappelle que la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades en fin de vie 'n’équivaut pas à une autorisation de prélèvement dans cette situation' avant d’ajouter que 'seule une compréhension en profondeur de cette loi peut retirer toute suspicion à son égard'." (source)
Steve ne comprend rien ... je résume : en gros, le don d'organes made in cocorico est l'inverse de celui made in Harvard : les Gaulois disent que le donneur d'organes est mort quand il est en mort encéphalique (qui équivaut à une incompétence du cerveau), tandis que les Yankees, en particulier les experts de Harvard, ne reconnaissent plus la mort encéphalique comme critère de mort ...
Steve comprend de moins en moins ... Je sors les rames ... Pour ce qui est des prélèvements à coeur arrêté, c'est-à-dire un prélèvement de reins et de foie (Steve a été greffé du foie voilà deux ans) à la suite d'un arrêt cardiaque dit contrôlé, les USA préconisent de prélever des organes vitaux sur des donneurs pour lesquels on a décidé l'arrêt des traitements, qui ne sont plus dans leur intérêt ... vu dans l'état où ils se trouvent, à ce moment-là, prélever leurs organes ne peut plus constituer un mal pour eux étant donné leur état neurologique irréversible ... Bien sûr, une anesthésie est prévue ... Cela s'appelle "Maastricht III" ... Et c'est précisément ce dont les Gaulois ne veulent pas entendre parler ... Pour eux, une situation d'arrêt cardiaque dit "non contrôlé" (quelqu'un s'écroule dans la rue, suite à un arrêt cardiaque, les manoeuvres de réanimation échouent) peut permettre un prélèvement d'organes (reins et foie) : on réanime le patient pour ses organes et on court au bloc ... Cela s'appelle "Maastricht I, II, IV", je vous passe les détails ...

Les Gaulois font Cocorico ! avec "Maastricht I, II, IV" et la "mort encéphalique" ; les Yankees font Booouuuuhhh !
Les Yankees font Yessss ! avec "Maastricht III" ;  les Gaulois font Boooouuuhh !

En clair, un patient se trouvant en mort encéphalique n'est, en France, plus un patient : son constat légal de décès est signé ; aux USA en revanche, ce patient, dans un état identique, reste un patient, donc quelqu'un qui a les droits de la personne ... car on considère que cet état est distinct de l'état de mort, puisque la mort encéphalique est un coma dépassé ...

... ce qui est applaudi en matière de prélèvement d'organes aux USA (Maastricht III) est sifflé en France et ce qui est applaudi en France (mort encéphalique, Maastricht I, II, IV) est critiqué aux USA ... Happy globalization!

Steve s'impatiente ... "Ce CCNE, il pense quoi du séquençage du génome ?"
Je lis le message ... une pause ... Je voudrais pas me fâcher tout rouge avec le CCNE. Y en a des, y m'aiment pas (comme le grand chef à plumes), mais y en a des qui sont sympas (l'autre grand chef à plumes), pis y a le Professeur Bernard Debré, médecin député UMP qu'est au CCNE, je voudrais pas me les fâcher tout rouge ... Steve insiste : "Tu devrais leur demander ce qu'ils pensent des Français qui vont faire leur analyse génomique aux USA. Par ailleurs un séquençage complet du génome devrait coûter 100 USD en 2015. Qu'en pensent ces braves gens ?" Ca alors, ils se sont donnés le mot ou quoi ? J'en parlais avec M. Jean-Michel Billaut, auteur du Billautshow, il y a quelques semaines, dans le cadre d'une interview de 23&me à l'atelier e-santé ... Je tape une réponse pour Steve comme à regret : Ai déja posé la question en séance publique au CCNE fin janvier 2011. Ils n'ont pas aimé ... En juin 2011, ils n'aiment toujours pas ... ne se réjouissent guère de ces perspectives contraires à la déontologie médicale la plus élémentaire et seul fruit - pourri - de l'action des lobbies biotech ... Forcément malhonnêtes ... Leur credo : l'homme réparé c'est bien (cela fait vendre les médicaments immunosuppresseurs pour les patients greffés, comme quoi le lobby des labos existe déjà, pas besoin d'attendre celui des nano-biotechs) ; l'homme augmenté c'est mal ...
La réponse de Steve fuse. Sous forme de question. Impitoyable.
"Le CCNE : c'est des luddites ?" (message en français)
Là, vous ne pouvez pas comprendre si vous n'avez pas lu Google démocratie ... livre écrit par un médecin et un journaliste, et qui vient de sortir ... Les luddites, ce sont des conservateurs : les néo-luddites, luddites et le luddisme ainsi que le néo-luddisme sont autant de termes pour désigner une seule et même attitude : le refus des nouvelles technologies, celles qui font l'humain 2.0 : les nano-biotechnologies 2.0. Sus à l'homo-webicus, créature frankensteinoïde faite par et pour les pingouins transhumanistes, pour le malheur de l'humanité ... Le roman, "Google Démocratie", raconte le naufrage économique d'une Europe bioconservatrice face à deux méga-puissances qui se livrent une guerre sans merci dont le moteur économique, financier et politique est la nano-techno-bio-science : les USA et la Chine ... Google met la main sur le domaine des biotechnologies ; l'Europe, repère de bioconservateurs, est en plein naufrage économique ... Dans ce livre, les descriptions de la vie quotidienne dans des régions du Nord de la France en 2018 donnent froid dans le dos ... On est loin de "Bienvenue chez les Ch'tis" ... Il n'est pas déraisonnables d'affirmer que ce bio-techno-polar pose les bonnes questions ... Tout comme Steve ... qui continue avec ses questions :
"Et votre pionnier du Nord, celui de la transplantation faciale, il en pense quoi, de tout ça ?"
Je réponds : Il dit qu'il ne faut pas brider la recherche, et qu'ensuite il faut se demander comment appliquer les nouvelles découvertes scientifiques ...
Steve comprend vite : "Ce n'est pas un luddite ..."
Moi : certainement pas !
Steve : "Ni un pingouin transhumaniste" (webbicon smiley)
Moi : Certes (webbicon clin d'oeil)
Je crois bon d'ajouter, histoire de montrer qu'en Gaule il se passe tout de même des choses 2.0 grâce à nos jeunes : en ce moment même, y a un événement Sysdream à Disneyland : des gentils hackers (il en va des magiciens comme des hackers : y a la magie blanche, celle bien intentionnée ; y a la magie noire, celle pas du tout bien intentionnée ; y a les hackers à casquette blanche - white-hat-hackers - ; les hackers à casquette noire - black-hat-hackers), donc des hackers à casquette blanche, ceux qui aident les entreprises 2.0 à renforcer leur sécurité informatique, font leur show à Disneyland, façon Pirates des Caraïbes, j'imagine : les meilleurs hackers-à-caquette-blanche, ceux qui aident le mieux nos honnêtes entreprises 2.0, peuvent gagner une récompense de 3.000 EUR (c'est tout ?!) en exerçant leurs talents de hackers pour la bonne cause ... On se rappelle de Sony et de ses hackers appartenant à Security LOL ... qui jouent de méchants tours à Sony ... Y avait un gentil hacker qu'avait gentiment fait remarquer une faille de sécurité à Sony ... Franchement, une erreur de débutant au niveau de la confidentialité des données clients, à ce qu'il paraît ... C'était donc un Hacker bien intentionné ... Or Sony l'a mal pris, lui a mis tous les avocats du monde au cul et l'a mis à genoux ... Le malheureux a dû signer tout un tas de documents, comme quoi il n'approchera plus jamais un ordinateur ou tout autre device électronique à moins de 100 m ... Comme par hasard un groupe de hackers genre e-Robin des Bois joue de mauvais tours à Sony depuis ... Ils s'appellent ... Security LOL ... J'irais bien faire un tour à Disneyland, sur la galère des Pirates des Caraïbes, mon petit doigt me dit que ces e-pirates ont mis quelques matelots 1.0 de Sony à ramer à fond de cale ...

Do you know Samia Hurst from Genève ? La bioéthique vue de Suisse a du punch ...

Bioéthicienne et médecin, Samia est professeure à l'Institut d'éthique biomédicale de l'Université de Genève, et consultante d'éthique aux Hôpitaux Universitaires de Genève.

Pourquoi un blog sur la bioéthique ? Samia : "L'éthique, c'est l'affaire de tous les humains quelles que soient leurs origines, leurs langues, qu'ils aient ou non une religion, et bien sûr quelle qu'elle soit. Mais la blogosphère a ses travers ... Il y manquait un blog de bioéthique régulier, en français, et qui ne soit pas sponsorisé par une église. C'est chose faite.", écrivait-elle en 2008.

Je vais souvent sur ce blog ... résolument orienté grand public (un grand plus à mes yeux), ce qui y est dit sur la transplantation d'organes (voir) est très intéressant ... Notamment le "post" : "Don d'organes, comparons les campagnes" (voir) ... C'était bien vu ... En France, on a le droit à des campagnes pas terribles : celle de 2011 ne fait pas exception : "Pour sauver des vies, il faut l'avoir dit" (voir) : cela débute sur un mensonge, a déjà réagi le corps médical (ladite campagne gauloise est orchestrée par l'Agence de la biomédecine) : en France, tout le monde est présumé consentir au don de ses organes à sa mort, c'est la loi ... Fin 2009, il y avait cette autre campagne gauloise (par France ADOT) qui est encore dans bien des mémoires : un  jeune renversé par une voiture, en position de Superman, prêt à donner ses organes : il n'avait pas pu être un héros de son vivant, mais à sa mort, il allait, tel Superman, pouvoir sauver des vies ... En France, rappelons-le, on aime nos jeunes ! 50 pour cent d'échec à la sortie de la première année d'université, plus de 40 pour cent des jeunes au chômage - c'est là d'ailleurs une tendance lourde, qui se vérifie dans l'ensemble de l'Europe ... Les jeunes Gaulois ne seraient-ils bons qu'à donner leurs organes ? J'ai, je l'avoue, honte de mon pays, où on a l'air de trouver que le chômage est un phénomène naturel, surtout quand il touche les jeunes ... Certains médecins députés avaient trouvé cette campagne dite "de Superman" choquante : "Mourez, on s'occupe du reste !, est-ce là le message que l'on veut faire passer ?", s'était inquiété le Professeur Bernard Debré, urologue et député UMP (voir).

Faudra qu'un de ces jours, Samia et moi on se cause autrement que par blog interposé ... Une petite conversation sur Skype ? On peut l'enregistrer et ensuite la mettre en ligne, sur nos blogs respectifs, comme une vidéo ... A faire, avec plaisir ! ... En attendant, je vous conseille un petit tour sur le site suivant :

  ==> http://forumethix-ch.blogspot.com/

Nouvelle loi de bioéthique : plus ça change, plus c'est pareil

"L’Assemblée a adopté, en première lecture, le projet de révision de la loi bioéthique par 272 voix contre 216. Le Parti socialiste, qui prône une autorisation encadrée de la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, a voté contre." Le Quotidien du Médecin, 15/02/2011

En gros, après un chantier pharaonique nommé Révision des lois bioéthiques et débuté fin 2008, tandis que les Etats Généraux de la bioéthique étaient lancés en 2009, afin de recueillir la participation des citoyens, le projet de loi est adopté ce 15/02/2011. Résultat des courses : statu quo.

Rien ne change pour l’anonymat des dons de gamètes et la recherche sur l’embryon mais le transfert d’embryon post-mortem a été adopté contre l’avis du gouvernement. "Libération qualifie le projet de loi sur la bioéthique de 'rendez vous manqué', et 'd’un étonnant statut quo' qui maintient l'interdiction de de la recherche sur l'embryon humain et de la gestation pour autrui et maintient l'anonymat des dons de gamètes (...). 'Concevoir avec un géniteur mort, c’est légitime. Avec un homo, toujours pas' résume Libération, évoquant le transfert d’embryons post-mortem."

Les députés se sont exprimés, les citoyens vont avoir quelques années pour le faire, jusqu'à la prochaine révision de la loi. La fin des débats de bioéthique n'est donc pas au programme ...

Optimiser le don d'organes (OPTIDO) : conférence

Le 02/09/2010, une enquête d'opinion a été lancée auprès des personnels de santé, impliqués ou non dans les transplantations d'organes, afin de recueillir à l'échelle du pays, auprès d'un maximum de soignants, les perceptions des uns et des autres sur les différentes stratégies visant à optimiser le don d'organes. Cette enquête se présente sous la forme d'un questionnaire.

Une analyse détaillée de la forme et du fond de ce questionnaire vous est proposée, sous la forme d'une conférence. Durée : 1h30. Auteure : Catherine Coste. Pour visionner cette conférence, vous avez besoin du logiciel VLC media player. Vous pouvez le télécharger ici.

Y aurait-t-il un Hadopi du don d'organes ?

Sous couvert de pédagogie, la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) fait dire à la loi ce qu'elle ne dit pas. Ainsi, l'Hadopi veut dissuader les internautes de se rabattre vers les plateformes de streaming, en leur faisant croire qu'ils pourraient être encore sanctionnés, alors que ça n'est possible ni techniquement, ni juridiquement.
Sous couvert de pédagogie, l'Agence de la biomédecine, organisme gouvernemental chargé d'orchestrer et de promouvoir l'activité des transplantations d'organes (prélèvements et greffes d'organes), élabore un discours public sur les prélèvements d'organes qui ne s'affranchit jamais totalement de la promotion du Don. Or le consentement présumé qui fait, aux yeux de la loi, de chacun de nous un donneur d'organes à son décès si l'occasion s'en présente, requiert une information : pour qu'il y ait consentement sur un tel sujet, encore faut-il que ce consentement soit éclairé. Remplacer l'information par la promotion sous couvert de pédagogie, c'est priver le consentement [éclairé] présumé de tout fondement éthique. C'est remplacer un consentement éclairé par un consentement présumé, lequel n'est rien d'autre qu'un consentement à l'insu de son plein gré. Petit décryptage ...

  ==> Lire cette chronique bioéthique sur AgoraVox, journal citoyen en ligne.

"Dans son courrier envoyé aux abonnés à Internet qu'elle avertit pour la seconde fois, l'Hadopi prétend que les 'comportements volontaires de consultation' d'oeuvres protégées par le droit d'auteur (donc y compris le streaming) constituent des délits de contrefaçon sanctionnés par les tribunaux. Ce qui est faux. Mais l'autorité se défend en expliquant que ses avertissements sont rédigés 'dans le souci d'être compréhensible' par leurs destinataires.
Mercredi dernier, la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) publiait le modèle de recommandé qu'elle prévoit d'envoyer aux abonnés qui ont déjà reçu au préalable un premier avertissement par courriel, et dont l'adresse IP est de nouveau collectée dans les 6 mois. Nous nous étions étonnés d'y lire, d'un ton menaçant, que 'nous vous rappelons que les comportements volontaires de consultation, mises à disposition ou reproduction d'oeuvres protégées par un droit d’auteur, appelés couramment piratage, constituent des délits de contrefaçon sanctionnés par les tribunaux.'

Etrange formulation. En effet, le code de la propriété intellectuelle n'interdit jamais la simple 'consultation' d'une oeuvre sans autorisation. Ce sont les actes de reproduction, de représentation, et de mise à disposition du public sans autorisation qui sont des délits. Pas la consultation. On peut interdire de copier un livre. Pas de le lire. Ce sont d'ailleurs ces trois délits qui sont précisément visés par l'article L336-3 du code de la propriété intellectuelle, que cite l'Hadopi dans son recommandé.
La seule explication, en dehors d'une erreur ou d'un mensonge, était que la Haute Autorité estime que la consultation d'une oeuvre piratée constitue une forme de recel de contrefaçon, lorsque la personne qui regarde ou écoute une oeuvre sait qu'il s'agit d'une contrefaçon. D'où l'expression 'comportements volontaires' indiquée dans la lettre. Mais il s'agit là d'une simple hypothèse, et à notre connaissance il n'existe aucune jurisprudence qui établit l'existence d'un délit de recel de contrefaçon par la simple 'consultation' d'une oeuvre piratée. S'il est bien interdit de mettre en ligne un film piraté, rien ne permet d'affirmer qu'il est interdit de le regarder en streaming.
Nous avions donc contacté l'Hadopi la semaine dernière pour avoir des explications. La réponse nous est parvenue jeudi soir, sous la plume de Mireille Imbert-Quaretta, la présidente de la Commission de protection des droits (CPD) de l'Hadopi. Elle vaut d'être reproduite dans son intégralité. Nous nous attendions à une longue explication juridique, teintée de jurisprudence, et voici ce que la magistrate issue du Conseil d'Etat nous a répondu :
'Monsieur
Vous avez souhaité avoir des éclaircissements sur les termes employés dans la deuxième recommandation envoyée aux abonnés dont l’accès à internet a de nouveau été utilisé à des fins illicites.
Comme vous le savez la commission de protection des droits est attachée à ce que ses propos et ses courriers soient intelligibles par des personnes non averties, des subtilités du droit de la propriété intellectuelle. C’est la raison pour laquelle les recommandations ont été prioritairement rédigées dans le souci d’être compréhensibles par ceux qui les recevront.
La CPD a donc volontairement écarté tout ce qui pourrait apparaitre comme une qualification juridique des faits - qui n’est pas de son ressort et relève exclusivement des prérogatives du procureur de la République - et privilégié un langage courant facilement accessible. Toutefois la citation des articles du code en annexe de la recommandation doivent permettent à ceux qui le souhaitent de se reporter aux dispositions légales applicables et d’éviter ainsi toute erreur d’interprétation.'
L'Hadopi ne conteste pas qu'elle réinvente le droit en affirmant que la 'consultation' des oeuvres piratées est une contrefaçon. Pire, elle l'assume sans rougir, et prétend que les administrés devraient lire les termes exacts de la loi et l'interpréter mieux qu'elle pour vérifier qu'en effet, l'Hadopi divague.
Le courrier n'aurait pas été moins compréhensible s'il s'était contenté de dire que 'les comportements volontaires de mises à disposition ou reproduction d'oeuvres protégées par un droit d’auteur, appelés couramment piratage, constituent des délits de contrefaçon'.
Si l'Hadopi ajoute la 'consultation' en sachant parfaitement que c'est une erreur juridique, c'est parce qu'elle souhaite faire peur. Elle veut dissuader les internautes de se rabattre vers les plateformes de streaming, en leur faisant croire qu'ils pourraient être encore sanctionnés, alors que ça n'est possible ni techniquement, ni juridiquement.
Mais est-ce le rôle, et le droit, d'une autorité publique indépendante, de faire dire à la loi ce qu'elle ne dit pas dans l'objectif de faire peur aux citoyens auxquels elle s'adresse ?"
(Source)
L'Agence de la biomédecine est l'institution gouvernementale chargée d'orchestrer et de promouvoir l'activité des transplantations d'organes (prélèvements et greffes d'organes) sur l'ensemble du territoire français. Question : comment une institution gouvernementale, dans un contexte où le consentement présumé est inscrit dans la loi, peut-elle être garante du consentement éclairé supposant une information au préalable, alors même que la mission de promotion du don d'organes est inscrite dans ses statuts ? Une information qui ne s'affranchit jamais de la promotion du don d'organes, ce n'est pas de l'information. C'est un discours public biaisé. Le consentement éclairé devient une vue de l'esprit. Le consentement présumé sans information éclairante, une fiction juridique.
Confrontée à cette accusation plutôt gênante de vouloir faire de chacun de nous un donneur d'organes à l'insu de son plein gré, l'Agence de la biomédecine se défend avec des arguments dignes de ceux de l'Hadopi. Voyez plutôt : la greffe rénale est économiquement rentable : les 2/3 des presque 15.000 patients en attente de greffe (chiffres de 2010) attendent un rein. Or une greffe rénale économise à la Sécurité Sociale, en moyenne et par patient greffé, entre 9 et 12 ans de dialyse (soit la durée de vie dudit greffon dans le corps du patient greffé). A cet argument économique s'en ajoute un autre, de même nature : la promotion du don d'organes (assurée principalement mais pas seulement par France ADOT, que d'aucuns appellent "organisme de collecte d'organes") est financée par les grands labos pharmaceutiques suisses producteurs de médicaments immunosuppresseurs, ces fameux médicaments anti-rejet que les patients greffés doivent prendre à vie. Ces arguments économiques de taille autorisent un organisme public à appeler, sous couvert de pédagogie, "information sur le 'don' d'organes" ce qui n'est que de la promotion. Le consentement présumé de chacun au don de ses organes à son décès, car telle est la loi, suppose une information au préalable. Une information qui s'est affranchie de la promotion du Don. Cette information est inexistante dans le discours public. Les associations de collectes d'organes ne sont pas payées par les grands labos pharmaceutiques fabricants d'immunosuppresseurs pour informer sur les prélèvements d'organes dits "post-mortem". Elles le sont pour promouvoir le Don. Sous prétexte de pédagogie, le consentement éclairé devient fiction. Ce n'est pas ce que prévoit la loi, qui prescrit une "information" au préalable du consentement, ainsi "éclairé". Si le don de ses organes à son décès est un geste profondément altruiste, généreux, éthique, héroïque, même, la promotion du Don, discours biaisé se donnant pour de l'information, est inéthique. Faire passer la promotion du Don pour de l'information, c'est priver le consentement présumé inscrit dans la loi de tout fondement éthique. 
Est-ce le rôle, et le droit, d'une autorité publique indépendante, de faire dire à la loi ce qu'elle ne dit pas dans l'objectif de collecter des organes ?

Don et émotion

Loin des yeux et du coeur du grand public, les réponses à l'enquête Optido continuent à arriver. Résultats au printemps 2011. Optido est un questionnaire adressé aux personnels de santé afin de recueillir les perceptions des professionnels de la santé en général et des acteurs des transplantations en particulier sur les prélèvements et les greffes d'organes. Optido, ou comment optimiser le don d'organes.

==> Lire le questionnaire OPTIDO

Pour rappel : en 2010 s'est tenu un colloque suisse sur la manipulation de l'affect pour promouvoir les transplantations (lire) :

"Emouvoir et persuader pour promouvoir le don d’organes ?L’efficacité entre éthique et droit."
Alexandre Flückiger (éd.), Zurich, Ed. Schulthess 2010 :
"Chaque année, des patients décèdent faute d’organes disponibles pour une transplantation. Chacun étant libre de donner ou non ses organes pour le bien d’autrui, l’Etat ne saurait juridiquement contraindre ses concitoyens à faire don d’une partie de leur corps, tant de leur vivant qu’après leur mort. La liberté n’étant pas absolue, la sauvegarde de la santé et de la vie des receveurs potentiels justifie pourtant de mettre sur pied des mesures de promotion du don d’organe.
Cet ouvrage présente les différents moyens affectés à cette promotion, avec un accent particulier sur le recours stratégique aux émotions et à l’usage des techniques de persuasion en psychologie sociale. Les auteurs apprécient ces outils tant sous l’aspect de leur efficacité que de leur légitimité et confrontent les différents points de vue juridiques, politiques, sociologiques, anthropologiques, médicaux et éthiques."
En Suisse prévaut le consentement explicite : il faut effectuer une démarche administrative pour consentir au don de ses organes à sa mort. En France prévaut le consentement présumé : tout le monde est, par défaut, réputé consentir au don de ses organes à sa mort, aux yeux de la loi. Deux pays, deux législations différentes mais un but commun : optimiser le don d'organes. C'est le but de l'enquête d'opinion OPTIDO, lancée en France en septembre 2010. C'est le but des coordinateurs et coordinatrices des équipes de transplantation d'organes, que ces équipes exercent leur activité en France ou en Suisse. En France, l'Agence de la biomédecine, qui dépend directement de l'Etat, a pour mission de promouvoir et d'encadrer l'activité des prélèvements et greffes d'organes. Elle a pour mission de former les équipes médicales au rôle de coordinateur des transplantations, dans le but d'un maximum d'efficacité (obtenir des organes). Pour rappel, le rôle de coordinateur ou coordinatrice des transplantations consiste à participer (et à inciter d'autres équipes médicales) au recensement de potentiels donneurs en amont du diagnostic d'un état irréversible qui fera office de constat de décès. Suit l'entretien avec les proches, dans le but d'obtenir des organes à des fins de transplantation. Cet entretien se fait en plusieurs étapes. D'abord, il convient de préparer les familles à l'idée, très inconfortable pour eux, que l'état irréversible de leur proche équivaut à un état de mort, mais c'est un état bien particulier que cet état de mort, puisque le proche potentiel donneur va être maintenu en vie artificielle et va bénéficier de soins invasifs dans le "seul" but de conserver des organes transplantables. Plusieurs petits entretiens auront lieu, afin d'expliquer aux familles ce qu'est cet état irréversible de coma dépassé ("mort encéphalique"), ce qu'il peut apporter à d'autres patients en espoir de greffe. Les familles confrontées à la question du don d'organes dit "post-mortem" sont souvent confrontées à un dilemme : il faut choisir son camp : soit on rend cette mort utile (que le décès serve à d'autres, que le donneur ne soit pas "bêtement mort pour rien", ce qui permet de "refuser la fatalité"), soit on accompagne le mourant au mieux de son seul intérêt, qui n'est peut-être pas celui des patients en attente de greffe, mais qui permettra au potentiel donneur (qui ne sera pas donneur) de "s'éteindre tranquillement". Enfin, au bloc, lors du prélèvement, le coordinateur ou la coordinatrice veille au respect de la volonté des familles : seuls les organes et tissus pour lesquels l'autorisation a été donnée par les proches peuvent être prélevés. En France, on peut se demander si une famille qui découvre après-coup que des prélèvements non autorisés ont été effectués sur son proche et qui portera plainte (cf. l'Affaire d'Amiens) pourra obtenir gain de cause, puisque - justement - le consentement présumé prévaut ...  Pourquoi ce consentement ne s'appliquerait-il pas à tous les organes et tissus, sans opérer de tri ou de sélection ?
Qu'il s'agisse de la France ou de la Suisse, la mission des coordinateurs des transplantations est claire : ils sont chargés, sinon d'élaborer,  du moins d'appliquer des stratégies ("communication en vue d'un résultat pratique") visant à optimiser le don d'organes dit "post-mortem". Entre compassion et efficacité, ils doivent émouvoir et persuader par des moyens ayant pour seule limite l'éthique (équivaut-elle à la morale ou est-ce autre chose ?) et le droit (en France, le consentement présumé) ...

Chroniques bioéthiques sur AgoraVox, journal citoyen en ligne



Chroniques bioéthiques de M. Alain Tesnière, professeur de lettres :

http://www.agoravox.fr/auteur/alain-tesniere



Chroniques bioéthiques de Catherine Coste, auteure du blog "Ethique et transplantation d'organes" :

http://www.agoravox.fr/auteur/catherine-coste





Nicolas Sarkozy (2009) :


"Il faut que les Français s'emparent de ces sujets de bioéthique."


Etats Généraux de la Bioéthique :

http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/

Don de rein dit "post-mortem" ou don de rein de son vivant : où est le "bazar bioéthique" ?

"Vouloir un enfant alors que l'on est stérile, malade ou mourant, vouloir sauver la vie de celui que l'on aime au risque de perdre la sienne, vouloir être un homme quand on est né femme ou l'inverse sont autant d'épreuves de vie qui façonnent, au sens où elles détruisent mais construisent à la fois les individus qui les affrontent. Les histoires racontées ici ont été recueillies par le Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin à Paris, où docteurs, philosophes, juristes et sociologues accompagnent patients et médecins dans leurs interrogations, jusqu'à ce que soit prise la moins mauvaise des décisions. C'est une plongée passionnante dans le concret de la médecine, au carrefour entre progrès scientifique et lutte pour la vie. Ces histoires véhiculent aussi des dilemmes éthiques dramatiques qui remettent en cause nos certitudes morales. Certains dénoncent le 'bazar bioéthique' qui pourrait s'ensuivre. Pour Véronique Foumier, c'est en osant au contraire se porter solidaire de ces hommes et ces femmes que l'on pourra dessiner les voies d'une nouvelle bioéthique."

Le Docteur Véronique Fournier dirige le Centre d'Ethique Clinique à l'hôpital Cochin, Paris. Elle est l'auteure du "Bazar bioéthique : Quand les histoires de vie bouleversent la morale publique" (Robert Laffont, collection "Le Monde comme il va", 2010). Pour elle, la bioéthique est "affaire d'hommes et de femmes, d'histoires singulières, plutôt que de principes désincarnés."
Disons-le d'emblée, ce livre dérange. J'ai d'ailleurs rencontré le Dr. Fournier en mars 2010, lors de la parution de son livre. Mes féliciations pourtant sincères se sont heurtées à un mur : "Ca ne servira à rien."
  ==> Lire cet article sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne.

A qui appartient le corps ? A Dieu ? A la société ? A la famille ?

“’Savez-vous si votre mari était opposé au don d’organes ?’ La question tombait mal, elle paraissait à Monique à la fois curieuse dans sa formulation et blessante dans le contexte. Elle avait bien sûr compris que cette interrogation étant liée à l’annonce de la mort prochaine de son mari était destinée à obtenir son consentement pour prélever ses organes. (…) Elle entendait les conversations par bribes, des mots techniques médicaux, et des phrases familières et anodines venaient se mélanger dans cet espace traversé de la vie du dehors et de la mort derrière le mur trop blanc. Une gravure destinée à égayer l’endroit représentait une plage lointaine bordée de cocotiers. Comme ce serait bien de se retrouver sur cette plage à courir et rire ou à ne rien dire le soir face à la mer. Elle entendait sa voix lorsqu’il était parti la veille faire son footing très tôt comme d’habitude et puis dans la matinée l’appel de l’hôpital, la terrible nouvelle, des mots incompréhensibles : ‘inondation ventriculaire’, ‘anévrysme rompu’, ‘hémorragie cérébrale’, ‘atteinte du tronc cérébral’.”

JLeonetti
Docteur Jean Leonetti, “Quand la science transformera l’humain. 20 scénarios pour demain”. Extrait du scénario intitulé “Consentement présumé”. Plon, Janvier 2010. Copyright Plon 2010.
Cardiologue et médecin des hôpitaux, le Docteur Leonetti a dirigé pendant 20 ans le service cardiologie du Centre Hospitalier d’Antibes Juan-les-Pins. A l'Assemblée nationale, Jean Leonetti est premier vice-président du groupe UMP, il est membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, rapporteur de la mission d'évaluation de la loi n°2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie.

Le rapport Bioéthique a été adopté le 19 janvier 2010 par la mission d'information sur la révision des lois Bioéthiques, Jean leonetti en était le rapporteur.


Pour certains, le corps presque mort appartient à Dieu, pour d’autres il appartient à la famille (aux proches). En fait, à l’insu de la population, il appartient à l’Etat. Pour prélever des organes vitaux en ‘post-mortem’, il faut un corps presque mort. Puisque le ‘consentement présumé’ est inscrit dans la loi, qui prévoit que nous sommes tous présumés consentir au ‘don’ de nos organes vitaux conservés en bon état à notre mort, le corps du ‘donneur’ presque mort appartient à l’Etat, et non plus à la famille, encore moins à Dieu.

Optimiser le don d'organes : enquête d'opinion chez les personnels de santé

Début septembre 2010, une enquête d'opinion a été mise en place afin d'étudier comment les personnels de santé souhaitent optimiser le don d'organes. Il s'agit donc de présenter un ensemble de stratégies possibles, tout en recherchant les points de consensus et ceux qui ne font l'objet que d'un consensus mou.
Afin de rappeler que 15.000 personnes attendent un organe vital en France, cette enquête a été baptisée OPTIDO (optimiser le don d'organes).
Usager de la santé ou personnel de santé, vous pouvez recevoir cette enquête sous forme de fichier PDF (15 pages ; 3,66 Mo). Il suffit de me faire parvenir un mail à cath.coste@laposte.net (objet : questionnaire OPTIDO).
  ==> Pour une analyse et une lecture orientée grand public de cette enquête, c'est ici.

Lettre ouverte aux médecins et chirurgiens de l’Académie Nationale de Médecine et à M. le Docteur Piernick CRESSARD, Président de la Section Ethique et Déontologie au Conseil National de l’Ordre des Médecins

Nous sommes tous des donneurs d'organes potentiels à l'insu de notre plein gré. En effet, depuis 2007, une situation d'arrêt cardiaque jugé "irréversible" (sur quels critères ??) peut faire de chacun de nous un donneur d'organes puisque le consentement présumé au don de ses organes à sa mort est inscrit dans la loi. Les citoyens ignorent tout de la législation sur les prélèvements de reins et de foie à partir de "donneurs" se trouvant dans un état d'"arrêt cardio-respiratoire persistant", ce que la loi appelle, afin de noyer le poisson ou afin de faire de chacun d'entre nous un donneur potentiel à l'insu de son plein gré, les prélèvements "à coeur arrêté". Vous en conviendrez aisément, prélèvements d'organes "à coeur arrêté" est infiniment plus rassurant, comme terminologie, que "prélèvements d'organes vitaux à partir d'un donneur en 'arrêt cardio-respiratoire persistant'". Pourtant, seule la seconde terminologie correspond à la réalité des faits. Comme il est hors de question d'employer ce terme peu rassurant dans le discours public sur le don d'organes, on y mentionne, au passage, que maintenant on peut aussi prélever des reins à partir de donneurs "décédés suite à arrêt cardiaque". Dans un contexte où les deux tiers des 15.000 patients en attente de greffe recherchent rein, désespérément, on se dit que l'idée est excellente. Forcément...
Or la réalité, c'est que pour 500 à 1.000 personnes par an faisant un arrêt cardiaque sur la voie publique ou à l'hôpital en France, le protocole de soins va changer. Pour une meilleure prise en charge de ces patients ? Non, pour une meilleure prise en charge de ces potentiels donneurs d'organes vitaux (reins, foie). Patient en insuffisance cardiaque, à l'insu de votre plein gré, vous êtes déjà un potentiel donneur d'organes. Encore patient, déjà donneur ? Attendez, il y a quelque chose qui ne va pas. Mais non, voyons, quelle idée ! Puisque vous n'en savez rien ! Pourtant, sans information au préalable, le consentement présumé au don de ses organes à sa mort, inscrit dans la loi, ne signifie pas grand-chose. Un consentement présumé suppose une information au préalable, afin de donner un consentement éclairé. J'ai bien parlé d'information ; non de promotion sur le Don

Sommes-nous tous des potentiels donneurs à l'insu de notre plein gré ? A l'heure de la révision des lois bioéthiques réglementant l'activité des transplantations d'organes, je pose la question à des médecins et à des institutionnels dans la lettre ouverte qui suit ...

Messieurs,
Usager de la santé et auteure d’une cinquantaine de chroniques bioéthiques sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne, je souhaiterais attirer votre attention sur un article que j’ai publié sur AgoraVox, le journal citoyen en ligne, le 21/10/2010, concernant cette patiente d’une clinique bordelaise déclarée prématurément en état de “mort encéphalique” :
http://www.leparisien.fr/bordeaux-33000/une-patiente-declaree-tres-certainement-cliniquement-morte-s-est-reveillee-20-10-2010-1116609.php
Parmi les commentaires reçus, certains en particulier ont attiré mon attention. Ils proviennent d’un certain “Halman”, dont on comprend qu’il a été (est ?) aide soignant, en contact de par son travail avec des coordinateurs des transplantations (ou exerçant lui-même cette fonction). On se rappelle l’Affaire d’Amiens, cas dit “particulier”, certes insupportable. Je la résumerai ici, en reprenant un message que m’avait envoyé M. Tesnière, père de Christophe, le 23/11/2007 :
"Je suis Alain Tesnière, le père de Christophe, dépecé à Amiens. Claire Boileau en parle dans son livre pp. 57-58*. J'ai écrit un livre** certes, mais il a fallu mener un combat de plus de dix ans à la suite de notre plainte. Un combat vain, mais j'ai accumulé beaucoup de documents, j'ai fait des recherches. Je continue à penser que le consentement présumé n'a aucun fondement éthique et qu'il faut le retirer de la loi. (…) Depuis 1991, pratiquement rien n'a changé dans la loi sur les prélèvements d'organes. Rien n'a changé dans le discours officiel qui n'est en fait que de la propagande. On entend toujours les mêmes mots 'pénurie de greffons' : c'est-à-dire pas assez de morts. Les bricolages juridiques des lois dites de bioéthique sont des contresens. Et j'en passe."
* Claire Boileau : "Dans le dédale du don d'organes. Le cheminement de l'ethnologue", Editions des archives contemporaines, 2002, pp.57-58 : "(...) 'l'affaire d'Amiens', révélée par le quotidien 'Le Monde', (...) éclate en 1992. Elle met précisément en exergue sinon la volonté du défunt, du moins l'information détenue par la famille en matière de prélèvements d'organes pratiqués sur un proche. En août 1991, les parents d'un jeune homme de 19 ans perdent leur fils à la suite d'un accident et consentent à certains prélèvements d'organes. En novembre, ils apprennent que des actes chirurgicaux autres que ceux auxquels ils avaient souscrit ont été effectués sur leur fils : le prélèvement de plusieurs artères ou veines et, surtout, le prélèvement des globes oculaires. Or si la loi Caillavet de 1976 autorisait bien les prélèvements d'organes à but thérapeutique, elle ne faisait toutefois pas obstacle à la loi Lafay de 1949 qui précisait que les prélèvements de cornées étaient soumis à un legs testamentaire. Or le jeune homme n'avait pas fait un tel legs. On leur fit savoir que le prélèvement de cornée pouvait être assimilé à un prélèvement de tissu dans la mesure où de nouvelles techniques évitaient l'extraction tout entière du globe oculaire. En ce cas, ils demandèrent pourquoi les globes oculaires de leur fils avaient été remplacés par des prothèses : 'Lorsque nous avons découvert que les médecins d'Amiens avaient trahi notre confiance en ne prélevant pas seulement les quatre organes que nous avions accepté de donner, mais aussi les veines, des artères et surtout les yeux de notre fils Christophe, remplacés par des globes oculaires artificiels, nous fûmes horrifiés. Les médecins n'avaient pas respecté leur engagement, avaient menti en cachant la réalité d'un prélèvement multi-organes, n'avaient pas respecté la loi Lafay qui exigeait un legs testamentaire pour le prélèvement des cornées. D'un point de vue éthique, nous découvrîmes que les médecins se mettaient au-dessus des lois et, encouragés par le législateur qui avait mis à leur disposition le consentement présumé, avaient une ignoble notion de la dignité et du respect de la personne humaine. La confiance a disparu, la transparence a été malmenée. Que reste-t-il ? Un profond sentiment d'horreur face aux prétendus progrès de la médecine. En effet, 'l'affaire d'Amiens' n'est pas un simple dérapage. Elle met en cause tout le système."
** Alain Tesnière est l'auteur du livre paru en 1993 aux Editions du Rocher : "Les Yeux de Christophe. L'affaire d'Amiens", et de l'article paru dans "Etudes", Paris, Novembre 1996 : "Où est l'éthique ?" [pp. 481-484]
Le 10 décembre 2007, M. Tesnière publiait un article sur AgoraVox, intitulé :
Information sur le don d’organes par la carte Vitale 2 : un affaiblissement du témoignage de la famille
Ce même “Halman” lui a écrit en réponse :
“Alain Tesnière.
Le ou les personnes qui doivent la vie à votre fils, je ne crois pas qu’ils emploieraient le terme de ‘dépecé’, mais de sauveur de vies.
Personne ne peut parler à la place d’un mort sur ce genre de sujet, et encore moins décider.
La carte de donneur est une excellente chose, tellement de proches du défunt refusent le don d’organes alors que l’accidenté avait sa carte. Je sais bien, l’émotion, tout ça, mais il faut passer par dessus de ses émotions quand il y a le feu.
Avec tous les drames épouvantables que j’ai du subir, j’en sais quelque chose.
Le début de votre article est excelent [sic], mais la fin ne fait pas du tout avancer le schmilblick, au contraire.
En réalité vous êtes encore torturé par l’émotion et trouvez moyen de couper les cheveux en quatre pour justifier votre émotion. Pour vous c’était en 1991, cela fait 16 ans. Pour moi c’était il y a 28, 26, 25, 5 et 2 ans. Et vraiment, la question du don d’organe, à chaque fois j’ai trouvé cela tellement naturel !
Le jour où j’ai eu mon infarctus, on m’a dit après que seulement 10 minutes plus tard et j’y passais, j’ai trouvé la force de dire aux pompiers et aux médecins des urgences que j’avais ma carte de donneur au cas où.
Je suis aide soignant et j’ai ma carte de donneur depuis toujours.
C’est pourquoi je trouve votre article épouvantable, même si dans la précipitation en lisant le début j’ai voté +1.
Vous vous imaginez sans doute que tous vos problèmes d’éthiques que vous soulevez on en parle pas tous les jours entre nous ? A chaque décès de patient c’est une des discussions sans fin.
Que si c’était si simple nous n’aurions pas résolu ces problèmes il y a longtemps ?
Personnellement c’est tellement évident que lors de ma mort si un ou plusieurs de mes organes peuvent sauver des vies, la question ne se pose même pas.
Et votre article risque de convaincre des gens de ne pas donner et de faire mourir des patients en attente.
‘Discours qui empêche toute réflexion. L’Agence de biomédecine relayée par d’autres associations ou fondations distille un discours qui infantilise et qui culpabilise le citoyen.’ Pour certaines personnes, il faut bien en arriver là.
‘Si vous êtes un généreux donateur, l’Agence vous recommande de prendre une carte. Propos équivoques puisqu’il y a consentement présumé. En plus, elle vous suggère de le faire lors d’événements dramatiques : la commémoration d’un deuil familial, la dégradation de la santé d’un proche, l’hospitalisation d’un ami, une actualité concernant l’insuffisance rénale ou toute autre maladie pouvant nécessiter une greffe. Prendre des décisions sous le coup d’émotions, est-ce bien raisonnable ?’ C’est faux. On sensibilise dans les écoles, les collèges, les lycées, les cours d’aides soignants et d’infirmières. Il se passe beaucoup de chose ailleurs que dans les médias.
Vous rendez-vous compte qu’en cas de décès les proches doivent faire un travail philosophique et psychologique important en quelques heures alors que tout un chacun aurait du faire soi même spontanément ce travail dès ses jeunes années ?
La réflexion sur la mort, sa prise de position, c’est un travail sur soi que l’on fait normalement vers l’âge de l’adolescence. Alors imaginez lorsqu’on se trouve face à des gens ‘adultes’ qui n’ont occulté le problème toute leur vie et qui doivent faire cette révolution psychologique qu’ils n’ont jamais faite en quelques heures seulement.
Imaginez le parent qui refuse, alors qu’à quelques kilomètres un patient va décéder dans quelques heures ou jours parce qu’il n’aura pas reçu le foie, le cœur, les poumons qui lui sont vitaux.
Face à cela, le coupage de cheveux en quatre d’un texte de loi pour se trouver des excuses est pour nous, soignant, insuportable [sic] et mal placé.
La douleur n’excuse pas de dire n’importe quoi 16 ans après. Sur le coup oui, on n’y fais pas attention, mais 16 ans après, non.
Pour nous c’est une véritable agression de notre volonté de sauver des vies.
Cette brochure nous l’avons tous lue plusieurs fois.
Et vraiment nous n’y voyons pas ce que vous y voyez, elle est claire et concise.”
Ces propos, maladroits pour ne rien en dire d’autre, m’avaient fait réagir :
"’Discours qui empêche toute réflexion. L’Agence de biomédecine relayée par d’autres associations ou fondations distille un discours qui infantilise et qui culpabilise le citoyen.’ Pour certaines personnes, il faut bien en arriver là." Autrement dit : vous êtes d’accord avec l’avis de M. Tesnière, mais pour vous, professionnel de la santé, il est NORMAL de manipuler les usagers de la santé. C’est précisément CELA qui a causé le préjudice subi par M.Tesnière. No comment.”
Je reviens à mon article publié le 21/10/2010 sur AgoraVox. Voici le commentaire posté par “Halman”, en ce qui concerne ce cas d’actualité (la patiente d’une clinique bordelaise) :
“Dans cette affaire c’est un sacré coup de bol surtout.
La famille était plus dans l’émotion que dans les données médicales.
Ils auraient tout aussi bien pu se tromper.
C’était du 50/50.
J’ai vécu ça deux fois avec des patientes âgées quand j’étais aide soignant en gériatrie. A l’époque le protocole était différent, il était basé sur l’arrêt cardiaque depuis un certain temps, vérifié par un autre médecin, alors qu’aujourd’hui c’est sur la mort cérébrale.
Deux fois des personnes âgées se sont retrouvées dans un coma tel que les médecins même en suivant strictement le protocole avaient déclaré l’avis de décès et prévenu la famille.
A l’époque les scanners étaient rares, et on n’aurait pas eu l’idée d’envoyer un décès de gériatrie en scanner.
Hors [sic] quand les familles sont arrivées, les patientes s’étaient relevées de leurs comas et parlaient tranquillement avec les voisines de chambres comme si de rien n’était.
Elles avaient eu juste l’impression d’avoir fait une longue sieste et ne comprenaient pas pourquoi elles passaient du petit déjeuner à l’heure du diner directement.
On savait tous qu’il devaient y avoir, c’est horrible, assez souvent des patients enterrés non décédés mais dans le coma qui peut-être s’étaient réveillées [sic] dans le cercueil.
Cette famille a eu plus de bol que de l’instinct. Refus du décès dans quand on leur apprend, ce sont des réactions fréquentes et normales.
C’est pourquoi le protocole de la mort cérébrale a été mis en place pour éviter ces choses là.”
“Refus du décès dans quand on leur apprend, ce sont des réactions fréquentes et normales. C’est pourquoi le protocole de la mort cérébrale a été mis en place pour éviter ces choses là.”
Voilà qui demanderait quelques explications. J’ai montré ce message à des proches confrontés à la question du don d’organes il y a quelques années. Curieusement, je note au passage que ces proches, dont je m’efforce de recueillir le témoignage depuis 2005, parlent bien plus de sacrifice que de don. “Pourquoi nous ? Pourquoi a-t-il fallu que ce soit précisément nous qui fassions ce sacrifice ?” est un propos récurrent. Mais il est vrai que ces proches, sans qui pourtant aucune greffe n’aurait été possible, sont le parent pauvre de la communication grand public, dont force est d’avouer qu’elle pencherait en faveur de ce qu’un sociologue auteur chez Gallimard, Philippe Steiner, a appelé “marketing social du Don”. Inutile de préciser que ces proches ont été indignés par le message dudit “Halman”, en même temps qu’ils ont développé une conscience aigue de ce discours public sur le Don. Leur réaction a été de me dire : “Ne vous en mêlez pas ! Vous allez vous faire broyer par cette machine très volontaire du Don. Ce sera pot de terre contre pot de fer.”
Il me semble que nous nous devons de leur prouver que leurs craintes sont infondées. Quoique …
En avril 2009, je m’entretenais avec un chirurgien cardiaque, membre de l’Académie Nationale de Médecine, lui demandant ce qu’il pensait du protocole des “prélèvements ‘à cœur arrêté’”. Permettez-moi au passage de signaler que je trouve choquant ce qu’il faut bien appeler l’absence d’information au grand public sur cette réalité : depuis 2007, un arrêt cardiaque peut faire de chacun d’entre nous un potentiel donneur de reins et de foie, ainsi que de tissus (tissus composites de la face ?) Le consentement présumé est inscrit dans la loi, il suppose un consentement éclairé, lequel suppose une information au préalable du consentement. Ledit chirurgien cardiaque me fait résumer les classes de Maastricht, afin de s’assurer de ma compréhension du sujet. Puis il me dit : “Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?” Il parlait bien du protocole de prélèvement “à cœur arrêté” tel qu’il a été mis en place en France. Bien entendu, je sollicite de la part de cet expert quelques explications. Je ne tarde alors pas à comprendre que les “stents”, ces petits ressorts mis en place dans les artères coronaires pour leur restituer leur calibre normal en cas de sténose, font parfois l’objet d’un usage abusif de la part de certains cardiologues, qui, afin de garder des patients qui leur rapportent “mieux qu’un livret A à la Caisse d’Epargne”, se gardent bien d’adresser (à temps) lesdits patients en insuffisance cardiaque sévère à un chirurgien cardiaque, préférant “jouer la montre” en prescrivant médicaments et “stents” là où il faudrait une opération. Cet usage abusif des “stents” m’a été confirmé en décembre 2009 par un cardiologue du 15e arrondissement de Paris, expert près les Cours d’Appel de la Région. Ces patients, sur lesquels on a posé parfois une dizaine de “stents”, vont pouvoir faire un arrêt cardiaque sur la voie publique et devenir donneurs d’organes (reins et foie) dans le protocole du prélèvement “à cœur arrêté” …
Je me borne à résumer des faits qui vous sont fort bien connus dans le seul but de me livrer à une petite explication de texte de la phrase citée plus haut : “Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?”
Il faudrait aussi mentionner l’assistance circulatoire mécanique comme réponse à l’insuffisance cardiaque sévère, développée très tardivement comme alternative à la greffe –en fait, cela commence tout juste, alors que le professeur Daniel Loisance, chirurgien et membre lui aussi de l’Académie de Médecine, proposait cette alternative à la greffe en 2004 déjà, appelant – en vain – à un changement de paradigme (lien vers l’article sur le blog). Si on lit entre les lignes, on comprend que dans le supermarché du Don, la greffe cardiaque est une tête de gondole. Le Don, une machine à broyer, très volontaire ? “Tout ce qui n’est pas donné est perdu”, “Le prélèvement constitue une glorification de la mort”. Ces propos, émanant d’un pionnier de la greffe cardiaque en Europe, pourtant reconnus comme abusifs par certains acteurs des transplantations, n’en continuent pas moins à être relayés par la presse, toujours prompte à nous donner une image des transplantations d’organes au travers des propos tenus par certains membres d’associations de collectes d’organes telles que France ADOT, où les greffés nous expliquent qu’il faut donner nos organes. Peut-on être juge et partie ? Dans son livre “La Chair à vif”, le sociologue David le Breton explique que certains usagers de la santé, en réaction aux propos de ces associations, jugés “trop racoleurs”, ont pris position “contre le don d’organes”. Un discours “pour le don” contre-productif ?
Messieurs les Membres de l’Académie Nationale de Médecine, Monsieur le Président de la Section Ethique et Déontologie, certains d’entre vous m’ont écrit que la plupart des gens avaient une réflexion profonde au sujet du don d’organes. Après cinq années de médiation éthique entre les usagers de la santé (confrontés ou non à la question du “don” des organes et tissus d’un proche), les personnels de santé et les politiques, sur le thème de l’éthique et des transplantations d’organes, permettez-moi de vous répondre : je ne suis pas d’accord. L’image des transplantations dans le discours public est biaisée à un point dont nous n’avez sans doute pas conscience. Combien savent que le “don” d’organes n’est pas réservé aux jeunes qui meurent en pleine santé lors d’un stupide accident de la route ? Sans pousser le souci du détail jusqu’à parler du programme “old for old” dans la transplantation rénale ou encore de “greffons dérogatoires”
Je ne vous cache pas ma déception. Je pensais que le don d’organes, c’était plus … humain. Que là où l’on pouvait mettre en place une micro-turbine pour assister un ventricule défaillant, on ne cherchait pas à recourir à la greffe comme un réflexe de la forme, comme si le sacrifice – je dis bien : le sacrifice, sans lequel aucun “greffon” n’est obtenu – était purement anecdotique et qu’il était vain de rechercher des alternatives à la greffe avec plus de … comment dirais-je … détermination ? … Je n’aborderai même pas ici le sujet de la greffe de sang de cordon en alternative à la greffe de moelle osseuse, pourtant, il me semble, en tant que femme et usager de la santé, que c’est un point d’importance. Là encore, une certaine machine à broyer aurait-elle fait prendre du retard au développement des thérapies par le sang de cordon ? Les associations de promotion du Don ne parlent, aujourd’hui comme hier, que de Don de Moelle Osseuse … Don du cœur, don de moelle osseuse. Les têtes de gondole des associations de promotion du Don – sur lequel vous m’affirmez que le grand public a pourtant une réflexion profonde. Je vous inviterais volontiers à sonder la profondeur des commentaires de la part des usagers de la santé sur des sites comme Doctissimo (articles concernant les greffes et transplantations), ou à prendre connaissance des 360 commentaires reçus en réponse à mes 50 chroniques bioéthiques sur AgoraVox, mais je suis bien consciente de votre manque de temps à consacrer à de telles tâches ingrates : prendre la peine d’expliquer des faits au public. Aussi m’y suis-je, comme qui dirait, collée :
Il me semble que le discours public gagnerait à plus de transparence, à moins d’“étrange omerta”, et à intégrer des nuances qui n’y ont pas leur place aujourd’hui. Il me semble, mais ce sera là un coup d’épée dans l’eau, même si les lois bioéthiques sont en cours de révision, que le consentement présumé inscrit dans la loi est une fiction juridique. Avons-nous tiré les leçons de l’Affaire d’Amiens ?
Avec mes salutations cordiales.
C. Coste
--
Catherine Coste
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Catherine22102010
Catherine Coste

Auteure du blog “éthique et transplantation d’organes”


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